SCENE V
Les mêmes, CAMOENS, paraissant à la fenêtre à droite.
CAMOENS
Du silence !
Les destins sont changés; renais à l’espérance,
O mon maître! . A ma voix, tout un peuple indigné. Pour délivrer son roi vers ces remparts s’élance!
ZAVDA.
Et ce titre... il l’abdique... oui, sa main l'a signé... Pour préserver mes jours !..
camoens, avec indignation.
Ah! promesse usurpée!. Qu'arrache la contrainte et que brise l’épée!
[Au roi.)
De garde à cette tour, un de tes vieux soldats T’offre, pour te sauver, et son cœur et son bras.
ZAVDA.
Oui, la viptoire ou le trépas.
ensemble, à demi-voix.
De la prudence et du mystère,
Du sort nous braverons les coups;
Car Dieu nous guide et nous éclaire,
Et l’amitié veille sur nous !
camoens.
A ce balcon, une échelle attachée. ..
Et du pied de la tour une barque approchée. Vont nous conduire à l’autre bord,
Auprès de nos amis!.. Partons!
zayda, les retenant.
Non, pas encor!
camoens.
Qu’avezvous?
zayda, écoutant.
Du silence... Il me semblait...
camoens.
zayda, montrant la porte à gauche.
Que l’on marchait de ce côté.
CAMOENS
Non... Rien !
ensemble.
De la prudence et du mystère,
Du sort nous braverons les coups ;
Car Dieu nous guide et nous éclaire.
Et l’amitié veille sur nous!
(Us disparaissent par le balcon à droite. — Le théâtre change. — Une vue de Lisbonne ; en face du spectateur un large bastion, derrière lequel la mer s’étend à l’ immensité. — A droite, une tour elcvee ; au haut de la tour, un balcon auquel est attachée une échelle de corde . Celle échelle descend depuis le haut de la tour jusqu’à la mer, en longeant le bastion. — A gauche, sur le premier plan, un édifice sur lequel est écrit : Hôpital de la Marine. — A droite, t entrée de la tour. — Il fait nuit, mais la lune ec'aire le théâtre.)