‹ Aux Antilles, hommes et chosesChapitre 13 sur 13 · Voir Joseph Ribet. Le Vol de LWigle^p. 263 et suivantes · texte numérisé non relu

Voir Joseph Ribet. Le Vol de LWigle^p. 263 et suivantes

Aujourd'hui déjà, le Japon apparaît formidable dans le Pacifique : le réveil du monde jaune va suivre. Déjà (et les récents incidents de San- Francisco en sont la preuve) il menace de déborder sur l'Amérique. A quel point les circonstances nous favorisèrent, nous autres blancs, j'en faisais déjà la remarque sur le bateau qui m'emportait de Pauillac à Trinidad. — Ce voyage de Christophe Colomb, quelle œuvre opportune, accomplie à son heure, aux dernières minutes où elle restait encore possible ! Les événements actuels en sont la preuve. S'imagine-t-on l'extension de ce monde jaune à une heure où l'Amérique nous resterait inconnue. Envahi par la race rivale, le Nouveau Continent eût été à jamais perdu pour nous. Heureusement il nous appartient. Nous et les noirs que nos ancêtres y conduisirent l'occupons. Cette occupation commune créera sans doute notre solidarité. Elle produira peut-être, sinon cette fusion des races, du moins cette union politique si désirée des philanthropes, seule capable de résister aux nouveaux envahisseurs. Sous la pression de l'intérêt, la concorde se fera. Les blancs, on le sait, manifestent bruyamment contre l'introduction des Asiatiques sur le territoire de l'Union. Imitant en cela leurs frères antillais, les noirs certainement les suivront. A la Martinique comme

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à la Guadeloupe, en efîet, le principal obstacle à rintroduction de la main-d'œuvre asiatique c'est l'opposition irréductible de la race noire. Les nègres ne veulent pas souffrir dans ces colonies l'apparition d'étrangers qui feraient baisser les salaires. Par là, momentanément peut-être, nuisent-ils à la prospérité de nos colonies. Devant ce danger menaçant d'une invasion jaune, on ne peut nier cependant que Tardeur, la puissance de ce sentiment ne soient au demeurant salutaires *.

Mais cette union des blancs et des noirs qui, dans le continent américain, se fera certainement pour repousser l'invasion asiatique, cette coalition contre l'ennemi commun, on ne la retrouve pas, on ne la trouvera vraisemblablement jamais dans les petites îles des Antilles lorsqu'il s'agira de résister à la poussée américaine. Le danger n'est pas le même, en effet. Par leur situation géographique, ces îles sont appelées à graviter dans l'orbite de l'Union ; elles en apparaissent une simple dépendance. De puissants intérêts économiques les ramènent incessamment sous leur influence. Ne me disait-on pas k la Guadeloupe

1. Voir J. Novicow. L'avenir de la race blanche. L'éminent sociologue ne serait certainement pas de cet avis. Au nom du progrès et de la liberté, il s'élèverait contre cet ostracisme.

que, malgré les tarifs différentiels imposés ou consentis par la métropole, les marchandises américaines, telles que l'essence de pétrole par exemple, arrivaient sur le marché des Antilles à vaincre les produits similaires européens. Mais la France, objectera-t-on, est encore aimée et respectée làbas. C'est exact ; la situation n'en est pas moins troublante cependant ; combien peu pèsent les sentiments devant les intérêts !

Si demain, au sein de la grande République, en face du péril jaune, une union forte et sincère se faisait entre les deux races rivales, noires et blanches, le contre-coup en serait immense aux Antilles ; aux Antilles françaises surtout. — Les colons blancs, d'âme si profondément française pourtant, lassés, écœurés de cette situation politique instable qui les livre sans défense, entre les mains, je ne dis point des noirs ou des mulâtres, mais entre celles de quelques agitateurs de couleur, se tourneraient peut-être, avec regret d'abord, avec résignation ensuite, avec joie bientôt, vers le pays calme et puissant, capable de sauver l'avenir de leur race en protégeant leurs intérêts. Les noirs, les mulâtres accepteraient le fait, dans l'impossibilité où ils se trouveraient de s'y opposer. Ils sentiraient alors toute l'étendue de leur faute, toute la stupidité de leur intransigeance, compa-

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rant, en ce qui les concerne, les deux peuples, les deux patries, et les deux libertés. Et c'est pourquoi tout Européen qui jette le cri d'alarme sert moins en définitive la cause des blancs antillais que celle des hommes de couleur.

