Aux électeurs du comté d'Yamaska [microforme]
Le septième Parlement du Canada à été dissout le 24 avril dernier, et vous êtes appelés à faire le choix d’un député pour représenter vos intérêts religieux, civils et matériels dans la Chambre des Communes pour nn nouveau Parlement,
À la demande d’un grand nombre d’électeurs de ce district, j'ai accepté la candidature pour cette prochaine élection, et j'ai l'honneur de solliciter votre appui et vos suffrages.
Les bons rapports qui ont toujours existé entre nous pendant les douze années que j'ai été votre député, me font une obligation de vous remercier pour l'appui généreux que vous m'avez accordé par le passé, et me font espérer, en même temps, que vous ne me refuserez pas votre confiance dans la circonstance actuslle,
Il est bien inutile pour moi de vous soumettre un programme, car vous connaissez depuis longtemps mes opinions sur les hommes et les choses de la volitique canadienne.
Cependant, depuis la dernière fois que j'ai eu l'honneur de vous rencontrer, notre pays a été le théâtre d'évènements qui pourront avoir une portée immense sur l’avenir de la Confédération, et sur les destinées de la nationalité canadiennefrançaise. Je veux parler du conflit scolaire du Manitoba, des causes qui l'ont fait naître en 1890, et de celles qui en ont depuis empêché ie règlement,
Au reste, messieurs les électeurs, c’est la question spécialement soumise à votre appréciation dans la présente élection. Il est donc convenable que je vous expose ma manière de voir sur ce sujet qui touche de si, près aux racines mêmes
de nos libertés religieuses et nationales.
VAVÈS
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La cause des écoles catholiques du Manitoba vous est trop familière pour qu'il soit’nécessaire d'en faire ici, une analyse détaillée,
Ma manière de voir en cette affaire est franchement exprimée dans la lettre suivante que j'avais l'honneur d'adresser, il y a quelques années, au vénérable Archevêque du Manitoba. Je suis certain qu’elle ne s'éloigne pas de l'opinion que vous entretenez vous-mêmes sur cette importante question sociale.
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Voici cette lettre : à genc
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Montréal, 27 mars, 1894.
Je viens de terminer la lecture des deux derniers mémoires de Votre Grandeur sur la question des écoles du Manitoba et du Nord-Ouest,
L’attitude si digne de Votre Grandeur sur cette question est une haute leçon de patriotisme, et un puissars encouragement pour tous ceux qui ont à cœur le respect de la justice et de la liberté, et qui lésirent voir règner la concorde et l'harmonie parmi les diverses dénominations religieuses et nationales de ce pays. EE dtur
Je voudrais voir se fortifier de jour en jour le lien colonial qui nous unit si à
étroitement à notre nouvelle mère-patrie ; de Lu
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Je suis un ami convaincu du système politique inauguré, avec de si légitimes espérances, en 1867.
Oui, Monseigneur, c’est le privilège inappréciable du Canada de pouvoir, à " l'ombre du drapeau anglais, développer dans la paix et l'harmonie, toutes les libertés qu’un jeune peuple peut désirer voir briller à son foyer national.
Donc “faire large et facile le chemin de la liberté et de la justice parmi "à nous,” telle devrait être la devise de tous les citoyens du Canada, et surtout de | Ceux qui assument les responsabilités de le préparer à ses destinés. ‘A
Eh bien, Monseigneur, la question des écoles catholiques du Manitoba, est un obstacle sur la voie. Elle pourra demain être l’abîme qui engloutira toutes les espérances que nous aimons à former aujourd'hui sur l'avenir de notre patrie. | }
Tels sont les dangers de l’heure actuelle. Car, ici comme dans les pays des “| uivas vieux continents, le mépris de la justice et de lu liberté enfantera des haïines et MM des rancunes qui survivront aux temps présents. #
“Les préceptes divins, dit Votre Grandeur, ont préparé ma volonté à la ï soumission aux lois du pays de mon allégeance, mais mon cœur ne peut pas ne ! à
pas saigner quand ces lois sont injustes et qu’elles sacrifient les intérêts d’un si J grand nombre de loyaux sujets de Sa Mujesté. Les catholiques sincères obéissent #5 C1e bi aux lois, même à celles qui leur sont les plus préjudiciables, et qui leur sont ROP'p impossibles précisément parcequ'ils ont des convictions catholiques. Quelle I cruauté il y a dans l'oppression infligé précisément parceque les victimes ont M c'est l'esprit de soumission ! | politi “Que Dieu pardonne aux auteurs de ces lois et à ceux qui les protègent ; Ÿ 2
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qu'il les éclaire, afin que tous puissent comprendre que les mauvais traitements
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