‹ Aux flancs du vaseChapitre 3 sur 20 · LA BULLE · texte numérisé non relu

LA BULLE

Bathylle, dans la cour où glousse la volaille,

Surl'écuelle penché, souffle dans une paille ;

L'eau savonneuse mousse et bouillonne à grand bruit,

Et déborde. L'enfant qui s'épuise sans fruil

Sent venir à sa bouche une acreté saline.

Plus heureuse, une bulle à la fin se dessine,

Et, conduite avec art, s'allonge, se distend

Et s'arrondit enfin en un globe éclatant.

L'enfant souffle toujours ; elle s'accroît encore ;

Elle a les cent couleurs du prisme et de l'aurore,

Et reflète aux parois de son mince cristal

Les arbres, la maison, la route et le cheval. . .

Prête à se détacher, merveilleuse, elle brille ! L'enfant retient son souffle, et voici qu'elle oscille, Et monte doucement, vert pâle et rose clair. Comme un frêle prodige étincelant dans l'air ! Elle monte. . . Et soudain, l'âme encore éblouie, Bathylle cherche en vain sa gloire évanouie. . .

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