‹ Å’uvres illustréesChapitre 700 sur 1154 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

GERTRUDE, POTTINBERG.

gertrudre, à Pottinberg, qui veut les suivre. Un instant; monsieur Pottinberg... ne peut-on savoir pourquoi monseigneur vous a donné tout à l’heure rendez-vous au château que la comtesse, sa mère, vient de faire bâtir?

pottinberg. Monseigneur aime à s’instruire... et moi, maître d’école, qui suis au fait de tout ce qui se passe dans les familles... il m’avait chargé de le tenir au courant à propos d’Albert et de sa femme.

Gertrude. J’y suis ! c’est vous qui êtes cause de leur mauvais ménage... c’est indigne!

pottinberg, riant. Elle devine tout!., eh bien! oui... c’est l’intention qui fait mon excuse. Vous ne le croirez pas, madame Gertrude, je vous aime !..

Gertrude. Vous!.. Pottinberg!

pottinberg. A en perdre la tête !.. Il y en a qui disent : Cette petite veuve, elle est mauvaise langue, elle est pie-grièche, elle est bigote... je réponds : G’esCvrai! gertrude, avec colère. Par exemple '..

pottinberg. Voilà où est l’amour! Je vous aime tant que j’aime vos défauts; ils font une partie de vous-même, la meilleure partie... et j’y liens !

gertrude. Comme aux quatre cents écus de rente que je possède...

pottinberg. Eux aussi!., tout ça est à vous! et si vous vouliez de moi pour mari...

LA NUIT DE NOËL

gertrude. 11 y a deux ans, je ne dis pas... vous aviez un patrimoine honnête... une fortune présentable.

pottinberg. Je crois bien!., j’étais le plus riche du village.

Gertrude. Mais quand on est dissipateur... pottinberg. Au contraire... je serais volontiers économe!.. et même quelque chose de plus, mais voici l’affaire... je ne la confie qu’à vous. Il y a deux ans, à pareil jour, la veille de Noël, en sortant de souper chez mon compère Barnek, j’avais tellement fait honneur à son vin, que j’y voyais trouble, et comme je traversais le cimetière pour rentrer chez moi, voilà que tout à coup j’aperçois dans le bas... à droite... mon ombre... à moi!

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