‹ Aux honorables membres du Comité catholique du Conseil de l'instruction publique [microforme]Chapitre 6 sur 10 · FONDS DE RETRAITE DES INSTITUTEURS · texte numérisé non relu

FONDS DE RETRAITE DES INSTITUTEURS

J'arrive, Honorables Messieurs, à la derniere question que J'avais à vous soumettre: le fonds de retraite des Enstitutours. J'en parlerai très brièvement, me renfermant dans Les limites d'une simple observation sur un point qui aflecte plus spécialement notre Communauté

Vous ne pouvez ignorer de combien de récriminations cette lot a été l'objet : on devait naturellement Sy attendre, puisqu'elle est une de celles qui, méme avant d'étre soumises au Cons'il de l'instruction publique, ont été poussées devant les Chambres ave: une fiévreuse activité

On .‘étonnait des principes dangerenx que renferme cette loi. Les uns v voyaient la mise de F'instituteur sous la tutelle de F'Etat : elle fait de Jui, selon eux, un ‘fonctionnaire; ve seul terme est fort suspect, puisqu'il remonte à la Convention nationale

L'expérience des nations européennes semble n'étre pas assez comprise. Tandis que les catholiques de Franctet de Belgique font des efforts inouis pour rendre à eux-mêmes Jes instituteurs dont la Révolution s'est violemment emparée pour en fure des * fonctionnwures publics, ei, en Canada, où l'instituteur jouit encore, graves à Dieu, d'une certaine Hberté, on s'apprète à lu forger des chaines en l'attachant à l'Etat qui peut, d'un moment à l'autre, sous l'influence des courants politiques, passer de l'esprit conservateur aux idées libérales et méme démocratiques.

Selon d'autres, cette loi porte atteinte à la justice en violant x Hberte individuelle et en lésant des intérets multiples

De droit naturel, chacun peut disposer librement de ce qui lui appartient ; ce principe élémentaire n'existe plus pour l'instituteur, que la loi dépouille forcément d'une partie de son salaire. Une telle tutelle ne fait honneur, ni à l'esprit de prevoyance et d'économie du “fonctionnaire, ” ni à l'Etat qui

serait ai cable sous les Coups du ridicule et di la réprobation publique si, sous

par NN SNS. les Eveques et patronnée par l'Ere

prétexte de pourvoir aux besoins de leurs vieux jours, il s'avisait de retenir un percentage sur les honoraires des médecins, sur les salaires des cuisiniers et sur les gages des domestiques ?

Cette loi semble, en outre, préjudicier aux instituteurs et aux institudices qui, pour raison de santé où autre, discontinuent l'enseigaement avant dix ans d'exvreice: aux connumuités religieuses, en ce qu'elle prélève sur certains fonds un percentage dont une répartition équitable Les eut fait bénéficier.

Voilà, certes, des observations d'une portés fort grave et qui expliquent assez pourquoi, tandis qu'un groupe d'instituteurs urgent la passation de cette loi, la majorité en demande le rejet en bloc, Mais, Honorables Messieurs, 1l est un article qui a échappé au publie et qui n'est pas sans importance pour les Communautés religieuses. Cet article est ainsi conçu :

# À compter de l'âge de dix-huit ans, es années écoulées dans l'enseignement ou en qualité d'élèves des écoles normales, sou comprises duux le compte des années de service, lors de la liquidation des pensions de retraite. 7 (1)

Cet article est quelque peu équivoque : en voici l'interprétation la plus autorisée, celle des auteurs mêmes (?) de la loi: * L'intention de la loi n'est pas d'obliger les membres du elergt catholique romain où des autres d'nominations religieuses, non plus que les corporations religieuses catholiques à contribuer à un fonds de retraite doat ils n'ont pas besoin, étant toujours assurés d'avoir une existence honotable pendant leur vieilless:

* Les religieux faisant partie des communautés ensgnantes, qui n'auront fait que des vœux simples, pourront, en donnant au Surintendant la preuve qu'ils ont quitté leur communauté avec l'assentiment de leurs supérieurs et sans y avoir été obligés pour cause de mauvaise conduite, bénéficier des avantages offerts par la présente loi, S'ils continuent à enseigner après avoir obtenu un diplome. Dans ces cas, les années pendant lesquelles ils auront enseigné dans la provinee de Québec, comme membres de ces communautés, leur seront comptées. 7 (3)

