‹ Å’uvres illustréesChapitre 822 sur 1154 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

Les mêmes, MONTMOfilN, qui est entré pendant les dernières paroles de Canigou.

montmorin, riant. Il y tient donc toujours?

(Tanigou, avec insistance. Si j’y tiens!., ça n’est pas déjà trop de cent mille francs pour un homme seul... c’est le strict nécessaire !.. à plus forte raison pour deux ! didier, se retournant. En vérité!

canigou. Je ne peux donc épouser qu’une personne qui eu aurait autant... pour le moins!

didier, avec force. C’est donc deux cent mille francs qu’il te faut maintenant’ canigou. Oui, sans doute!

didier. Tu t’abuses... ce ne serait bientôt pas assez! canigou. C’est possible! et si vous avez mieux... didier, lui montrant sur la table le testament. Tiens ! voilà deux millions !

tous: Deux millions!..

MONTMORIN. A lui?

didieb. Oui, à lui! ou à vous!

montmorin, stupéfait. Plaît-il?

didier. Mon ami Raymond m’avait nommé son légataire universel, vous le saviez tous... (Tirant une lettre de sa poche.) Mais par une lettre... celle-ci, qui n’était adressée qu’à moi, qui n’est connue que de moi... il me prie de chercher... de découvrir quelqu’un qui le touche de trèsprès... et de remettre ses biens à cette personne, qui est à la fois son filleul...

montmorin et canigou, s’avançant en même temps. Son filleul !

didier. Et son fils?

montmorin et canigou, reculant. Son fils? didier, avec chaleur. Prenez, arrangez-vous!., de plus, cent mille écus que je vous dois. . Je travaillerai ! je m’acquitterai!.. Mais, en attendant, gardez cet héritage qui ne m’appartient pas... je le livre en vos mains. A présent les miennes sont pures!..

blanche. Ah! c’est beau!., c’est digne de vous, mon père!., vous êtes bien Didier l'honnête hàmmet didier, à part, avec satisfaction. Oui, oui... maintenant!.. (Il remonte vers le fond avec Blanche, Canigou et Montmorin sont restés tous les deux immobiles et muets de surprise.)

canigou, à part, après un instant de silence. Comment!.. il serait possible!..

montmorin, à part. Quoi... serait-ce vrai !. . canigou, à part. Et ça ne m’était pas venu à l’idée! montmorin, à part. Et je ne m’en étais jamais douté! canigou, à part. Mais c’est évident!..

montmorin. Mais j’y vois clair maintenant! canigou. C’est sûr! c’est bien moi!

montmorin, vivement. Qu’en savez -vous, Monsieur?

ENSEMBLE

Air : Cœur infidèle, cœur volage. (Biaise et Babet.)

CANIGOU

C’est indigne!..

montmorin.

C’est infâme!..

Pour sa mère!..

CANIGOU

Pour sa femme!

TOUS deux.

Il réclame!., (bis.)

(Le morceau s’interrompt.)

didier, qui pendant l’ensemble s’est mis à relire la lettre de Raymond qu’il tenait toujours à la main. Arrêtez, Messieurs!., et calmez-vous!.. ( S'avançant .) Plus je relis cette lettre... et plus il me semble que le malheur que vous ambitionnez si ardemment n’appartient ni à l’un ni à l’autre !

montmorin, vivement. Qu’osez-vous dire?

canigou, d’un air fâché. Par exemple, je voudrais bien voir...

didier. « Si je reviens à la santé, » m’écrit Raymond, « et si je retrouve la mère de mon fils... je l’épouserai... » canigou et montmorin. Est-il possible?..

didier , frappant sur la lettre. C’est écrit... (S’adressant à Canigou.) Or, il ne pouvait avoir l’idée d’épouser ta mère, qui est mariée!.. (A Montmorin.) ni votre femme qui l’est aussi!..

montmorin, à demi-voix et d’un air de regret. C’est vrai!..

didier. Il faut donc qu’il y en ait quelqu’autre ?.. canigou. Qu’un seul ! qui a été tué à la guerre, même qu’il en est mort!., le fils de cette Maria.

montmorin. Sa dernière maîtresse? Maria la Génoise!., une intrigante!..

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