‹ Å’uvres illustréesChapitre 756 sur 1154 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

GÉRALDINE, assise à droite et sommeillant ; NOT- TINGHAM, près d'elle ; LE ROI, LE COMTE DS SALIS- BURY, descendant de l'escalicr à droite.

le roi, allant vers la porte secrète qui s'est ouverte. Salisbury, est-ce vous?..

lecomte, entrant. Oui, Sire; mais comment se fait-il ?.. Quelle obscurité?..

le roi. Nous sortons de table, et nos convives sont dans les salons voisins à boire les vins d’Espagne...

le comte. Les envoyés du Hainaut sont partis, la princesse est rentrée dans ses appartements, et je viens re-

LE PUITS D’AMOUR

joindre Votre Majesté, que je ne veux pas plus abandon- ' lier dans sus plaisirs que dans scs dangers...

le roi. Ah ! quoique absent, tu étais ici... par la pensée..

Je ne t’attendais pas, et cependant je m’occupais de toi. le comte. En vérité!

le roi. Oui ; remonte dans mon cabinet où j’ai à te parler... un conseil à te demander...

le comte. Et pourquoi pas ici?

le roi, à voix basse. Parce qu’il s’agit de Noltingham, qui ne t’aime guère... ( Noltingham s’approche dans l'obscurité.)

le comte. J’en conviens.

le roi, de même. Et qui n’a jamais manqué de te desservir. . (En riant.) Nous tramons, dans ce moment, contre lui un complot délicieux.

le comte. Je me récuse!

le roi. Aussi, je ne le demande que ton avis... Une maltresse charmante... une grande dame... passion mystérieuse qu’il a voulu nous cacher...

le comte, riant. Est-il possible?

le roi. Et comme, d’après nos règlements, art. 1er, en fait de bonnes fortunes on doit tout se dire... le comte, de même. Plus que moins!

i.e roi. J’ai, dans ce moment, le moyen le plus piquant de le punir et de nous venger, en lui enlevant sa maîtresse... Ce moyen, faut-il eu profiter?.. le comte. Certainement, c’est de bonne guerre! fulby, à part. Le malheureux!] le roi. Ainsi donc, ton avis?..

le comte. Est celui de Votre Majesté.,. fulby, à part , avec douleur. Ce que c’estque d’être courtisan !

le roi. Alors, pour bien combiner nos mesures, et surtout pour que rien ne nous dérange, va-t’en!.. Va m’attendre dans mon cabinet où je ne tarderai point à te rejoindre, car j’entends que tu sois du complot. le comte. Mais, Sire...

le roi. Oh! que tu le veuilles, ou non, tu en seras. le comte, s'inclintmt. C’est trop de bontés... fulby, à part. C’est trop de perfidie!.. Et quoiqu’il doive m’en coûter... (fi se glisse sur l’escalier.)

le roi, serrant la main du comte. Au revoir, comte, àbientot!.. (Le roi se retourne vers Noltingham; pendant ce temps, le comte fait quelques pas sur l’escalier et y trouve Fulby qui l’attend.)

fulby, à voix basse. Un grand danger vous menace... Venez!., hâtez-vous de le prévenir. ( L'escalier se referme.)

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