Un tel article atteint Les Communautés relisieuses à un double point de vue: en restreignant, pour le bénéfice de la retraite, l'exercice de l'enseignement dans la seule Province de Québec, ilerée des entraves pour le placement des sujets : en faisant compter, pour la même fin, les années de vie religieuse, il incite à l'infidélité à la vocation. Nans doute une Communauté fait une petite perte lorsque s'échappent de son sein des âmes plus sensibles aux appats de la nature qu'à l'appel de Dieu; mais enfin, Honorables Messieurs, est-ce saxe à un législateur de tendre des pièges sous les pas de l'humaine fragilité ? ri 1) Rapport de la Commission de refonte des Statuts Généraux de la Province {de Québec, Titre VT, "e oo “ Le projet de loi est l'œuvre des deux conferences Laval et Jacques Cartier, qui l'ont examiné et discuté à deux reprises différentes. (Journal de lastruction publique, No. 12, ler décembre ES8D)

(2) Journal de l'Instruction publique, No, 3, Ler Mars 1881

LA

Toute cette loi sur le fonds de retraite demauderait une étude sérieuse,

approfondie, et, avec les instituteurs protestants, on est étonné de la voir présentée et votée à la Législature, comme tant d'autres lois importantes sur l'enseignement, sans avoir été préalablement étudice à fond par le Conseil de l'Instruction publique L'empressement presque fiévreux ave: lequel où la pousse de l'avant commande la plus grande réserve, car une loi vraiment utile ne s'extorque ni ne S'umporte d'assaut

En terminant ma note déjà longue, Honorables Messieurs, vous me permettrez d'en faire un rapide résumé, élargissant un peu le cerele afin d'encadrer certains faits qui, quoique étrangers en apparence à CCUX que Jai cités, S'y rattachent mtimement quant au principe qui les inspire et quant au but vers lequel ils convergent. Ce sera une revu: h'onologique des épisodes les plus capables de faire comprendre et sentir notre vraie situation pédagogique.

Vers 1870. MM Jes Cominissarres d'écoles de Mosgtréal, a’cédant aux désirs de la paroisse Nt Vincent, nous promettent l'école rune Fullum. Nos Frères s'apprétent à y entrer: le directeur, les professeurs sont nommés, le mobilier de la communauté est acheté, ot, à la veille de ia rentrée, nous apprenons qu'elle est remise aux instituteurs laiques. Comment ce reviremint soudain s'est-il opéré ? Notre historique dit: par liuflaence dé hauts p:rsonnages.” Peut-être que le Rev, M. Rousselot, qui était alors et qui est encore président des Commissaires d'écoles, pourrait fournir quelque lumière sur ce point obscur.

Ce fait créa un certain malaise parmi la population qui vit dans les maitres laiques non des émules du religieux, mais des rivaux. Ni on en juge par les journaux de cette epoque, les esprits étaient assez échauffés, puisque, en IST4 M Lacroix, dans une conférence à l'Ecole normale Jacques Cartier, cherche à justifier les maitres luques des sentiments hostiles qu'on leur prête contre los Freres des Ecoles chrétiennes,

- En 1876, s'établit, par un Bill vote 4 la vapeur et dans une demi-ombre, le Dépot de livres d'où sont éloignées ous les ouvrages classiques des Frères des L'oles chrétiennes

En 178, le Conseil des Arts ct Manufactures approuve le * Manuel de dessin industriel” de M. Oscar Dunn et repousse notre “ Cours de dessin ‘ dont l'usage demeure interdit, méme dans nos écoles, malgré la recommandation de Mer de Rimouski, adoptée par le Comité atholique.