C'est donc un devoir pour la France de s'occuper avec vigilance de ces deux petites îles, derniers vestiges de notre domination américaine^ et qui par la percée du canal de Panama, vont acquérir une importance exceptionnelle, llestbon, il est excellent même que la majorité des députés de ces îles soit indigène. Ils connaissent les besoins de leur pays, ils sont les plus qualifiés pour porter à la tribune française l'écho de leurs revendications et de leurs doléances. Il est non moins nécessaire toutefois qu'un ou deux représentants originaires de la métropole soient les mandataires de ces colonies. Sans une mauvaise foi par trop apparente un Européen ne peut être soupçonné de céder au préjugé de race ou de couleur ; et s'il en est temps encore, nul autre qu'un Français de France, comme Schœlcher autrefois, ne sera plus qualifié pour faire entendre la voix de la modération, de la concorde, et de la sagesse.

Cette union avec le peuple américain que je

crois tôt ou tard fatale, nous ne manquons pas, par ailleurs, d'autres moyens pour en retarder l'échéance. Nous ne sommes pas seuls là-bas. L'Angleterre ne paraît pas encore disposée à céder ses droits et ses territoires américains à la puissance de l'Union. Lorsqu'on possède, en Trinidad, une colonie si belle, si vivante, si pros« père, on doit se sentir médiocrement enclin à des transactions prématurées.

De temps à autre, il est vrai, en Angleterre comme en Amérique, on célèbre, à grand fracas, de chaque côté de l'Atlantique, la communauté de race des nations sœurs. Simple compliment, salut courtois entre gentlemen, murmurent les Anglais ; phrase charmante, éminemment propre à bien terminer un toast, pensent les Américains ; mais les affaires sont les affaires. Lorsqu'il s'agit de guinées ou de dollars les x\nglo- Saxons se réveillent ; et les deux peuples ont les dents longues ; au diable soient les sentiments I

Que la politique des Anglais se montre toujours subordonnée à leurs intérêts ; que l'explosion de leur cordialité sonne comme une fanfare dont leurs agents consulaires restent les chefs d'orchestre prudents et circonspects, il est presque banal de le dire; mais en ce qui concerne spé-

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cialement ce continent américain, des faits nombreux le confirment.

Un Yankee est d'ordinaire fort bien reçu a Londres : c'est qu'on a de lui rien à craindre. Il n en va pas de même au. Antilles. L'incident curieux survenu entre lamiral américain et le gouverneur de Kingston, lors du dernier tremblement de terre à la Jamaïque en est une preuve . On

1, AU. premières nouvelle, de la cataslrophe.le contre am^ rai américain Davis sétait rendu à Kingston avec ^on scadre pour aider à .-organisation des secours. Un P-™- " " "^ ^ produisit. L'amiral Davis ayant cru, à son arrwee de o sa iuer la terre de salves dartiUerie, le gouverneur de 1 de, su Alexander Swettenham. protesta contre cette trop bruyan e démonstration qui aurait pu affoler la population en lu. a^ sant croireà un nouveau tremblement de terre. L am.ral Dax.s Idressa des e.cuses au gouverneur et débarqua ses marms en armes qui s'occupèrent activement, sou, la direction e.- XX de leurs oLers, de faire la police dans es rues, et installèrent un hôpital de campagne aux portes de la vUle

Sir Alevander Swettenham protesta à nouveau contre 1 mitiative américaine, déclarant que les autorités britanniques pouvaient suffire à tout, et surtout à maintenir l'ordre et hosp.ta-

User les blessés.

