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nt à la minorité ne peuvent pas manquer d’être préjudiciables à la province
du Manitoba, aux territoires adjacents et à toute la Puissance du Canada.”
Ces paroles, Monseigneur, sont le cri de détresse, la plainte du découragement, et elles remplissent l’âme de tristesse et d'alarme,
Mais quoi donc ! faudra-t-il qu’en plein dix-neuvième siècle, sur cette terre libre de la jeune Amérique, le faible soit ostracisé, opprimé et obligé de mendier à genoux sa part légitime de liberté et de justice, sous le soleil qui l’a vu naître ?
Non, Monseigneur, la cause que soutient si noblement Votre Grandeur, est Elle ne peut pas être vaincue. Elle paraîtra être
écrasée aujourd’hui, mais elle se relevera demain plus forte et plus jeune, car elle "a sca fondement sur la justice, qu'on ne pourra jamais arracher du cœur des
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“individus, ni des peuples.
Ah ! cette grande cause méritait bien d’avoir un évêque, un apôtre du Christ
pour défenseur, car c’est la cause de la liberté évangélique, non seulement au .! Canada, mais dans le monde entier.
Et voilà pourquoi Votre Grandeur doit compter, avec confiance, sur le con-
“ cours actif et généreux de tous ceux que la Providence a établis les gardiens
2 c’est celle des Canadiens.
naturels des droits de la liberté évangélique sur cette terre.
Je fais des vœux pour que le Seigneur accorde encore de longs jours à Votre
Fi Grandeur, afin qu’Elle puisse voir et contempler, avant de laisser le champ de bataille, le triomphe de la justice, qui sera en même temps le gage de la prospérité future et du bonheur de notre bien aimée patrie.
Je demeure, Monseigneur, De Votre Grandeur, l’humble et obéissant serviteur,
FABIEN VANASSE VERTEFEUILLE,
Ancien député aux Communes pour le comté d'Yamaska.
Monseigneur Taché daigra accuser réception de cette lettre, dans les termes
suivants :
Saint-Boniface, 31 mars 1894.
Mon cher monsieur,
Je viens de recevoir votre admirable lettre du 27 courant, Je vous en remercie bien sincèrement ; elle me fait au bien au cœur et m’encourage au milieu de nos pénibles difficultés.
La cause que nous défendons nous est commune. C’est celle des cathotiques, Cette noble cause. est paralysée par nos dissensions
Me politiques ; aussi, comme preuve de ma reconnaissance pour votre bonne lettre, "9 laissez-moi vous dire que j'ai la confiance qu'avec l'appui de vos amis, vous travaillerez à nous faire rendre justice.
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La presse peut la préparer, le parlement peut la rendre. Que ceux qui ont une plume pour la presse et une voix dans les conseils de la nation s'unissent, et tout rentrera dans l’ordre.
Avec mes remerciements, agréez mes meilleurs souhaits.
Votre tout dévoué en Notre-Seigneur,
+ ALEX., Arch. de St-Boniface.
Telles étaient alors mes opinions sur cette question si importante des écoles séparées. Elles n’ont pas changé depuis.
Prenant en considération les divers éléments religieux et nationaux qui composent notre société, je suis fermement convaincu que le système des écoles séparées est seul capable de rencontrer et de satisfaire les droits et les aspirations de ces différents éléments. Il faut des écoles catholiques pour les catholiques, et des écoles protestantes pour les protestants, au Manitoba comme dans | les autres parties du Canada.
Et, si j'ai l’honneur d’être votre député dans le prochain parlement, je me ferai un devoir de conscience de favoriser toute législation ayant pour but immédiat l'application effective et satisfaisante aux autorités ecclésiastiques, du principe des écoles séparées en faveur des catholiques du Manitoba.
Avec l’illustre et regretté Prélat de la Rivière-Rouge, avouons-nous donc, en toute sincérité, que l’esprit de parti et nos divisions, sont la cause de tout le mal que nous déplorons aujourd’hui.
En effet, pourquoi le gouvernement du Manitoba a-t-il violé les droits acquis et reconnus des catholiques de cette province, concernant leurs écoles primaires ? Parce que le parti de MM. Greenay et Martin pouvait bénéficier de cette violation sacrilège parmi les éléments fanatiques de la population.
Et, c’est encore pour des intérêts de parti que le gouvernement du Manitoba a toujours persisté depuis 1890, au mépris de la constitution et de la justice, à refuser des écoles catholiques à nos coréligionnaires de cette lointaine province.
En février 1895, le comité judiciaire du Conseil privé, en Angleterre, a reconnu le bien fondé des griefs des catholiques du Manitoba, et les pouvoirs incontestables du Parlement canadien de les faire disparaître, si la législature de cette province négligeait ou refusait de le faire elle-même.
À le dernière session, après avoir épuisé tous les moyens de conciliation, le gouvernement fédéral a soumis à la chambre des communes, le projet d’une loi remédiatrice reconnue applicable, efficace et satisfaisante.
Ce projet de loi reconnaissait aux catholiques : 1° Le droit d’avoir leurs propres écoles ;
29 Il pourvoyait à l’établissement d’un système qui permettait aux catholiques d'établir et de controler eux-mêmes leurs écoles ;
3° Il dispensait les catholiques de payer aucune taxe pour le soutien des écoles protestantes.
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Ce projet de loi a été étudié et approuvé par les catholiques du Manitoba, insi qu'en font foi, les lettres suivantes :
Winnipeg, 22 février 1896.
Au r'évérend Père Lacombe,
Université d'Ottawa, Ottawa.
: J'approuve pleinement votre déclaration écrite.
La loi est applicable, efficace et satisfaisante ; je l’approuve. Tous les évêques ét tous les véritables catholiques doivent l’approuver.
Notre vie est dans la loi; courage à vous et à Larivière.