SCENE III
Les mêmes, DOM SÉBASTIEN, descendant les marches du palais.
SÉBASTIEN
Eh! pourquoi
Empêcher mes soldats d’arriver jusqu’à moi?
DOM SÉBASTIEE.
(Au soldat , et lui faisant signe d’avancer.)
Qui donc es-lu ?
LE SOLDAT
AIR
Soldat, j’ai cherché la victoire,
El matelot, des bords lointains;
Poète, j’ai rêvé la gloire...
Et n’ai trouvé que des dédains!
Au loin, ur des mers inconnues,
J'M suivi Vasco de Gama!
Et des merveilles que j’ai vues Ma- verve ardente s’enflamma!
O Lusiadc!.. enfant de ma lyre chérie!
Toi qui dois illustrer mon ingrate patrie,
Pour toi j’ai combattu l’Océan courroucé!
Oui, nageant d’une main, je criais aux orages : Perdez-moi!.. mais portez mes vers jusqu’aux rivages... Pour la première fois, les dieux m'ont exaucé !
Poète, j’ai rêvé la gloire.
Et n’ai trouvé que le malheur !
Qu’auprès du ûls de la victoire.
Aujourd’hui, je trouve l'honneur!
Sebastien, au soldat.
Ton nom?
LE SOLDAT
Le Camoens!
Sébastien, se découvrant avec respect.
Poète,
Je te salue !
[A doux Antonio et à Juam qui haussent les épaules avec mépris.)
Oui, dans ses yeux
Du génie incompris j’ai vu briller les feux !
Du pays dédaigneux, dont l’oubli le rejette,
( Tendant la main au Camoens.)
Son nom sera l’orgueil! Je suis ton protecteur; Réponds-moi? Que veux-tu?
CAMOENS
L’honneur
De te suivre, ô mon roi, sur la rive du Maure Pour partager et chanter tes exploits.
SÉBASTIEN
Sois donc prêt à partir!
CAMOENS
Une faveur encore!
le roi .
Et laquelle?
camoens, lui montrant le fond du théâtre. Regarde !
LE ROI
Ah! qu’est-ce que je vois?
(On aperçoit un noir cortège qui traverse le théâtre avec une bannière : c’est celle de V Inquisition. — Des familiers du Saint- Office conduisent une jeune fille, couverte du san-benito, vêtement des condamnés.)