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hoyens de conciliation sont épuisés, Nous avons fait des requêtes sans nombre, ous avons prié, supplié, et on nous a répondu : “ Nous n'avons rien à vous donner.” Vous mêmes, ainsi que tous les catholiques de la province, avez signé des pétitions, et ils ont encore refusé. Cette loi avait été reçue avec des cris de joe ; enfin nous allions avoir nos écoles, nous allions pouvoir vivre en liberté dans otre pays |
“ Hélas ! j'hésite à parler du triste évènement. Nous apprimes bientôt que . les catholiques au lieu de s’unir se sont divisés. MON CŒUR S’EST BRISÉ LORSQUE lAI VU DES CATHOLIQUES S’ALLIER A NOS ENNEMIS CONTRE CETTE LOI RÉPARA- RICE.
- Eh bien, il faut que vous sachiez à quoi vous en tenir. Cet loi était satisdisante pour nous avec les amendements qu’on pouvait y faire.
Cette loi était applicable et de nature à nous satisfaire. On aurait dû voter jour elle d’abord et l’amender ensuite. Voilà ce qui n’a pas été fait. JE Dis ALORS UE CEUX QUI ONT VOTÉ POUR CETTE LOI, CEUX QUI ONT APPLIQUÉ LE JUGEMENT DU CONSEIL PRIVÉ, ONT AGI COMME DE LOYAUX SUJETS DE SA MAJESTÉ. Ils ont i surtout comme de BONS CATHOLIQUES AMIS DE LA MINORITÉ MANITOBAINE,
On a dit que la loi n’était pas satisfaisante, c'était bien simple, il suffisait de amender et de l’adopter. Nos amis ont essayé de 1° faire. Nous en avons des “amis dans les deux partis qui ont dit : ‘ C'est une affaire de conscience avant tout. ’
On nous dit que la loi ne nous donnait pas de subsides. Il fallait en faire oter par la Chambre. CEUX QUI ONT VOTÉ POUR CETTE LOI SONT NOS AMIS. JE E PARLE PAS DE CEUX QUI ONT VOTÉ CONTRE, C'ESE A VOUS DE TIRER LES CON- LUSIONS.”
Dans les circonstances, messieurs, il est en effet, très regrettable que ce projet de législation ainsi approuvé par ceux qui l'avaient demandé, n'ait pas été adopté par la Chambre des Communes. Cette mesure de justice eût mis fin pour toujours à l'agitation malsaine que le fanatisme et l’ambitien font autour de ) cette question aux quatre coins du pays.
. Les députés qui ont voté contre ce projet de loi réparatrice, ont assumé une ‘bien grande responsabilité devant Dieu et devant le pays.
Devant Dieu, qui commande de faire pour les autres ce que l’on veut qu'il soit fait pour chacun de nous.
Devant le pays, qui souffre de cette injustice, maintenue contrairement au droit et à la constitution, contre toute une classe de citoyens loyaux et fidèles. “7
Oui, messieurs, les députés catholiques ont failli à un grand devoir de cons- . cience envers des frères qui avaient droit de compter sur eux dans la lutte qu’ils & soutiennent si vaillamment depuis six ans pour le maintien de leur droits : religieux et nationaux.
J L'p robation de l'autorité religieuse du Manitoba donnée à ce projet de loi
d'une manière si formelle et si claire, n’était elle pas suffisante pour engager tous les députés catholiques à appuyer la loi, et à s’unir pour en assurer l'adoption ? Mais non, l'ambition du pouvoir, l'esprit de parti et le fanatisme ont, cette fois enlore, étoufté le eri de la justice et la voix de la conscience, et tout a été perdu pour les catholiques du Manitoba. A l'heure qu'il est tout est à recommencer, car il faut que justice soit faite et que la constitution et les droits qu’elle protège soient respectés. Le gouvernement fédéral devra, dès la prochaine session, soumettre de nouveau au Parlement du Canada le projet de la loi remédiatrice en faveur des catholiques du Manitoba. C’est à cette condition-là seulement qu'il aura mon appui si je suis votre député.
J'ai confiance que le gouvernement ‘Tupper-Angers, tel que constitué, est décidé de rendre cette justice et qu’il possède l’influerice nécessaire pour mener à bonne fin cette œuvre de réparation. Mais s’il refusait ou négligeait de le faire, je vous déclare que je n’hésiterais pas un instant à voter sa déchéance.
La question soumise au jugement de l'électorat aujourd’hui est donc la suivante :
Les électeurs doivent-ils approuver ou blâmer le gouvernement fédéral pour avoir entrepris cette œuvre de réparation en faveur des catholiques du Manitoba à leur demande expresse et à celle de tout l’épiscopat du Canada ?
Il convient d'étudier cette question avec calme et réflexion, et a seul point de vue de nos intérêts religieux et nationaux, qu’elle affecte d’une manière si vive,
Il y a plusieurs autres questions que j'aimerais à vous exposer, mais le cadre restreint d’une lettre ne me permet pas de vous en parler aujourd’hui.
Espérant donc que vous ne me refuserez pas votre confiance et votre vote dans l'élection qui aura lieu le 23 juin prochain,
Je demeure, messieurs,
Votre obéissant serviteur,
RIVIÈRE DAVID, mai 1896. À
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