‹ Å’uvres illustréesChapitre 932 sur 1154 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LE COMTE, entrant par laporte à droite; puis GINA.

lecomte. Vivent les ménages d’artistes!.. Unpeu haut... six étages à monter... Mais que d’avantages!.. pas de domestiqués curieux et bavards!.. On prend la clé chez le portier, on s’annonce soi-même, et l’on ne fait pas antichambre... car je crois que mon pauvre Fabio n’a pas d’autres pièces que celle-ci... En bon air, du reste; une

LAGNY, — Imprimerie de Vialat et Cie. — S» 1 8.

LA BARCAROLLE

vue superbe... toute la ville de Parme dans ses sommités!.. Rien (|ue des toits!.. Je pourrais môme, je crois, apercevoir d’ici celui de mon palais... Pauvre garçon! (S'asseyant devant le clavecin.) C’est ici, c’est à ce clavecin, qu’il travaille nuit et jour, sans relâche, sans distractions, sans un instant de plaisir ! . (Il voit la porte du fond s’ouvrir et Gina s'avancer mystérieusement.) Du tout !. je me trompais,.. Le plaisir habite aussi les mansardes, il y vient même de bonne heure, et sur la pointe du pied... ( Caché par le livre de musique ouvert sur le clavecin.) Une jeune ouvrière... ( Gina entr’ouvre laporle à gauche, pour s'assurer que personne ne peut la surprendre.) Et moi qui calomniais l'appariement!" AN°ns> allons, il y a une seconde pièce que je ne connaissais pas.. . (Souriant.) mais que d’autres connaissent... iSur tarif tournelle de l’air suivant, Gina s’esf approchée de la table à gauche, et y dépose un petit paquet sur lequel elle écrit deux mots.)

RÉCITATIF

Personne ici n : m’aura vue.

Partons!

(Elle t>a pour sortir, et aperçoit le comte qui a quitté le clavecin et qui est debout devant la porte du fond.)

Grand Dieu! je suis perdue!

Ne dites riqn ! ne dites rien!

Ah ! c’est le secret de ma vie

Qn’ici, Monsieur, je vous confie 5

C’est mon honneur, c’est mou seul bien'

Ne dites rien! ne dites rien!

N’en parlas jarpais à personne,

A personne... pas même à ||ij!

Et que jamais il ne soupçonne Que vous m’avez trouvée ici !

Vous le jurez!., ça me rassure;

Vous le jurez!., songez-y bien...

Rien qu’à votre air, j’en étais sûre.

Vous ôtes un homme de bien !

Aussi, ma franchise est entière' :

Je suis Gina la couturière,

Et mon logis est près du sien.

Je vous dis tout, vous voyez bien...

Mais vous... mais vous...

Ne dites rien! ne dites rien! •

Ah ! c’est le secret de ma vie Qu’ici, Monsieur, je vous confie...

Ne dites rien ! ne dites rien !

dne voix, en dehors. Gina! Gina! gina, avec effroi. C’est mon oncle! (Au comte, à mivoix.)

Ne dites rien ! ne dites rien !

Rien ! rien !

(Elle sort par la porte du fond.)

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