En 180, Les faits se multiplient

C'est le Bi de juillet préparé on ne sait par qui, voté on ne sait comment, Bilon “des clauses ont été introduites à l'insu de M. le Surintendant et des membres du Conseil," qui tend à froisser surtout les communautés religteuses, "à nuire considérablement aux auteurs des ouvrages déjà approuvés et aux Hbraires, "à étouffer la louable émulation entre les institutions dans le

choix des Hivres et, entre les auteurs, dans] uméloration des livres et des mé-

thodes ": Bill d'une sévérité inconnue en France, en Belgique, en Prusse, ete. où le choix des livres oct Tuissé à instituteur: Bill enfin qui donnerait naissale à ti monopole odieux et peut-être à des spéculations scandaleuses. (1)

— Cest le refus d'approbation de notre double série de livres de lecture en français et en anglais. Cependant le Comité, présidé par Mer l'Archevéèque de Québec, à recommandé toute Fa série, qu'il déclare “bien graduée et recommande l'approbation de la série française,”

— C'est, à Montréal, Pultinatum de M. Archambault à nos Directeurs de Ste Briside et du Nacré-Cœur pour li mise à exécution, dans nos écoles, du Bill dont il vient d'être question. M. le Surintendant local m'écrit le 18 août 1S8S0:

+ Montres cher Frere,

“Je suis chargé par le Bureau des Commissaires d'Ecoles catholiques de Montreal de vous transmettre la résolution ei-jointe, adoptée à la Séance du 10 murs 880, et de vous assurer en méme tempsque vous pourrez enseigner toutes Les matieres du cours d'études, dont j'inclus iei une copie, avec vos livres et vos méthodes.

Pour suivre notre méthode de dessin, il nous faut quelques planchettes : le frere Directeur de l'Académie du Nacré-Cœur en demande à MM. les Commissuires qui répondent :

# Monsieur le Directeur de l'Académie de garcons du Nacré-Cœur demande douze grandes planchettes et trente petites pour l'enseignement du dessin linéaire.

Résolu, —-Que cette demande ne peut-etre accordée et que Les RER. Frores sont priés d'adopter la méthode de dessin industriel dé Smith, en usage dans les autres écoles sous son controle, et qui ne réclame pas un outillage aussi dispendieux. ”

— C'est enfin l'Exposition de Montréal où lon vit se produire les faits étranges dont le Canada entier a été édifié pendant quelques mois. Inutile, Honorables Messieurs, de raviver ces tristes et douloureux souvenirs d'un prétre accusant publiquement une communauté innocente et que, eut-elle été coupable, il aurait du couvrir du manteau de la charité chrétienne.

- L'année IST voit paraitre un nouveau Bill dont l'origine est aussi inconnue que celle du Bill de l'année précédente, dont la passation est aussi mystérieuse et dont l'esprit est aussi hostile aux institutions religieuses, Ce Bill, arrêté à la Chambre, grâce à l'alarme jetée par des catholiques vigilants, reparaît encore à la sournoise en ISS2 et subit un nouvel échec. Qu'on lise attentivement les trois Bills de 1880, IST et 1882 et on saisira facilement dans

Qt) Rapport du Surintendant de l'instruction publique de la Province de Québec, anuce T85u-1880:

xs

lus trois les mêmes principes, les mêmes vues et le même but: la guerre à l'ensejo nement congre anis te Len 1882, M le Surintendant, à Quebec, aupres du frère Aphraates et M

PS. Murphy. à Montréal aupres du frere \inold, cherchent, à laide de mé-

dalles et de PI'OMICSSOS, 4 soulevée Fechec de cette tentative sutirait à justilier quelque

se créer des svinpathies parminos chers frères. La

{eupéte Qui doute sur la pureté d'intention de ces Messieurs. Nous leur sommes certaine: ment tres reconmaussants des encouragements qu'ils nous accorde nt; mais, com-

bien Le serions-nous davantage, St ces offres oracireuses étalent aCCONMpPaLsTnees

d'actes qui nous pernissent de nous devouer sans entraves à l'éducation chré-

tienne de la jeunesse!

l'endant ces dernieres annees, notre maigre salaire de $200, par mattre et

Dir all. OS allé « hudque année s'uil ublissant, soit par la dninution de l'alloca-

flon, SOI par la retenue du 5 0/

Nous voyons egalement une répartition fort arbitraire des deniers pre

blies: aux écoles nonuales, qui donnent peu de maitres à l'enseignement, es

accordée la somme énonme d'un maillon et demi de plastres ; à notre cours normul. dont tous les éleves embrassent et poursuivent toute leur vie la carrière de l'enseignement, est accorde, une fois pour toutes, Et sonnme modeste de

SU \leme Svstenne 4 Moutre il chu / \] \l lus Comimissaires d'éi oles : des Pit-

| peu d'air et de lumiere dois les ecoles, maigre salaire pour les maitres (1) et pas

lais splendides, des salures plontureux pour MM. les Instituteurs ; pour nous,

de planchettes pour Le dessin voir ces choses en détail dans le Rüpport de la Cominission roy ali

