C. E. VAILLANCOURT
Comme vous le voyez, j'avais commencé la lutte contre M. Mercier avec Le concours et l’encouragement de M. Vaillancourt, La lutte terminée il me félicite de
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Cette ligne de conduite est la même que celle qu'il a tenue sur la question des écoles comme vous allez le voir.
Lorsque j'ai demandé aux électeurs du conté de Dorchester d'élire M. Y aillancourt, j'avais raison de eroire qu'il m'aiderait à travailler à la prospérité du comté. Mais loin de recevoir de lui le support auquel j'avais droit de m'attendre pour le progrès du comté, il n'a jamais ouvert la bouche en chainbre et n’a rien fait pour le comté. Je ne lui en fais pas un grand reproche, car je comprends qu'il n'a probablement pas été capable de faire mieux. Mais d’un autre côté, dans l'intérêt du comté, je désirerais avoir pour m'aider à Ottawa, un homme qui pourrait faire quelque chose et qui pourrait coopérer avec moi dans le travail que je fais pour le bonheur et la prospérité des électeurs du comté.
C'est pourquoi j'ai fait tous les efforts possibles pour tâcher de trouver un homme distingué qui ferait honneur au comté et qui pourrait m'aider. J'avais jeté les yeux sur les noms de deux hommes que je cr\yais capables de remplir le noble rôle que j'attendais du député fédéral de Dorchester: l'hon. M. Angers et l'hon. M. Caron. Il m'a été impossible d’avoir l'hon. M. Angers parce qu'il se présente dans Québec-Centre et qu'il est obligé de rester à Québec la plupart du temps vu qu'il à la direction de la lutte et l'orgauisation du parti. D'un autre côté l'hon Sir À. P. Caron était demandé par beaucoup de comtés pour être leur candidat, mais j'ai réussi par obtenir de lui, après avoir consulté un grand nombre de personnes, qu'il vint à se présenter chez nous, et il a finalement donné son consentement. Son choix à été ratifié hier à Sainte-Hénédine à l'assemblée que nous avons eue et il va maintenant commencer la luite. laura occasion de vous expliquer son programme qui peut se résumer en deux mots: Une politique fiscale dans l'intérêt
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bien entendu du pays et des cultivateurs et justice pour la minorité catholique du Manitoba.
Ce programme, qui est celui du parti conservateur dans la présente lutte, est destiné à triompher glorieusement au poil le 23 juin prochain, et j'espère que le beau comté de Dorch ‘ster, avec ses traditions illustres, sera dans la procession t'iomphale ce jour-là
Je n'entreprendrai pas de discuter ici d'une manière bien détaillée le questions de finance, de protection et de libre échange, Lorsque l'ancien gouvernement de 1478 était au pouvoir à Ottawa, il avait imposé des taxes sur toutes les choses les plus nécessaires à la vie. Le gouvernement conservateur a aboli les taxes sur le thé, le café, le sucre et autres articles de ce œenre, M. Vaillancourt vous dit que la protection vous appauvrit. N'est-il pas vrai que vous payez tous les articles que vous achetez aujourd'hui chez les marchands beaucoup moins cher qu’en 1878 du temps de M. Laurier. On vous dit que l'huile de chorbon, le clou, le coton et tout ces cffets-là paient des taxes énormes, N'est-il pas vrai que vous payez ces articles aujourd'hui beaucoup moins cher que vous ne les payiez alors ? Donc la protection n'a pas eu un si mauvais effet que le dit M. Laurier. Au contraire elle a eu l'effet de faire baisser les prix de tous les effets que vous achetez et en méme temps d'encourager les manufactures dans le pays et de ne pas sacrifier notre marché à celui des Etats-Unis. Ni nous remettions M. Laurier au pouvoir, les choses reviendraient comme elles étaient dans ce temps-là. Et quel est celui qui ne se rappelle pas la crise sérieuse que nous avons traversée à cette époque où la désolation et la pauvreté s'étendaient comme un suaire sur tout Le pays.
