ZAYDA ET LE CHOEUR
Grand Dieu !
ABAYALDOS.
Par ton esclave instruit de tes projets,
J’ai voulu de ta bouche entendre tes forfaits.
(Il veut la frapper de son poignard, les familiers du Saint-Office le lui arrachent et l’entourent.)
DOM SÉBASTIEN
QUATUOR
ABAYALDOS.
Va, parjure ! épouse impie.
Toi, l’opprobre de ma vie,
Au supplice, à l’infamie Je te livre sans regrets!
Qu’ils prononcent ta sentence.
Qu’ils punissent mon offense!
Le mépris est ma veugence;
Sois maudite pour jamais!
Sous le fer musulman, indigne de périr,
Je laisse à ces chrétiens le soin de te punir!
DOM JUAM.
Adultère et sacrilège, •
Pour frapper qu’attendez-vous?
Nul ici la protège,
Ni son Dieu, ni son époux!
DOM SEBASTIEN
Ah! n’immolez que moi! Pitié! pitié pour elle!
ZAYDA.
A Dieu seul j’en appelle,
Que Dieu juge entre' nous.
ENSEMBLE
Va, parjure!., épouse impie! etc.
zayda, s’élançant au milieu d'eux.
Eh bien! et devant vous puisqu’un époux lui-mème M’abandonne à la mort et dégage ma foi,
(. Montrant le rot’.)
Eh bien! oui, je l’aime, je l’aime,
Lui! le roi Sébastien!.,
(Aux inquisiteurs.)
Car c’est bien votre roi !
Et lorsqu’en face de Dieu même Je brave ici pour lui la mort et l’anathème,
Parlez .. de mensonge et d’erreur Qui pourrait accuser mon cœur?
ABAYALDOS.
Imposture!.. Elle veut donner un diadème Non pas à Sébastien, mais à cului qu’elle aime!
ENSEMBLE
CHŒUR
Que le bûcher s’élève.
Que leur destin s’achève,
Par la flamme et le glaive Punissons-les tous deux !
Que Dieu dans sa colère Les réduise en poussière !
Qu’ils soient maudits sur terre Et maudits dans les cieux !