Voici la lettre à la fois humoristique et cinglante du gouverneur anglais :

« Cher amiral, c Merci beaucoup de votre lettre, de votre aimable visite et de toute l'assistance que vous nous avez donnée et offerte. Tout en appréciant chaleureusement votre très généreuse offre de secours je sens quil est de mon devoir de vous demander

s'en émut, on s'en étonna en Europe. Le gouverneur reçut un blâme d'Angleterre ; officiellement on remercia chaleureusement 1" Union de son aide empressée ; tout cela pour la forme, soyez-en certains. Le Colonial Office connaît trop bien la situation pour ne point savoir gré à ce subordonné de la morgue hautaine et dédaigneuse avec laquelle il fit sentir à la puissance voisine l'intempérance d'un zèle intempestif. On ne pou-

de réembarquer les corvées de matelots et tous les détachements que vous avez eu l'amabilité de débarquer si rapidement.

« Si, en considération du soin assidu apporté par le vice-consul américain à sa famille et sa mciison de campagne, le consulat américain a besoin, selon vous, d"être gardé (bien que ce consul y fût présent une heure auparavant et sans protection), je ne vois pas d'objection à ce que vous débarquiez un détachement dans ce seul but. Mais ce détachement ne devra posséder aucune arme à feu ou autres armes que des canneset des gourdins. J'ai trouvé ce matin une de vos corvées occupée à aider au déblayage du magasin de M. Grosswell. Celui-ci a été charmé que ce travail ait été accompli gratis, et si Votre Excellence reste assez longtemps, je suis sûr que tous les propriétaires seront heureux de profiter des services de la marine américaine pour s'épargner des frais.

< Une peut être plus longtemps question d'humanité. Toutes les personnes qui ont été tuées sont mortes il y a plusieurs jours déjà, et leur ensevelissement est uniquement une affaire de convenance. Je se: ais heureux de prendre réception du coffre-fort que de prétendus voleurs ont dérobé. Le viceconsul américain n'a pas connaissance du fait. Le magasin est près d'un corps de garde, et l'ofïîcier chef de poste prétend

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vait plus vertement proclamer que la Grande- Bretagne, à elle seule, était assez puissante pour subvenir aux besoins de ses colonies et pour les appuyer. Il y avait un beau geste d'orgueil dans ce congé outrageusement donné. Ce geste semble trop d'accord avec les intérêts britanniques ; il cadre trop bien avec la superbe de ce peuple insulaire pour qu'on ne le comprît pas, et par suite qu'on ne l'approuvât pas à Londres.

ignorer cet incident. Je crois que la surveillance de la police métropolitaine est suffisante pour assurer la sécurité de la propriété privée.

« Laissez-moi rappeler à Votre Excellence qu'il y a peu de temps on constata que des voleurs avaient pillé le domicile d'un millionnaire new-yorkais, en son absence, pendant l'été. Mais cela n'aurait pas donné à un amiral britannique le droit de débarquer un détachement pour venir en aide à la police de New-York.

« Veuillez agréer, mon cher amiral, l'expression de ma profonde reconnaissance et de mon plus haut respect. »

L'amiral Davis se rendit alors à l'hôtel du sir Alexander Swettenham. Un rapide échange d'explications eut lieu, au cours duquel l'amiral informa le gouverneur qu'il avait contremandé télégraphiquement le départ du Celtic qui devait apporter des vivres et des médicaments à Kingston, et qu'il partait lui-même immédiatement avec son escadre, considérant ce départ comme la seule mesure compatible avec la dignité des États-Unis. A quoi sir Alexander Swettenham aurait répondu : «Mon cher amiral, j'en ferais autant à votre place ! » et l'amiral Davis d'ajouter : « Et moi aussi, Votre Honneur ! » (Journal des Débats, 22 janvier 1907.)

