SCENE III
Les mêmes, ZAYDA, à qui Dom Juam fait signe de lever son voile.
DOM SÉBASTIEN
Zayda!.. Grands dieux!
TOUS
Une femme !..
dom juam, la regardant.
Oui, ces traits ont déjà, je crois, frappé mes yeux!
Une femme en ces lieux !
ZAYDA.
Qu’importe! si, par cette femme,
La sainte vérité pénètre dans votre âme ?
Vous fûtes abusés!.. Celui qu’Abayaldos A vu tomber sur le sable d’Afrique Était le noble Dom Henrique',
Pour son maître mort en héros !
l’inconnu, à droite et d’une voix sourde. C’est une imposture!
zayda, se retournant.
Quelle voix retentit sous cette voûte obscure?
dom juam, à Zayda.
Si tu dis vrai, d’où vient cette terreur? zayda, se retournant vers le tribunal.
Votre roi fut sauvé!., sauvé par une femme Qui l’aimait!..
dom Sébastien, avec émotion.
Noble cœur !
(Voulant l’interrompre.)
Zayda!..
DOM JUAM.
Contre nous c’est une indigne trame.
l’inconnu.
C’est un mensonge !
zayda, avec chaleur.
Eh bien ! j’en jure par mon âme !
Cette étrangère, cette femme ,
Qui du trépas a sauvé votre roi.
C’est moi!., je l’atteste! c’est moi.
ENSEMBLE
tous, se levant.
O ciel!
l’inconnu.
O fureur!
DOM JUAM.
O blasphème !
(Se levant et descendant vers les autres inquisiteurs qui semblent ébranlés.)
Arrêtez?.. Des serments que le ciel a maudits Par les fils du vrai Dieu ne sauraient être admis!
Oui, reconnaissez-la, seigneurs, c’est elle-même Qui reçut dans ces lieux l’eau sainte du baptême!
Oui, ce cœur apostat, qui renia son Dieu,
A renié le nôtre, et condamnée au feu...
ZAYDA.
Le roi me pardonna !
DOM JUAM.
Notre ancien roi, par grâce, L’exila de nos murs, sous la peine de mort...
Elle y rentre aujourd’hui; décidez de son sort; Jugez quel châtiment mérite son audace !..
CHŒUR D’INQUISITEURS, au fond du théâtre.
Je la condamne au feu
Comme maudite au ciel et maudite sur terre.
Comme impie et relapse !
l’inconnu, sur le devant du théâtre, se démasquant.
Et moi, comme adultère !