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LE MARQUIS, CAFARINI ET LE CHOEUR

C’est un fou !

fabio, à demi-voix, au marquis, et avec colère.

Si, cependant, je prouve Que je ne le suis pas!.. Et, si vous en doutez...

Vous cherchez un coupable... et moi, je le retrouve... * Je le montre à vos yeux !

le marquis, étonné.

Que dit-il?

fabio, saisissant la guitare qui est sur la table.

Ecoutez!

(Après avoir pris la guitare sur la table , il joue, sans paroles et sans chanter, l’air qu’on a déjà entendu au premier et au deuxième acte.)

tous, avec étonnement et le regardant comme un fou. Que veut-il faire, grands dieux !

(Au bout de quelques mesures et au milieu du silence profond qui s’est établi, la porte à droite s’ouvre, et paraît le comte de Fiesque , qui entre vivement; à sa vue, Clélia pousse un cri d’effroi.)

tous, avec un sentiment différent.

C’est le comte en ces lieux!

fabio, stupéfait et poussant un cri. Mon frère !

ENSEMBLE

FABIO

Qu’ai-je fait, lâche et perfide!

Mon frère ! je t’ai trahi !

Hélas! ma main fratricide Te livre à ton enneihi!

clélia, gina et le choeur, regardant Fabio.

Plus insensé que perfide,

Il le trahit malgré lui;

Le délire qui le guide

Vient servir un ennemi!

le comte, qui est près de Fabio.

Contre moi le sort décide.

Et peu m’importe, aujourd’hui...

(Serrant la main de Fabio.)

Si la fortune perfide Me laisse encore un ami!

LE MARQUIS ET CAFARINI

Pour moi > . . , . . .

Pour lui J le sort se décidé,

Noi s l’emportons aujourd’hui;

La fortune qui nous guide

LE MARQUIS

Bon ! bon! tout va bien... et j’estime Que mon rival est perdu pour jamais!

Oui, du pouvoir je veux toucher la cime Et, s’il se peut, monter encore après!

CAFARINI.

Bravo ! bravo ! tout va bien, et j’estime Que ma fortune est faite pour jamais !

Et du pouvoir, s’il touche enfin la cime,

Derrière lui, je veux grimper après!

clélia, regardant le comte.

D’un sort fatal, dont il est la victime,

Je suis la cause .. Amour, vois mes regrets;

Amour, rends-moi son cœur et son estime.

Qu’il me pardonne, et que je meure après!

Allons! du cœur!.. Begagnons leur estime.

Et réparons tous les maux que j’ai faits !

Sainte amitié, viens réparer mon crime !

( Regardant son frère.)

Qu’il soit heureux... et que je meure après!

LE COMTE

Allons, courage ! et si je suis victime D’un sort fatal, dont je brave les traits,

( Regardant Clélia.)

Amour, rends-moi son cœur et son estime :

Fais qu’elle m’aime... et que je meure après.

gina, regardant Fabio.

D’un sort fatal quand il est la victime,

(A Clélia.)

Pardonnez-lui tous les maux qu’il a faits,

Pauvre insensé! sa folie est son crime.

Plaignons d’abord... et fâchons-nous après!

LE CHŒUR, regardant le comte.

Il est perdu... mais quel est donc son crime?

Son nom, son rang... voilà tous ses forfaits!

De leurs complots il sera la victime.

Et son rival l’emporte pour jamais!

le marquis, à des soldats qui viennent d’entrer, leur montrant le comte.

Emparez-vous de lui!

clélia, d'un geste suppliant, au marquis.

Mon père!

fabio, la regardant.

Êlle. a raison...

( Montrant le comte.)

C’est lui qu’elle préfère.

(A part.)

Fatal amour! je t’oublirai!

(Bas, au comte.)

Et toi, mon seul ami, mon frère !

Par moi tu seras délivré,

Je te le jure... ou je mourrai!

REPRISE DE L’ENSEMBLE

LE MARQUIS

Bon! bon! tout va bien... et j’estime, etc.

CAFARINI.

Bravo ! bravo ! tout va bien, et j’estime, etc. clélia .

D’un sort fatal, dont il est la victime, etc.

FABIO

Allons! du cœur!.. Regagnons leur estime, etc.

LE COMTE

Allons, courage! et si je suis victime, etc.

GINA

D’un sort fatal quand il est la victime, etc.

LE CHŒUR

Il est perdu... mais quel est donc son crime? etc. (Des soldats emmènent le comte de Fiesque. — Clélia tombe dans un fauteuil à gauche. — Le marquis et Cafarini se frottent les mains, et Fabio étend la sienne vers son frère comme pour lui dire : « Je te sauverait » La toile tombe.)

LA BARCAROLLE

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