‹ Å’uvres illustréesChapitre 816 sur 1154 · MONTMORIN, DIDIER · texte numérisé non relu

MONTMORIN, DIDIER

montmorin, regardant sortir Canigou. Qu’est-ce qu’il dit?., qu’est-ce qu’il dit... lui compris dans le testament... Mais ce testament que voici... que je vous apporte, je l’ai assez étudié, Dieu merci!., c’est moi qui l’ai fait... qui l’ai écrit sous la dictée de Raymond, et vous verrez qu’il n’y est pas même question de M. Canigou ni de sa famille.

didier. En vérité?

montmorin. Ce qui était juste !.. Des ingrats!., des fainéants qui ont tous mal tourné, à commencer par celui-ci qui ferait le plus mauvais usage de sa fortune. didier. Vous croyez?

montmorin. Et Raymond, qui le connaissait, était bien décidé à ne lui rien laisser... c’était son intention didier, vivement. Il vous l’a dit?

montmorin. Je vous le jure !

didier, avec un mouvement de joie. Ah!.. (Se reprenant.) Il me semble cependant... qu’il ne pouvait pas... que l’on ne peut pas se dispenser de faire quelque chose pour lui... ne fùt-ce qu’à cause...

montmorin. De quoi ?

didier. De son titre!.. 11 parait qu’il est filleul de Raymond.

momtmorin. Belle raison !.. il n’est pas le seul!..

didier, vivement. Vous en connaissez d’autres?

montmorin. Certainement!..

didier. Et lesquels?

montmorin. Mon fils d’abord!..

didier. Votre fils?., à vous?

montmorin. Mais oui... à moi!., puisque je vous dis mon fils.

didier. J’ai cru qu’il se nommait Étienne, comme vous? montmorin. Charles-Étienne, s’il vous plaît? didier. Charles!..

montmorin. Comme son parrain, dont j’étais, vous le savez, le compatriote et l’ami... Raymond avait été le témoin de notre mariage, et ma femme, madame de Montmorin, voulut absolument qu’il lût le parrain de notre premier... ce à quoi il se prêta de fort bonne grâce!.. Tant que nous demeurâmes à Marseille... il fut constamment l’intime de la maison... nous ne nous quittions pas... C’est lui qui m’a prêté les fonds nécessaires pour acheter une charge superbe, ici... à Cherbourg... sans cela, nous ne nous serions jamais séparés !

didier, troublé et regardant Montmorin. Comment ! ce serait?..

montmorin. L’exacte vérité.... et ce qui nous a même étonnés... madame de Montmorin et moi... c’est qu’il n’ait rien laissé à Charles, notre fils, qu’il aimait beaucoup... mais beaucoup... car j’ai une vingtaine de lettres... où il ne l’appelle... que son bien-aimé filleul... son cher enfant!..

didier, dont l’émotion va toujours en augmentant , s'écrie tout à coup. Eh bien!., donc, s’il faut vous l’avouer...

montmorin. Quoi? qu’avez-vous?

didier, s’arrêtant. Rien!

montmorin. Que vouliez-vous m’avouer?

didier, cherchant à déguiser son trouble. Que j’aurais grand désir de voir ces lettres, si bonnes et si affectueuses... de mon ami Raymond... et dès que vous pourrez me les remettre... me les confier...

montmorin. Parbleu! dès aujourd’hui! J’étais venu vous communiquer ce testament en allant à la chambre des notaires... où nous avons aujourd’hui des élections... ça ne sera pas long... j’aurai encore le temps de passer chez moi et de vous apporter, en venant dîner, ces lettres intimes.

didier, lui serrant la main. C’est bien! c’est bien! adieu !

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