- Cette Commission, qui stegeu tout Fhiter de TSK2R5, fournit à chacun l'occasion d'exprimer sa pensee sur l'organisation scolaire de Montréal, Mus par un désir sineére de li paix avec tous, nous gardames à l'égard de MM. les Commissaires et de MM les Instituteurs la plus grande discrétion : pas une phunte, pas un blame ne s'échappa de notre bouche, bien que nous eussions pu Signaler des faits nombreux de partilite dont no: écoles et nos maîtres avaient eu à souffrir. Maloré notre extréme réserve en cette cireonstance, nous ftunes écoles et maitres, l'objet des plus mustes accusations; quatre Messieurs se si enalerent dans cette siigubere conpagn

M PK Murphy, qui ni'secusa d'avoir écrit dans le * Monde” contre

) Eu X2, lex ecoles eo titi isseront de fuit sous le contrôle de MM. les Commis

: S Messieurs du Séminaire pu nt néanmoins cette année encore Le salaire des maîtres qui ne fut u la charge de MM. les Commissaires que | e suivante. M PONS Murphy avait promis au frère Arnold

S200 par maitre: méme promesse d du Rev M Rousselot au Rev. M. Hegan. Or, vers le 20 août EH

M les Connnissaires se rénnissent et fixent not lai 200 seulement, sins méme payer le frère écono-

me, Len resolntion ne me fat notitiée que hi dire l'avant ie jour de La rentrée. Les Ru, MM

Hoi i NES LT es d'une te onduit ‘ se plaindre an Rév M Rousselot qui ne se rappela

Lcependant + Coma pu votercnt de salaire du frère économe et nous

hi

MM. les Commissaires, chose dont un Évéque, dital, m'avait fortement blimé au Conseil de Fnstruction publique; qui aceusa nos maitres d'incompétence à former Ja jeunesse. apres mon expérie nee, M. le Président, ditl, Fenseienement donné par les ordres religieux est ineoimpétent à préparer Les enfants aux combats de la vie, (1)

- M. J Grenier, aussi Commissaire d'écoles, qui n'a jamais vu nos classes, ni de pres ni de loin, et qui, en qualité d'homme d'affaires,” leur préere F'Acadénne du Plateau. Cetémoin déclare que sion prend dés profess ours à $400 par années ou des freres à K200, ça sora plus économique, mais ça ne donnera pas satisfaction au publié éclairé. 7) On se demande quelest ee publie éclaire" qui repousse aujourd'hui un maître portant la soutane: demain, ee maitre échangera sa soutane contre une redingote, et donnera satisfaction à ce publie éelairé Ce publia ne semble pas éclairé par la lumiere de FEvangile.

- Le Rév. M. Lesage, qui se plaint de notre administration et qui nous laisse au tribunal de Mer de Montréal avec une affaire laquelle, connue du publie, ne ferait honneur ni à son administration ni à son caractere.

— Etle Rév. M. Verreau, qui a porté un témoignage où il ne soupçonne pas avoir rien dit de préjudiciable à notre Institut et pour Ha justification duquel il a été demander l'hospitalité jusque dans les colonnes dé Rt Patrie!

M. le Principal débute en disant qu''ilest engagé dans Fenseignement depuis 1848, Directeur de FEcole normale depuis 1857, et termine par ee mot étonnant : Je ne sais pas si, à Montréal, l'éducation donnée par les Freres est moins dispendieuse que celle donnée par ies laiques. 7 Après vingt-six ans de séjour à Montréal comme Directeur de l'Ecole normale, apres les révélations faites devant la Commission royale, Mile Principal ose nous dire qu'#ilne sait pas si, à Montréal, l'éducation donnée par les Frères est moins dispendisuse que celle qui est donnée par les Huques Nous l'engagcons à Hire le Rapport de la Commission rovale.