C'est qu'en efîet, lorsqu'il se produit un cataclysme et Dieu sait s'ils sont fréquents dans ces Antilles, l'Amérique ne marchande pas ses secours. Elle les envoie importants et rapides. Elle sert ainsi ses intérêts, elle légitime ses convoitises. Elle prouve aux indigènes qu'elle est leur protectrice indiquée, naturelle. Geste philanthropique^ partant irréprochable ; geste éminemment politique surtout. Sa situation géographique l'y convie; ses aspirations le lui conseillent ; sa puissance financière le lui permet. Et contre ces trois faits, contre cet ensemble de choses^, nous lutterons difficilement. L'Angleterre tente de le faire cependant ; suivons son exemple ; entrons dans son sillage.

D'ailleurs (je l'ai noté précédemment) il existe une solidarité profonde entre les blancs antillais. D'origine, de nationalité diverses, ils se considèrent un peu comme une même famille, difîérente à la fois et de l'Europe et de l'Amérique. A Trinidad, à Sainte-Lucie, à Dominique je constatai la manifestation de ce sentiment. Nulle part mieux que dans cette dernière île je n'en eus la sensation précise. Ne m'y parlait-on pas comme d'un projet longuement caressé, comme d'un événement attendu dans un avenir plus ou moins lointain, de

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la vente des Antilles anglaises à la Puissance du Canada. Lorsque l'Angleterre atteindra une phase peut-être prochaine de son évolution, lorsque, débordée de partout, elle ne pourra songer à résister sur certains points à la poussée envahissante de ses rivaux et de ses voisins, elle fera nécessairement la part du feu.

Si un tel fait se produit, la solution dont on me parlait à Dominique apparaîtra sans doute comme opportune et sage. Céder les Antilles au Canada : ce ne sera point les perdre, ce ne sera point les abandonner complètement; et si nos possessions des Antilles suivaient cet exemple, dans rimpossibilité où nous serions de les défendre, il faudrait encore nous en féliciter. Au nord, au sud des Etats-Unis se constituerait ainsi un vaste empire franco-anglais. x\ux Antilles, comme au Canada actuellement, la présence de notre race deviendrait une garantie pour la perpétuité de rinfluence britannique. De langue, de coutumes différentes, elle seule aurait un intérêt vital à ne pas se fondre, se perdre dans le gouffre immense des États de l'Union. Ainsi le souvenir de la métropole ne disparaîtrait pas complètement aux Indes occidentales. L'absorption totale par les États-Unis sonnerait au contraire le glas de notre influence.

« Les Antilles ne sont ni les jardins ni les fiefs de l'Europe, s'écriait en 1822 le général Foy. C'est une illusion de notre jeunesse à laquelle il faut renoncer. » Fort bien ; mais seraient-elles par hasard des bouillons de culture ou des champs d'expérience, endroits privilégiés où quelques intrigants, veulent prouver l'aptitude des races de couleur à se gouverner elles-mêmes ? Et le général Foy ajoutait très justement : « La nature les a placées sur le rivage de l'Amérique ; avec l'Amérique est leur avenir. C'est comme entrepôts de commerce, comme grands marchés placés entre les deux hémisphères qu'elles figureront désormais sur la carte du monde. »

Parole prophétique et juste. Subordonnant enfin les questions ethniques et politiques aux questions économiques, elles deviendront cela en efîet, ou, comme Haïti, rongées par les factions, déchirées par les luttes civiles, elles sombreront, elles cesseront d'être.

Aujourd'hui, 20 avril, à trois heures, par un beau temps, une mer calme, nous arrivons à hauteur des Açores. De toutes parts je les cherche du regard. Où sont Sainte-Marie, Saint-Michel, Terceira, Saint- Georges, Graciosa, Corvo, Flores, ces îles charmantes, sirènes aux noms mélodieux? Nulle part;

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ou plutôt très loin, là-bas, sous l'horizon. Seuls les calculs de latitude et de longitude nous avertissent de leur présence ; et notre navire s'en éloigne, nous les quittons sans même voir la cime neigeuse de leurs volcans qui, si longtemps, « dominèrent des mers non naviguées, inutile phare la nuit, signal sans témoins le jour >.

