SCENE III
CAGLIOSTRO, seul.
CANTABILE
Fortune inconstante et légère.
Dont les pas semblaient fuir les miens, Coquette, vous avez beau faire.
J’ai su vous saisir... je vous tiens!
Je vous tiens !
Je vous tiens!
CAGLIOSTRO
A Londre on siffle la magie ;
A Madrid j’ai dû me cacher!
Et j’ai vu même, en Italie,
Briller les flammes du bûcher !
Mais à Paris...
Fortune inconstante et légère,
Dont les pas semblaient fuir les miens. Coquette, vous avez beau faire,
J’ai su vous saisir... je vous tiens!
Je vous tiens!
Je vous tiens !
CAVATINE
O cité frivole.
Elégante et folle,
Qui changes d’idole A tous les instants...
Du moindre empirique Toujours fanatique,
O terre classique,
Reçois mon encens!
Charlatans, mes confrères, • .
S’il vous faut des compères Parmi les beaux esprits,
En rabats, comme en jupes.
Si vous vouIpz des dupes.
Venez tous à Paris!
O cité frivole.
Elégante et folle,
Qui changes d’idole A tous les instants...
Du moindre empirique Toujours fanatique,
O terre classique.
Reçois mon encens!- Femmes jeunes et belles.
Pour tromper un jaloux,
Gentilles demoiselles,
Pour avoir un époux!
Accourez! accourez!
Entrez !
Coquettes surannées,
Vieux fats à recrépir,
Qui voulez des années.
De l’or et du plaisir !
Vous voulez de l’or.
Donnez-en d’abord !
A ce prix, entrez! entrez!
Accourez!
O cité frivole.
Elégante et folle.
Qui changes d’idole A tous les instants...
Du moindre empirique Toujours fanatique.
Reçois mon encens!
Oui, de toi je raffole !
La Seine est le Pactole Pour tous les charlatans!