‹ Å’uvres illustréesChapitre 928 sur 1154 · ENSEMBLE DOM SÉBASTIEN · texte numérisé non relu

ENSEMBLE DOM SÉBASTIEN

Son âme noble et Hère A compris ma fureur.

Vainement on espère Insulter mon malheur!

On pourra par le crime Me ravir mes sujets, Écraser la victime,

Mais l’avilir... jamais!

Son âme noble et fière Sait comprendre mon cœur.

Vainement on espère Insulter au malheur!

On pourra par le crime Lui ravir ses sujets,

Écraser la victime,

Mais l’avilir... jamais!

(Dix heures sonnent. — On entend à la porte du fond des voix en dehors.)

Zayda! Zayda! voici la dixième heure!

zayda, poussant un cri.

(Au roi.)

Déjà! Partons... Adieu!

dom Sébastien, voulant la suivre.

Ciel !.. où vas-tu?

zayda, le repoussant.

Demeure !

DOM SÉBASTIEN

Où vas-tu? quel bruit sous mes pas !

(Regardant par la porte du fond.)

Que vois-je! les bourreaux!.. Quelle horrible lumière!

Ah ! dans leur fureur sanguinaire,

De mon refus, c’est toi qu’ils vont punir!

Qu’importe ! 11 est un Dieu qui doit nous réunir!

DOM SÉBASTIEN

Tu ne sortiras pas!.. Il a trouvé, l’infâme!

Le moyen de briser mon âme.

Moi ! souscrire à ta mort !

Vain espoir, vain effort.

Tu dois vivre!

Ou, quel que soit ton sort.

Je veux le suivre !

(Il court à la table et veut signer.) zayda, se jetant au devant de lui.

Eh bien ! si mes prières.

Si la voix du devoir.

Si le nom de vos pères.

Sont sur vous sans pouvoir,

Accomplissez ce sacrifice Et signez ce pacte infamant!

Mais je n’en serai pas complice.

Et dans les flots je m’élance à l’instant ! dom Sébastien, la retenant.

Zayda!..

ENSEMBLE

Vain espoir, vain effort, etc.

(A la fin de ce morceau, la portière du fond s’ouvre, et l’on aperçoit les Inquisiteurs qui viennent chercher Zayda. Celle-ci s’élance au devant d’eux. Pendant ce temps, le roi, qui est près de la table, signe le papier et le présente aux Inquisiteurs. La portière se referme. Zayda, désespérée, veut s’élancer par la fenêtre de la tour. On entend au dehors un air de barcarolle.)

dom Sébastien, retenant Zayda.

Ecoutez !

camoens, en dehors.

BARCAROLLE

PREMIER COUPLET

Pêcheur de la rive,

La nuit Te sourit;

La brise est captive, Tout dort Dans le port.

Et pleins d’espérance.

Courbés sur les flots.

Ramez en silence.

Braves matelots!

DOM SÉBASTIEN

C’est Camoens!

camoens, en dehors.

deuxième couplet.

Pêcheur intrépide.

Au pied de ce mur La vague est limpide,

Le succès est sûr!

DOM SEBASTIEN

Qu’un chant d’espérance Monte à ces créneaux...

Ramez en silence.

Braves matelots!

ZAYDA.

O fidèle sujet!

DOM SEBASTIEN

Camoens!

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