‹ Aux contribuables du comté de l'Islet [microforme]Chapitre 5 sur 5 · LA QUESTION DE RÉSIDENCE · texte numérisé non relu

LA QUESTION DE RÉSIDENCE

Mon adversaire a sa résidence à Québec. J'ai ma résidence à Québec. Il est vrai que le journal dont je suis le rédacteur est publié à Montréal. En quoi cela peut il m'empêcher de vous être utile en parlement? Vous ne m'élisez pas pour vous représenter à St. Roch des Aulnaies ou à St. Cyrille, mais à Ottawa. Vous savez comme moi, du reste, que la plupart des hommes politiques en vue ne résident pas dans leurs comtés. Sir Adolphe Caron demeure à Ottawa et représente le comté de Rimouski ; Sir Hector demeure à Québec et représente Trois-Rivières ; l'Hon. M. Angers qui réside à Québec a accepté une division sénatoriale dans le district de Montréal.

On dit aussi que j'ai changé de comté et qu’en consé: quence j'ai du être un mauvais député.

J'ai été élu deux fois en 1876 et en 1878 à Bonaventure. Puis j'ai remercié mes électeurs et me suis retiré de la vie parlementaire. (C'était mou droit incontestable, je suppose.

Je me suis fait élire en 1891 à Montmorency. Mon élection fut contestée et annulée comme les élections de cent autres députés.

Pour me rendre la lutte presqu'impossible le gouver-

nement d'Ottawa fixa mon élection trois jours après cellé de

M. Charles Langelier, contre lequel on lançait alors toutes

sortes d’accusations. Je résolu en conséquence de ne pasme présenter de nouveau dans Montmorency.

LAS .… Mais ! Suis-je donc le seul homme qui a changé de comté? Sir À. P. Caron n'a-t-il pas abandonné le comté de Québec

)ar- pour celui de Rimouski ? Sir Hector Langevin ne s'est-il pas ous présenté dans Dorchester, dans Rimouski, dans Richelieu, hir, / dans Trois-Rivières ? M. George Desjardins ne s'est pas présenté dans Montmorency et dans l’Islet ? L'hon. M. Taillon, rte- né s'est-il pas présenté dans Montréal-Est, dans Montcalm, me dans Jacques-Cartier, dans Chambly ? l’Hon.J. C. Chapais que "OIT vous avez connu ne s'est-il pas autrefois fait élire à Chamne8 plain ?

Ts Ce reproche est donc, comme tout ceux que l’on me fait, lle ridicule et malhonnête.

qui ha DES INJURES ET DES GROSSIÈRETÉS )ec, : je are Mes adversaires n'ayant aucune accusation sérieuse à por- À his ter contre moi, ont recours aux injures et aux grossièretés. J'ai ht jua Aémasqué les rapines qui se commettaient à Ottawa, j'ai pro- D we testé contre la profanation de la justice par les juges, j'ai refu- 40 ne sé de sanctionner le coup d'état de M. Angers. ia ut Tels sont, à leurs yeux, mes crimes. | Je réclame la pleine responsabilité de ma conduite, et je + 4 me propose de continuer à marcher dans la même voie—celle : du devoir. ÿ Je crois que mon expérience politique peut être utile à ce mes compatriotes dans la crise ‘que nous traversons. Si les ’ UT | électeurs de l’Islet sont de cet avis, ils voteront pour moi. Pire de Les ministres et ceux oui mangent à leur crèche font des we ur efforts extraordinaires pour m'empêcher d’être élu. Ils préfèais rent avoir dans la Chambre des hommes pliants, souples, touart jours prêts à voter avec eux, à tout approuver, à tout avaler. Ars Ils ont peur d'enquêtes et de révélations nouvelies qui ite prouveraient qu’il existe dans notre pays un systême de déban- + ré- che et de corruption publique aussi effrayant que celui qui + a vient d’être mis au jour, en France, dans l’affaire du Panama. Nr al. En France, quatre millions de piastres ont été employés sé : pour acheter des miuistres, des députés, des juges, des journalistes.

Une organisation du même genre fonctionne ici. En France, le peuple vient de prendre sa cause en main.

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