ROGER MARION
Le 12 mai courant, dans un sermon prêché dans l’église de Laprairie, en face de Montréal, Sa Grandeur Monseigneur l’Archevêque du Manitoba, disait au sujet de cette loi :
“ Après six ans de souffrance, de persécution et d’oppression, la nouvelle nous arrive un jour qu'une loi va être passée à Ottawa, qui nous rendra nos écoles.
Je vais vous dire ce que je pense de cette loi et ce que j'attends de vous. Une loi a été proposée par le gouvernement d'Ottawa, c'était la loi réparatrice. Notre joie fut immense, l’on allait enfin nous rendre justice, c'était la consécration de deux principes : le principe des écoles et le principe de l'intervention du parlement.
Cette loi rétablissait nos écoles, la faisait sortir du tombeau, elle rendait enfin nos écoles telles qu’elles existaient avant 1890. Qu'est-ce qui constitue les écoles séparées ? Est-ce que cette loi ne nous donnait pas le contrôle des livres, n’établissait-elle pas des districts d'écoles catholiques ? Ne nous donnait-elle pas des inspecteurs catholiques et des écoles normales ? Ne nous donnait-elle pas le pouvoir de nous taxer et ne nous exemptait-elle pas des taxes pour le maintieu des écoles publiques ? Cette loi était donc la consécration du principe des écoles séparées.
Attaquer cette loi dans son existence c'était donc attaquer le principe même des écoles séparées,
La loi consacrait aussi le principe de l’intervention du gouvernement fédéral. Le Conseil Privé a déclaré que l’on pouvait en appeler au gouverneur en conseil. Le gouvernement a dit : à la demande de la minorité nous lui rendront ses écoles, et il a proposé cette loi réparatrice.
Donc la loi consacre l’intervention et nous, catholiques, nous pensons que les
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