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LE ROI ET NOTTINGHAM

Trahison! trahison!

Pareille défiance

Est pour nous une offense

Indigne de pardon.

Non, non, point de pardon !

NOTTINGHAM

Nous cacher son amour!

LE ROI

Plus encor!., sa maitres.se!

NOTTINGHAM

Lorsque, d’après nos lois, et d’après nos statuts,

Tous les secrets d’amuur doivent être connus!

LE ROI

Moi, qui lui disais tout, ou fillette ou princesse!

NOTTINGHAM

C’est manquera son prince, ainsi qu’à l’amitié.

fulby, timidement.

Mais, Messieurs, cependant...

NOTTINGHAM

Une action si noire

De nous ne doit attendre excuse ni pitié !

LE ROI

Et lui ravir sa belle est œuvre méritoire.

NOTTINGHAM

Le roi l’a dit !

LE ROI

Je l’ai dit.

(En ce moment les favoris du roi rentrent en scène, revêtus de costumes diaboliques. Nottingham, à voix basse, les a mis au fait de ce qui sc passe )

CHOEUR

Trahison!

Courons à la vengeance !

Pour une telle offense.

Ni grâce, ni pardon.

Non, non, point de pardon!

(Fulby, sur un geste d’autorité du roi, lui a remis la clef de la chambre où est enfermée Géraldine. Le roi passe cette clef à Nottingham, puis il sort par le fond pour aller revêtir un costume. Nottingham, qui a jeté à la hâte sur ses épaules une espèce de dalmatique infernale, se précipite, suivi des seigneurs, dans la deuxième chambre à gauche , d'où ils ressortent aussitôt, en entraînant Géraldine, qui, saisie d’effroi, se cache la tête dans ses mains.)

Les memes, GÉRALDINE, FULBY, sur le devant du théâtre, à droite.

Géraldine, au comble de la frayeur.

Ali! messieurs les démons, prenez pitié de moi!

(Elle aperçoit Fulby, pousse un cri, et court se réfugier près de lui.)

Fulby !

(Lui montrant les seigneurs déguisés.)

Rien qu’en voyant ces vilaines figures... fulby, aux seigneurs.

C’est aimable pour vous!

GÉRALDINE

Je tressaille d’effroi;

Et de l’enfer, déjà, je prévois les tortures!

FULBY.

Ne craignez rien ..

Géraldine, se cachant les yeux avec la main.

Je n’ose ouvrir les yeux!

C’est l’enfer, n’est-ce pas?

(Dans ce moment on apporte de grands bols de punch enflammés, et Géraldine, entr’ouvant les yeux et regardant entre ses doigts, s’écrie :)

J’en vois aussi les feux ! ! !

CHŒUR, vif et bruyant.

De ce punch qui fume,

La rougeâtre écume,

. En mes sens allume Le feu du désir!

Sa lave brûlante M’enivre et m’enchante.

Je ris et je chante...

Délire et plaisir!

(Les uns se versent des verres de punch, ou avec des cuillers agitent la flamme des bols, tandis que les autres entourent Géraldine qui fuit épouvantée.)

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