II PROGRAMME DU CLERGE ET DU PEUPLE DE FRANGE
appel au travail sera entendu et que nos indications aideront quelques âmes généreuses à accomplir ce travail de conquête qui s'impose nécessairement à tout homme clairvoyant.
Mettons-nous sans retard à l'œuvre, car l'homme ennemi depuis longtemps travaille avec acharnement et, si nous n'enrayons pas sa funeste influence, il aura bientôt tout saccagé de ce qui faisait notre gloire et notre honneur, notre paix et notre bonheur. La persécution sévit implacable, inlassable ; elle nous impose des devoirs nouveaux, pénétrons-nous bien de ces deux vérités avant d'étudier dans le détail les moyens qui s'offrent à nous de collaborer au travail nécessaire.
Beaucoup de Français, depuis vingt ans, ne voulaient pas croire à la persécution religieuse. Ils peuvent constater aujourd'hui que nos prévisions sont dépassées par la réalité et que l'événement est bien autrement redoutable que la prophétie. En présence des blessés, Jeanne d'Arc s'écriait : « Je n'ai jamais vu couler sang de Français que les cheveux ne se dressassent sur ma tête. » Le même sanglot éclate sur nos lèvres, à la vue de tant de Français catholiques indignement traités, chassés de leur domicile, dépouillés sans jugement de leur propriété légitime, victimes des brutalités les plus éhontées.
On nous prend tout : le budget des cultes qui nous était dû en stricte justice, — et les biens charitables et scolaires que nous avions acquis depuis cent ans au su et au vu de l'État, avec l'autorisation et sous la tutelle de l'État, — et les églises que nous avons construites avec l'argent des fidèles, et dont on nous laisse seulement la jouissance, et quelle jouissance ! — et les presbytères, non seulement ceux