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SCENE IX

GERTRUDE, ALBERT et HENRIETTE, sortant de la porte à gauche.

Albert. Tu n’iras pas!

Henriette. J’irai!..

Albert. C’est ce que nous verrons!

Henriette. Ah! tu le verras!

gertrude, passant entre eux deux. Eh bien! eh bien! qu’est-ce donc, mes amis? qu’y a-t-il?

Henriette. 11 y a... qu’il veut m’empêcher d’aller ce soir au bal que donne monseigneur.

Albert. Oui ; la coquette n’y va que pour danser avec-

M. le baron, pour se laisser faire la cour aussi elle n’ira pas, je le défends.

Henriette. Défense absurde à laquelle je ne suis pas obligée d’obéir...

gertrude, entre eux deux. Allons, allons, mes amis! il est vraiment heureux pour vous que je sois là...

ALBERT. C’est qu’il n’y a pas moyen de vivre ainsi. Henriette. C’est insupportable!..

Albert, montrant Gertrude. Je m’en rapporte à elle. Henriette. Moi de même.

Albert. Lequel de nous deux a tort?

Henriette. Qu’elle réponde!

Albert. Qu’elle prononce!

Henriette. J’y consens.

Albert. C’est tout ce que je demande.

tous deux ensemble, à Gertrude. Voyons! parle... parle donc?

gertrude, à part. Quel embarras... (Haut.) A quoi bon m’interroger : vous savez bien, l’un et l’autre, ce que je pense de vos débats.

Henriette. C’est pour cela...

Albert. Parlez tout haut!

Henriette. Franchement!

Albert. Il faut que cela finisse!

gertrude. Eh bien! c’est justement là mon idée : quand on ne peut pas vivre ensemble, quand la vie est intolérable, il faut se séparer.

tous deux, à part, avec émotion. Comment!.. gertrude. Sur-le -champ.

Albert, avec dépit. A coup sûr, je ne demanderais pas mieux.

Henriette, de même. Et moi, oe serait mon plus grand désir.

albert. Mais, par malheur, il n’y a pas moyen. Henriette, anec un soupir. Hélas! oui... c’est impossible!

gertrude. Mais du tout. . . mariée, l’année dernière, sans le consentement de vos parents, le mariage est nul. HENRIETTE ET ALBERT. En vérité!..

gertrude. Et vous pourrez, quand vous voudrez, le rompre à l’amiable, et comme les meilleurs amis du monde.

albert. Quant à moi, je ne demande pas mieux que de lui donner cette preuve d’amitié.

Henriette. Et moi je ne vous contrarierai pas! albert. Ce sera donc la première fois.

HENRIETTE. Je serai donc enfin heureuse ! albert. Je serai donc enfin libre ! . . gertrude. Vous voyez donc bien que, grâce à moi, vous voilà enfin d’accord... et non sans peine...

Henriette et albert. Cette bonne cousine! gertrude, à part. Enfin je l’emporte !

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