DUETTO
le roi, tirant de sa poche un billet.
N’est-ce pas là votre écriture?..
N’est-ce pas votre nom chéri,
Miss Oventry?
Géraldine, à part.
Grand Dieu!
LE ROI
Miss Oventry...
Géraldine, troublée.
C’est bien possible... Mais... j’ignore, je vous jure...
LE ROI
Les mots tracés par vous, et dont je vous parlais?
GERALDINE
Je ne m’en souviens plus!
LE ROI
Déjà?..
(Lui présentant la lettre.) Relisez-les.
Oui, Milady, relisez-les!
Géraldine, lisant en tremblant.
« Sujette fidèle...
« Je jure à mon roi...
« Constance éternelle...
« Eternelle foi!..
« Dévoùment suprême,
« Heureux souvenir...
LE PUITS D’AMOUR
« Que l'hymen lui-même « Ne peut lui ravir... »
le koi, reprenant la lettre.
« Que l’hymeo lui-même « Ne peut lui ravir... »
Ainsi, vous le voyez, ce cœur nous est donné.
Géraldine, vivement.
Jamais... jamais!..
le roi, souriant.
C’est écrit. . c’est signé!
le roi, à part.
Ah! perfide, ah! traître!
Toi, qui de ton maître Osas méconnaître Le sceptre et les droits!
Bonheur sans mélange.
Par un doux échange,
Sur elle je venge La cause des rois!
GERALDINE, à part.
Coupable peut-être.
Comment méconnaître D’un terrible maître Le sceptre et les droits?
Quel destin étrange Sous sa loi me range?
O toi, mon bon ange,
Viens, entends ma voix!
Géraldine, montrant la lettre.
Non, non, ceci n’est pas de moi.
le roi.
Prenez bien garde.
S’il en est ainsi...
Vous ne seriez donc pas miss Oventry?
L’on m’aurait abusé...
Grand Dieu...
le roi.
Qui s’y hasarde
Et qui trompe son roi, mérite le trépas,
Salisbury... d’abord!..
Géraldine, vivement.
Non pas ! non pas !
le roi, tendrement.
Vous êtes donc miss Oventry?
Géraldine, troublée et baissant les yeux.
Mais, Sire...
LE ROI
C’est donc vrai?..
Géraldine, vivement.
(Se reprenant .)
Non !.. si... je crois que oui.
ENSEMBLE
LE roi, à part.
Ah! perfide, ah! traître!
Toi qui de ton maître Oses méconnaître Le sceptre et les droits!
Reçois mes louanges!
O bonheur des anges.
Amour, toi qui venges La cause des rois 1
I ( S’approchant de Géraldine qu’il presse dans ses bras.}
1 L’amour te range sous ma loi.
Viens ! obéis ! cède à ton roi.
Géraldine, tremblante, à part.
Coupable peut-être,
Comment méconnaître D'un terrible maître Le sceptre et les droits Quel destin étrange Sous sa loi me range?
Viens, ô mon bon ange!
Viens, entends ma voix!
(Se débattant et cherchant à s’arracher des bras du roi.)
Mon Dieu! prenez pitié de moi,
Défendez-moi contre mon roi !
(Au moment où le roi presse Géraldine dans ses bras
et va pour l’embrasser, paraît Bolbury, suivi de plusieurs de scs constables .)