‹ Å’uvres illustréesChapitre 954 sur 1154 · SCENE XII · texte numérisé non relu

SCENE XII

CLtiLIA, gina, fabio.

clélia, souriant. Qu’ai-je vu?

fabio, à Clélia , vivement. O ciel! ne croyez pas, Madame... j’étais là, persuadé que...

clélia. Quoi donc?

fabio, s’arrêtant et à part, en regardant Gina. Qu’allais-je faire?., la compromettre aux yeux de cette jeune fille...

clélia, souriant. Vous étiez là, aux genoux doGinà..< que vous aimez... n’est-il pas vrai?..

fabio, à part. Ah! sauvons-la !.. (Haut et balbutiant .) Oui... oui, Signera... c’est la vérité... et mon trouble...

clélia, montrant Gina. Egale le sien... c’est tout naturel... Je suis charmée, Fabio, que vous aimiez ma gentille couturière... c’est une bonne idée que vous avez là...

fabio, se remettant. N’est-ce pas?.. Et si Madame m’approuve... et si elle est contente...

clélia. Sans doute!.. (Avec bonté, en lui faisant signe de s’éloigner un instant .) C’est bien... c'est bien. . je suis à vous... (A Gina, à demi-voix, pendant que Fabio se lient à l’écart au fond du théâtre.) Tu 11e t'attendais pas à trouver ici Fabio?

gina. Non, sans doute.

clélia. C’est moi qui l’ai fait venir... j’avais k lui parler, à t’interroger snr quoiqu’un...

gina, bas, àClélia. Sur M. le comlc .le Fiesqun... clélia, vivement et à demi-voix. Tu le sais? gina, de même. Je sais tout... il me l’a dit. clélia, de même. Eh bien! dans sa réponse à notre souveraine... et elle vient de me la montrer ... il ne lui parle que de son amour pour moi et de noire mariage . qu’il la supplie de protéger.

gina, de même. J'en étais silre!

clélia, de même. Et tout cependant se réunit pour l’accuser... la piincesse n’ose le défendre de peur de lé compromettre encore plus... et moi, qui l’ai repoussé, Je donnerais ma vie pour le revoir, 11e fûMîé qu’une minute... Mais il n’est plus temps!

gina, à demi-voix. Si, Madame.

• clélia, de même. Que dis tu?

gina, de même. Il n’est pas parti.

clélia, de même. Est-il possible?

gina, de même. Il est là... caché dans ma chambre. clélia. O Gina! Gina! comment te remercier? gina En l’aimant bien, Signora .. et en protégeant Fabio...

clélia. Mais c’est mon père qui le poursuit... et s’il était vu, s’il était reconnu... c’en est fait de sa liberté. . . de ses jours peut-être !

gina. Mais on ne le verra pas... D’abord, vous renverrez tout le monde.

clélia. A commencer par Fabio.

gina. Soyez tranquille... je m’en charge.

(Pendant toute la scène précédente, qui s’est dite vivement et à demi-voix, sur le bord de la scène à gauche, Fabio s’est tenu au fond du théâtre, à droite. — Vans ce moment seulement, Gina lui fait signe d’approcher et va à lui, pendant que Clélia s’assied à gauche, près de la tabler)

FINALE

gina, à Fabio.

Beau Fabio, votre fortune est faite!..

La Signora vous aime et vous protège!

Moi?

gina, gaiement.

Mais, je viens de sa part, en discrète soubrette,

Vous dire : Allez-vous-en au plus vite. .

fabio, étonné.

Pourquoi?

gina, souriant.

Vous qui parlez si bien de votre amour extrême...

Vous comprendrez cela...

(A demi-voix.)

Madame attend ici,

Motus au moins... un beau seigneur... qu’elle aime. fabio, tressaillant, à part.

O ciel!

Cherchant à se contenir.)

1 va venir!

GINA

Un proscrit... un banni!

Que poursuit le ministre, et qu’il voudrait bien prendre. fabio, avec jalousie.

Il va vetilrl

GINA

Quand vous serez parti !

fabio, A part.

C'est ce que nous verrons!

gina, gaiement.

Je n’ai qu’à faire entendre L’air qtle vous chantiez ce matin,

L’amoureux paraîtra soudain.

Partez donc !

fabio, avec fureur.

Moi, partir!..

Ensemble.

fabio.

Je sens gronder l’orage Et croître ma fureur;

La désespoir, la rage,

S’emparent de mon cœur.

Moi, déjà l’on m’oublie;

Pauvre, obscur et sans nom,

Et tant de perildie Egare ma raison.

clélia Er gina, le regardant avec étonnement.

D'oià vient de son visage Le troublé et la pilleur?

Il semble qtle l’orage (Tonde au fond de son cœur!

Ab ! quelle frénésie !

On dirait, voyez donc,

Qu’un'accès de folie Egare sa raison!

fabio, cherchant ci se contenir, et allant à Clélia. Est-il vrai, Signora?.. de vous je veux l’apprendre,

Que quelqu’un qui vous aime... en ce lieu va se rendre? clélia, avec fierté.

Monsieur !

gina, à Fabio, le faisant taire.

Que dites-vous?

fabio, cherchant toujours à se contenir.

Je dis... Vous savez bien

Que ça ne se petit pas!

gina, se jetant entre lui et Clélia.

Ah! je n’y conçois rien...

C’est quelque accès nouveau qui vient de le reprendre... Et sa raison s’égare!

fabio, avec colère.

A moi !

gina, à Clélia.

Grâce pour lui... mais je tremble d’effroi!

(Clélia, effrayée, prend la sonnette qui est sur la table et sonne avec forée.)

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