Rêvant, flânant, sommeillant, je m'occupai cinq jours à grifionner ces conclusions. ^aujourd'hui je les termine. — Dans cette solitude immense de la mer, je songe ; et mon imagination me représente ces petites îles de la Guadeloupe et de la Martinique perdues là-bas sous le ciel éclatant des tropiques. Et voici qu'une comparaison s'impose à mon esprit, celle de Tahiti, où dans un cadre pareil, une race finissante, celle des ?>laoris, achève elle aussi de mourir. Les pages émues et frissonnantes de Loti me reviennent à la mémoire.

Là aussi, dans ces Antilles, de jour en jour s'éteint une race, blanche celle-là, et cette race est la nôtre. J'accusais tout à l'heure les méfaits de quelques agitateurs. Sont-ils bien la cause unique de sa disparition ? Comme la race tahitienne, n'est-elle point frappée de mort par le climat ? Cet afflux, cette crue incessante d'une autre race plus forte et qui la submerge, celle des

noirs et des métis, n'est-ce point là un phénomène naturel qui tôt ou tard devait se produire ? — Je le crois. Sous les climats tropicaux la destinée des blancs est d'apparaître un jour, pour s'évanouir aussitôt. Ils donnent le branle; ils indiquent la voie. Occupants passagers, ils apportent leur langue, leurs mœurs, leur civilisation. En mêlant leur sang à celui des naturels, ils civilisent, ils affinent la race aborigène. Mais impuissants à la supplanter, incapables d'une occupation vraiment durable, d'une colonisation efîective, après l'avoir vivifiée ils meurent. — Pour ces petites Antilles, sommes-nous donc arrivés à cette époque voulue par la loi naturelle, où les nègres, seuls capables de vivre, prospérer, se reproduire sous ces climats humides et chauds vont chasser les Européens, recouvrer leur complète indépendance?— Et si l'heure d'une pareille révolution ethnique approche, a-t-elle vraiment sonné à l'horloge du temps ; ou bien une mauvaise administration, une conception politique fausse de la métropole, un abandon de ses droits historiques, une véritable abdication de la race supérieure l'a-t-elle prématurément avancée* ? Question complexe. Le calme, des documents, une

1. Gela semble bien probable si l'on compare l'état des colonies anglaises et françaises sous ces latitudes. Voir sur ce sujet

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bibliothèque seraient nécessaires pour y répondre. Ici, en pleine mer, bercé, balancé par les vagues contraires, je pose le problème, d'autres le résoudront.

Mais de prime abord ce qui apparaît comme certain néanmoins, parce que cela résulte des faits, c'est que, quelle qu'en soit la cause, tôt ou tard, aujourd'hui ou demain, la race blanche disparaîtra des Antilles, et que la Martinique et la Guadeloupe deviendront des îles nègres et mulâtres *. Puissent alors les races de couleur, issues de notre sang et de notre civilisation, conserver le souvenir du grand peuple européen qui les civilisa, et le premier entre tous les conduisit à la complète liberté !

Et puisque dans ces contrées, c'est aux races

article de M. Pearson, cité par Roosevelt et Novicow, et la critique qui en est faite par ce dernier dans op. déjà cité.

1. Et cette cause sera très probablement celle qu'indique M. Pearson, Timpossibilité pour les blancs de vivre sous les climats chauds des tropiques. Contra Novicow. L'avenir de la race blanche, p. 60 et suivantes. Le grand sociologue ne souscrirait certainement pas à notre pessimisme, et peut-être auraitil raison. Il est si hasardeux de prédire ! Par des moyens artificiels, dit M. Novicow, l'homme blanc pourra sans doute un jour se préserver delà chaleur, comme il se préserve du froid, et habiter, sans danger pour lui, tous les pays tropicaux.

noires qu'appartient l'avenir, constatons-le sans amertume. Souhaitons-leur (ce qui apparaît comme peu probable, hélas !) la justice et la modération dans la victoire ; et réservons un dernier souvenir ému, sympathique, à cette race blanche, à cette race dont nous sommes, et dont les derniers représentants, dans une position désespérée, non certes pour opprimer, mais simplement pour conserver les quelques vestiges de notre légitime influence, luttent avec un si mâle courage, n'ayant pour soutien, dans un combat sans espoir, dans une bataille tôt ou tard perdue, que le stoïcisme de leur effort.

