SCENE IV
Les mwies, ZAYDA et les Familuers de l’Inquisition. CHŒUR et MARCHE.
Céleste justice.
Tu veux son supplice.
Et le Saint-Office Punit les pervers.
Sauvons ces infâmes!
Qu’ici-bas les flammes Préservent leurs âmes Du feu des enfers.
LE ROI
Où la conduisez-vous?
JUAM DE SYLVA.
Au bûcher!
LE ROI
Quelle est-elle?
JUAM DE SYLVA.
Zayda l’Africaine, hérétique, infidèle!
Aux rives de Tunis prise par nos vaisseaux,
Elle avait, abjurant des dieux trompeurs et faux,
Reçu l’eau du baptême...
ZAYDA.
Oui, tremblante de crainte, J’avais de Mahomet renié la foi sainte!
JUAM DE SYLVA, OU roi.
Vous l’entendez!
ZAYDA.
Et dans mon repeutir,
D’un odieux couvent, hier, je voulais fuir...
LE ROI
Et pourquoi?
ZAYDA.
Pour revoir l’Afrique, ma patrie.
Et mon vieux père, hélas! qui me pleure et m’attend!
le roi, vivement.
Ah! lu ne mourras pas!
JUAM DE SYLVA, s’avançant.
Notre roi tout puissant Ne saurait au bûcher arracher cette impie.
Ni du saint tribunal annuler les arrêts!
LE ROI
Mais je puis commuer sa peine!., et pour jamais,
Et sous peine de mort, j’exile l’étrangère.
JUAM DE SYLVA.
En quels lieux?
LE ROI
En Afrique, et près de son vieux père! (Zayda pousse un cri et tombe aux genoux de dom Sébastien.)
CAMOENS
Vive le roi!