H 6 IL NE FAUT PAS LIRE
tit l'imagination comme les peintures lascives ou simplement risquées. Le journal exerce une influence presque sans bornes. Il parle tous les jours à des milliers de lecteurs dont il forme imperceptiblement l'esprit et le cœur. La presse façonne le lecteur à son image, surtout si elle est quotidienne, surtout si elle est mauvaise.
Et puis, chrétiens et honnêtes gens que nous sommes, avons-nous le droit d'encourager, de payer, de faire vivre et prospérer la presse irréligieuse et immorale? Avons-nous le droit d'entretenir avec notre argent la caisse de ceux qui outragent tout ce que nous vénérons et aimons ? N'est-ce pas là une sorte de trahison? Les mauvais journaux seraient beaucoup moins florissants, s'ils ne comptaient pas tant de lecteurs parmi ceux qui se nomment conservateurs et qui passent pour catholiques. Nous savons bien que les honnêtes gens et les chrétiens qui achètent un mauvais journal n'ont généralement que l'intention tout à fait innocente de se renseigner et de s'informer; nous ne suspectons pas leur intention qui peut être droite, mais nous blâmons leur conduite, leur insouciance, leur imprudence qui est souverainement déplorable ; nous disons qu'en donnant leur sou pour acheter un mauvais journal, ils alimentent le budget de guerre de la secte
franc-maçonnique et qu'ils font le jeu des ennemis de la religion. Aussi nous voulons indiquer brièvement et clairement les devoirs qui s'imposent à la conscience de chacun :
1° Il est défendu de s'abonner à un mauvais journal ou d'y abonner une autre personne. On coopère par là à la diffusion de la mauvaise presse, à son succès, et l'on se rend complice de l'épouvantable intoxication qui démoralise notre pays.
2° Il est défendu d'acheter et de lire un mauvais journal. Et par mauvais journal nous entendons toute feuille contraire à la foi ou aux mœurs, toute feuille même qui, sans être réputée mauvaise et sans paraître telle, exerce cependant une inQuence malsaine sur celui qui la lit et l'expose au danger d'offenser Dieu gravement. Dans le doute, si un journal est bon ou mauvais, il n'est pas permis de le lire sans avoir consulté une personne absolument sûre.
3** Il est défendu de laisser, avec intention ou par négligence, un mauvais journal à la portée des personnes de la maison. Les parents ont le devoir de préserver leurs enfants des productions malsaines de la presse quotidienne, et les maîtres et maîtresses n'ont pas le droit de laisser ces productions tomber dans les mains de leurs subordonnés, serviteurs et servantes. Les supérieurs