A bord du Canada, le 25 avril 1906.

De Pauillac à Trinidad.

Saatander. — Le Golfe de Gascogne. — Impression de pleine mer. — Les Açores. — Les passagers. — Souvenir de Christophe Colomb. — La Désirade. — La Pointe à- Pitre.

— Réception électorale. — Les cortèges. — Vision de la Dominique. — La Martinique.

— Le mont Pelé. — Saint-Pierre. — Fort-de- France. — Excursion au camp Ballata. — En rade de Port-of-Spain 1 à 41

Trinidad.

Les rues de Port-of-Spain. — La Savane. — Histoire de Trinidad. — Un courtier en plumes. — Types hindous de Dar-es-Salam. — En tramway versCocorite. — A pied dans la forêt de cocotiers. — Musiciens ambulants. — Le cocotier. —Vers les cacaoyères. — Les plantations de cannes. — Impression de départ. 43 à 72

Grenade. — Saint- Vincent. — Les Barbades.

— Sainte-Lucie.

En rade de Georgetown. — Saint-Vincent. — En rade de Bridgetown. — Sainte-Lucie — Càstries. — Les traces du dernier tremblement de terre. — Vers les faubourgs. — Le marché à Fort-de-France. — Chargement de charbon. 73 à 92

La Dominique.

Le canal de la Dominique. — Sautde marsouins.

— Roseau. — Monboarding house. — Un touriste à Dominique! — Excursion à Sulphur Spring. — Panorama de volcans. — La forêt vierge. — Magnifique végétation tropicale.

— Les sources de Sulphur Spring. — Le Lysistrata et M. Gordon Bennett. — Conversation avec un colon anglais. — Panorama du Righi-Kulm. — Vers le lac d'eau bouillante. — Des cochons! des cochons ! — Les derniers Caraïbes. — Conversation avec le procureur du roi. — Histoire de la Dominique. — Le patois antillais .... 93 à 128

La Martinique.

Tremblement de terre. — Mœurs et fraudes électorales. — Comment on tombe un député. — Les mulâtres. — A Saint-Pierre. — Descrip-

tion des ruines. — La mort et la vie. — Une randonnée en automobile. — Quelques mots de politique. — La descente au bourg. — A travers les champs de cannes. — La récolte.

— Le moulin. — Habitation de planteurs. — Nuitdes tropiques. — Excursion à la fontaine Didier. — Les cases indig-ènes. — Le trigonocéphale. — La mang-ouste. — Un bain au milieu de la forêt. — Sur le croiseur Desaix,

— Arrivée du Canada. — Embarquement de Behanzin. — Le départ. — La cathédrale

de Saint-Pierre 129 à 184

La Guadeloupe.

Extraits de journaux. — César et Pompée. — Aperçu de la situation politique. — Une tournée électorale.— Aux Vieux-Habitants. — Le cortège. — Le banquet. — Prévenance de mes hôtes. — Embarquement.— Départ et rentrée desdeux députés rivaux. — AuxTrois-Rivières. — Sousunechute d'eau.— A travers la Rivière Salée. — Marie-Galante. — Un lever à la Louis XIV. — Discours en plein air. — Le tambourde 1848. — L'eau de Voyé-vini. —Un balàlaPointe-à-Pitre 185 à 239

En mer.

1 Cause de la supériorité de l'Angleterre. — Sa situation insulaire. — Les luttes ethniques au pointde vue philosophique.^ — Un article du journal YOpinion. — Les États-Unis et leur

programme. — Vente possible des Antilles anglaises au Canada. — Rivalité de l'Amérique et de l'Angleterre aux Antilles. — L'incident de Kingston. — Avenir des races de couleur sous les climats tropicaux 241 à 276

Mayenne, Imprimerie Ch. Colin.

La Blbtioth^quz Tko, UbnjOAy

Université d'Ottawa University of Ottawa

Echéance Date Due

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