AU LECTEUR
Ces notes, écrites au jour te jour, ont été, durant la campagne, publiées dans divers journaux (le Soir, les Débats, Paris- Journal, le National, l'Opinion nationale). // se trouve dans ces lignes bien des erreurs qu'il m'eût été facile de corriger. Mais f ai pensé quil valait mieux ne rien changer. Cest là le tableau fidèle de toutes les sensations éprouvées durant cette triste guerre.
Si, dès le début de la campagne, jai cru au succès de nos armées^ ce n'est pas là un crime qui ne se puisse avouer. Jusqu'au dernier jour, j'ai espéré la victoire. Vivant avec tous ces intrépides
Ti Au lecteur
soldats^ témoin constant des efforts tentés, je ne pouvais croire à la défaite. Pour nous abattre, il a fallu l'imprévoyance de nos généraux^ le nombre, la faim.
Combien sont tombés de ces héroïques soldats qui n'avaient quun mot sur les lèvres : la Patrie! Quand la France écrasée a lutté ^ non plus pour la victoire^ mais pour l'honneur, ils n'avaient qu'une espérance : la Revanche.
La revanche!
Puisse ce jour glorieux luire bientôt!