Le docteur Vaillancourt vous parle de scandales, de vols et de brigandage. Je sais parfaitement que tous les gouvernements, conservateurs ou libéraux, font des fautes, mais à quoi bon crier à propos de tout cela lorsqu'on habite une maison de verre. Vous vous rappelez que nous nous somines mis tous easemble en 1892 pour balayer comme par un véritable vent de tempête les hommes qui s'étaient fait bâtir des palais et des châteaux avec l'argent publie et qui sont encore les mêmes aujourd'hui, amis de M. Laurier et chefs de M. Vaillancourt.
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Ces gens là sont done bien mal venus à parler de brigandage politique et comime j'ai trop de confiance dans votre intelligence pour croire que vous les prendrez au sérieux, je n'insisterai pas d'avantage sur ce point.
J'arrive maintenant à la question des écoles, la plus importante que ee pays ait eu à décider depuis la Confédération.
Le gouvernement libéral de Manitoba a enlevé à nos co-religionnaires les écoles catholiques et il les a forcés à payer des taxes pour bâtir et maintenir des écoles protestant:s où leur religion leur défend d'envoyer leurs enfants [l'a fallu que le gouvernement conservateur, qui a été appelé à réparer une bévue comme celle-là, apporte un remède à cette outrageante infâmie. Depuis cinq ans les catholiques du Manitoba luttent pour leurs droitset, après bien de la misère, ils ont réussi à obtenir un jugement du Conseil Privé de la Reine d'Angleterre, déclarant que leurs écoles devaient leur être rendues. Ce jugement a été communiqué au gouvernement de M: initoba qui a refusé de s’y soumettre. Dans un cas comme celuilà la constitution de notre pays pourvoit à ce que ce soit le gouvernement fédéral qui fasse respecter le jugement du Conseil Privé et qui présente une loi pour réparer l’injustice commise.
Cette loi a été présentée, et les catholiques de ce pays ont eu la douleur de constater, pendant que des protestants comme Sir Mackenzie Bowell et Sir Charles Tupper, les chefs du parti conservateur, présentaient ane loi pour nous rendre justice, un atholique comme M. Laurier, qui est le ce hef de M. V aillancourt, s'opposait à ce que justice fut rendue, Il est vrai que le docteur Vaillancourt a voté pour ce Bill, mais il déclare partout dans le comté que le Bill était mauvais et qu’il ä plus confiance à M. Laurier sur la question des écoles qu'au gouvernement. M. Vaillancourt n’était donc pas sincère dans son vote, Nil tronvait le Bill mauvais pourquoi votait-il pour ? et s’il trouvait M Laurier meilleur que le gouvernemevt, pourquoi votait-il contre M. Laurier et ave: ‘> gouvernement ? M. Vaillancourt serait-il par hasard plus capable que Monseigneur Langevin et tous nos évêques ?
L'attitude de M. Vaillancourt sur cette question est
la même que celle qu'il a tenue à mon égard lorsqu'il m'engageait à combattre M, Mercier, qu'il me félicitait pour cela et qu'ensuite il m'a combattu sans raison. Encore là M. Vaillancourt a changé d'opinion, F parle d'une manière et il vote de l'autre. M Vaillincourt voudrait retourner en chambre pourmettre M. Lauriér au pouvoir, C’est à dire qu'il voudrait mettre au pouvoir un homme qui a sacrifié tous les droits des catholique. Cela nous donne une idée de la justice de M. Vaillancourt et de la confiance que l'on pent donner à ses promesses. Ce n'est pas difficile pour M. Vaillancourt de promettre qu'il votera pour le Bill des catholiques, earilne sera jamais appeis à remplir cette promesse si M. Laurier arrivait au pouvoir En effet M. Laurier est contre. les catholiques. Monseigneur Langevin a dit de lui qu'il avait trahi la cause des catholiques comme on peut le constater dans son télégramime si bien connu :
‘Aucun évêque ne diffère d'avec moi. Tous sont “extrémement sympathiques. Les catholiques qui “combattent le Bill trahissent la ininorité caiholique,”
À. D. LANGEVIN, Archevêque de St-Boniface,
Et c'est l'homme marqué au front du sceau de la trahison par l'archevêque de Manitoba que M. Vaillancourt veut mettre an pouvoir ?
Ce chef de M. Vaillancourt a eu la chance de revenir de son erreur, de se soumettre au mandement de nos évêques, Il ne l’a pas voulu. On lui a présenté à la grande assemblée de St-Raphaël, comté de Bellechasse, une déclaration qui se lisait comme suit :