DEPART D'HAÏTI. ΫT
que nos constants sacrifices aient rapporté tous les fruits que nous avions droit d'en espérer ?
« La civilisation, où est-elle? Jusqu'à présent un patriotisme mal compris semble se complaire à lui fermer toutes les voies. Les uns cherchent la cause^de cette situation dans nos dissensions civiles, d'autres dans notre impéritie ; mais pour nous elle n'est réellement que dans le principe d'exclusion qui est la base de notre politique. Il est temps d'offrir une large hospitalité à l'étranger afin qu'il vienne nous prêter le salutaire concours de son intelligence, de son travail et de ses capitaux ' »
Voici donc un Haïtien, et un Haïtien instruit, on peut le constater par la forme même de son langage, qui réclame pour son pays la présence du blanc. Il nous faut, dit-il, le concours de son intelligence : sombre, terrible, mais véridique parole, qui affirme en quelques mots ce que j'ai essayé de faire comprendre au lecteur.
Le nègre de Saint-Thomas, libéré, mais maintenu dans une situation secondaire, loin du fonctionnarisme, par les Danois, est parvenu à un degré de civilisation sinon brillant, au moins fort honorable.
' Le Spectateur f 6 décembre 1876.
Le ïïèQve de la Martinique, élevé par nous au rang de citoyen électeur et éligibie, s'est trouvé ébloui, étourdi de cette nouvelle situation, et s'est partagé tout de suite en deux catégories : les envieux , qui son t devenus des révolution naires, et les braves gens, qui, à force de se cacher, de s'annihiler, sont redevenus des Africains quasi sauvages .
Enfin, le nègre d'Haïti, parvenu à la suprême indépendance, n'a réussi qu'à s'avilir, a s'endetter sous des formes toujours changeantes de gouvernement, et actuellement, après avoir €»puisé des empires, des royautés et des républiques ; après avoir abattu ses villes, ruiné ses campagnes, dégradé son pays, il en est réduit a rappeler le blanc qu'il avait à tout jamais banni de son territoire.
Nous avons besoin, dit le Spectateur, en parlant de l'Européen, de son intelligence, de son travail et de ses capitaux. Ceci veut dire que le nègre abandonné à lui-même n'est ni inventif, ni laborieux, ni économe. Ce sont, en effet, les trois reproches les plus sérieux qu'on puisse lui faire, et c'est lui-même qui en convient.
Le nègre , libre possesseur d'un pays , nonseulement ne pourra pas faire prospérer ce pays, mais ne le conservera pas tel qu'il lui a été con-