XXII LES DEVOIRS DES CATHOLIQUES
le tract, par le bulletin paroissial. Tout cela ne suffira pas à leur zèle, à leur esprit d'initiative et de dévoue ment. En présence des misères matérielles et morale? de notre civilisation décadente, ils ne voudront pas se borner à un rôle purement négatif qui ne comporte que des protestations et des anathèmes; ils travaille ront efficacement au relèvement et au bien-être du peuple chrétien par des réformes sociales légitimes et possibles; ils susciteront autour d'eux la création d'un patronage, d'une crèche, d'un fourneau économique, d'un cercle, d'une école ménagère, d'une mutualité, d'une coopérative, d'une caisse rurale ou dotale, d'une ligue anti-alcoolique, d'une société d'habitations ouvrières à bon marché. Que sais-je? A côté des œuvres purement surnaturelles qui ne s'adressent qu'aux âmes, ils feront germer les œuvres sociales, les œuvres de charité et de justice, qui, à cette heure môme, aux États-Unis, en Allemagne, en Belgique, en Italie, procurent aux humbles et aux petits un sort meilleur et au catholicisme une renaissance merveilleuse. Allez au peuple, prêtres de Jésus-Christ, mêlezvous à lui, ressaisissez son âme en vous intéressant à sa vie, dissipez ses préjugés et démontrez-lui par des faits, par des actes qu'on a tort de vous prêter de noirs desseins, que vous êtes de bons Français et de vrais amis de votre siècle, ne demandant la liberté de vivre en paix que pour avoir la possibilité de faire le bien !
LES DEVOIRS DES CATHOLIQUES XXIIl
Le clergé fera son devoir. Catholiques, vous ferez le vôtre. Ici nous voudrions n'oublier personne et faire comprendre à tous ce que nous attendons de leur droiture et de leur bonne volonté.
Nous nous adressons d'abord aux catholiques pratiquants et nous leur demandons de défendre TÉglise par la parole, et surtout de Tédifier par leur exemple et de la consoler par leur dévouement. Une religion purement cultuelle et superficielle n'est plus de mise aujourd'hui; nos pratiques religieuses n'ont de valeur et d'efficacité qu'autant qu'elles sont vivifiées par de profondes convictions et accompagnées de vertus sérieuses. C'était à Lyon, en l'année 177. Pour persécuter les chrétiens, on les accusait des crimes les plus infâmes. Une jeune esclave, Blandine, était livrée aux bourreaux qui épuisaient sur elle tous les tourments. Et l'admirable enfant n'avait qu'un mot sur les lèvres, un mot quelle répétait sans cesse, qui faisait pâlir ses juges de terreur et de colère. Elle disait : « Je suis chrétienne, et il ne se fait aucun mal parmi nous. » Catholiques, prenez ce mot pour devise, prononcezle souvent, et opposez-le victorieusement à toutes les clabauderies des ennemis de Dieu et de la religion : « Nous sommes chrétiens, et il ne se fait aucun mal parmi nous. » De tout temps il y a eu dans