‹ Aux hommes travail nécessaireChapitre 46 sur 88 · IL NE FAUT PAS LIRE · texte numérisé non relu

IL NE FAUT PAS LIRE

responsabilité! Gomment une mère, une sœur aînée veut-elle interdire à son entourage une lecture qu'elle se permet à elle-même et qui a Fair de l'intéresser si vivement? On suivra, neuf fois sur dix, non ses conseils ou ses ordres, mais son exemple. Sur le sujet qui nous occupe, beaucoup de personnes, même catholiques et quelquefois pieuses, se font une fausse conscience. On fréquente des bibliothèques publiques ou des cabinets de lecture qui ne sont pas notoirement irréprochables ; on achète de mauvais livres, on les garde chez soi, on les lit, on les prête; avec intention ou *iar négligence on les laisse à la portée des enfants, des domestiques, des visiteurs; et Ton se montre plus imprévoyant encore, moins scrupuleux quand il s'agit de publications illustrées, d'écrits périodiques, de revues, de journaux. Quelques développements sont ici nécessaires.

II. Il ne faut pas lire les mauvais journaux. Chose étonnante ! Les impies et les vicieux ont bien soin de ne pas lire des publications catholiques et honnêtes, tandis que les braves gens, avant d'acheter un journal, se demandent rarement ce qu'il vaut; ils achètent et lisent tout, ou à peu près; dans les rues, sur nos places, en chemin de fer, on voit fréquemment la feuille impie

et nauséabonde entre les mains de lecteurs qui sont les amis et les défenseurs de la religion et de la morale; on voit des catholiques notoires acheter et lire sans broncher les journaux les plus hostiles à leur foi et les plus lestes au point de vue des mœurs; on les voit même, lecture faite, passer ces feuilles à leurs voisins ou les laisser sur la banquette d'un wagon pour devenir la proie de malheureux qui s'inoculeront ensuite le poison. Et cela avec la plus sereine inconscience. Une telle conduite est doublement blâmable, car elle porte préjudice à Pâme du lecteur et à la bonne cause. Ce n'est jamais impunément que l'on s'imprègne d'une littérature légère, corrompue, sceptique ou franchement impie. Tout ce que nous avons dit du danger des mauvais livres s applique à la lecture des mauvais journaux. Étes-vous assez instruits de votre religion pour pouvoir toujours discerner Terreur de la vérité? Etes-vous assez afïermis dans la foi pour ne pas la laisser entamer par les insinuations, les sarcasmes, les calomnies dont elle est l'objet? A force de fréquenter les journalistes irréligieux, on s'expose fatalement à entrer dans leur esprit, à épouser tous leurs préjugés et à partager leur incrédulité. Et il faut dire la même chose des journaux licencieux. Rien ne trouble la sensibilité et ne perver-

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