L'attitude de ces quatre témoins a été comprise du publie, et Fhonorable M. Roval a parfaitement résumé en ces mots l'impression générale: Personne ne peut le nier: c'est Fensetonement par les religieux prétres et frores, qui est trouvé mis en cause devant la Commission d'Enquête tenue à Montréal hiver dernier, 7 (0)

Au Bas-Canada, on tire les mémes conclusions qu'au Manitoba. * La Commission royale, m'écrivait l'an dernier le Président d'une Commission scolaire, a eu pour eflet d'augmenter le nombre des personnes qui erotent que les religieux saturés d'ascétisme et vivant comme dans un monde à part ne sont

1) ÆLrendurd, 20 février T883 2) Etendard, 5 mars 1885 () La lou Canadienne. octobre Ses

Q,) pas les plus propres à laçonner la jeune intelligence pour la vie pratique,-la

conviction chez beaucoup de parents qu'il y a dun de la garantie de competence des institu-

ver à se laisser dépouiller au

nom des immunites eeclestastiques

tours exprimée pit Un diplome Ces paroles [Lonorables Messiours, ne vous semblent elles pas un écho

du Palais-Bourbon Depuis ce temps, M: PSN Murphy et M le President ont du apprendre

que le Rapport de li Conmission royale a eu un tout autre cflet que de constater l'interiorte des ‘'inaitres satures d'ascétiqme et vivant comme dans uu

monde à part

Entin, cette animée, nous présentons à l'approbation nos deux Cours de Langue française et F'istotre élémentaire du Canada On nous refuse poliment sous un prétexte Qu'on he trouva pont pot MM. Duun et Montpetit et pour

des raisons que J'attends depuis quatre mois, afin de continuer l'impression du Cours superieur

Telle est. Honorables Messieurs, Hi situation onu se trouve notre Congrecation vis--vis du Département de lastruction publique. Cette situation, je ne la crée pas, je la révèle: je n'invente pas les fuits je les constate pour notre légitime defense, Je ne me suis dévidé à vous entretenir de ces choses qu'après mures réflexions et dans Le seul but de promouvoir les imteréts de l'éducation chrétienne confiée à votre solheitude Femme suis efforcé de le faire sans amertune, laissant Les faits parler par euxemémes: non sans une profonde tristesse, en voyant nos écoles et nos maitres de ce cher Canada, pourtant encore si chrétien, objets, dans un certain monde, des memes preventions et des mêmes trucasseries que dans notre malheureuse Mere-Patrie.

Mes tristesses et mes craintes, c'est à vous, Honorables Messieurs, que je viens les confier, Ni prolondes qu'elles soient, elles sont cependant dominées

par l'espérance, et ce mot si doux sera ma CONCLUSION

Je prie respectueusement et tres instinment les Honorables Membres du Comité catholique du Conseil de l'instruction publique

19 D'approuvei ;

Notre ‘Cours de dessin” présenté en 1878 par le cher frère Armin-Victor,

Notre double série de livres de lecture, présentée en 1880 par le cher frere Aphraates,

Notre * Cours de Langue française —Cours élémentaire et Cours moyen, livre du maitre et de l'élève, et l'Histoire du Canada”, cours élémentaire, présentés cette année par le soussigné.

*) # » 0 . : nl . | | 20 D'accorder à notre Cours normal un subside qui nous aide à suppor-

ter la charge énorme que nous imposent l'éducation de nos jeunes gens, l'entrotien de nos vivillards, le soin de nos malades, ete.

’o De faire modifier l'article dénoncé de la loi sur le fonds de retraite, article qui peut être un piege pour les âmes moins aflermies,

En accédant à ma premiere demande, le Comité catholique donnera un puissant encouragement à tous nos maitres qui travaillent à l'anlioration de nos livres et de nos méthodes.

En accédant à la seconde, ilaccomplira un acte de justice qui nous permettra de fournir un plus grand nombre de maitres religicax à l'œuvre si importante de l'éducation.

En accédant à la troisieme, 1lenlevera une pierre d'achoppement à quelques mes qui pourront, Dieu aidant, atteindre au terme de la carrière dans la vie d'abnégation où Notre-Seigneur les a appelées.

Enfin, par cette triple faveur, il dissipera le nuage de préventions qui se orme autour du Département de l'fnstruction publique et arquerra un nouveau titre à la gratitude de notre Congrégation tout entière et spécialement de celui qui a l'honneur d'etre, avec un très profond respect,

Honorables Messieurs, Votre tres humble et tres obéissant serviteur, FRE RÉTICIUS,

Visiteur-Provincial.

Montréal, le 14 Septembre 1SS4

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