DIEU EXIQ% W NOUS PES HOMMAGES
Un premier être , nécessaire , créateur de toua les êtres , par qui l'homme a commencé d'exister ; la bonté, la providence de ce premier être envers lai; l'ame immortelle qu'il lui a donnée . et qui lui assure une vie future avec des récompensei» ou des cbâtimens , sont des vérités qui constiti^ent dés liai-» sons y des relations entre Dieu et Thomme.. L'enfant a des rapports natui;els avec le père , Içs sujets ont des rapports naturels avec le souverain ; et ces rapports constituent la famille et la société. Ce qu'on nomme culte, religion , est la société de Dieu et de l'homme , société qui s'établit par les jpjmmages que nous rendons à Dieu ^ et que Dieu exigé de nous.
N'ést-il pas dans Tordre ^ en effet, que des^tres qui doivent tout à un autre , tout jusqu'à l{i vie et à la conservation de la vie , lui rendent hommage par la soumission , par la gratitude, par l'amour , par la confiance? Or, Dieu veut nécessairement ce qui est dans l'ordre. Il exige donc de nous les hommages de la religion , quoiqu'il n'en ait aucun be« loin. De plus, Dieu, infiniment parfait j ne |)eut agir que pour une fin digne de lui ; rien- n^est di* gne de lui que lui-même ; c'est donc pour lui-même
(74) qu'il a crée Thomme, et qu'il lui a donné les nobles fjOicultés qui le caractérisent. Ces facultés, l'homme doit donc les rapporter à Dieu , lui en faire homr pnage; et Dieu ne peut pas Yen dispenser : car s'il le dispensait de remplir 1^ fin de sa création , Dieu l$erait-il infiniment sage?
Mais riiomme est esprit et corps, et il doit à son préateur tout son être ; les hommages que Dieu exige de lui doivent donc revêtir des formes ex ter rieures. ISous sommes , d'ailleurs , tellement faits que nous manifestons involontairement les senti* mens dont nous sommes affectés , et que npus avons besoin de signes pour entretenir, dans notre coeur, le respect et l'ampur de |a Majesté invisible: Pex-r périeBce prouve que les sentimens religieux s'affaî-^ Missent et s'éteignent enfii^ chez ceux qui demeurent entièrement étrangers aux formes extérieiu'es du, culte. ^
Dé plus. Dieu a fait les bommes pour vivre en société: il a vouUi qu'ils s'aimassent , qu'ils vécusn sent ensemble comme membres d'une nombreuse famiille^ et cpmme enf^ns dW même père. H faut donc qu'ils puissent s'édifier, s'encourager les uni* les autres à leurs devoirs envers Dieu , louer erisemi-f ble ce père commun , lé remercier ensemble des biens qu'il répand sur leur société, Ces choses de» mandent des assemblées , des prières communes ^ des signes communs pour exprimer les mêmes sen^" timens. Il faut donc que la société humaine ait ua ç\}\te public qui. soit comnie là conimunicatio|i[ rç^
(15) ^iproqae du culte intérieur des membres qui 1^ composent. 11 est, d ailleurs, évident que,- sans la pulte public, la religion disparaîtrait bientôt deu-î Ire les hommes , tu dégénérerait da^s Iz^ multitude en grossière super3ti|;ion.
Nous devons dqnp à Dieu des hommages intérieurs, extérieurs et publics; et les premiers sont la base et le fondçment des autres.
Le culte- intérieur que nous devons à Dieu , et qui n'est que le rapport au Créateur de l'intelligence et de la volonté qu'il a misç en nous , renferme pécessairement une disposition constante à lui so.u-i mettre tout ce que nous sommes en tout ce qui lui est agréable; par conséquent à lui soumettre notre cœur , s'il lui plaît de nous imposer des préceptes positifs , et notre esprit ^ s'il lui plaît d'en exiger rbommage par la cro.yance de certaines vérités supérieures à notre faible intelligence : vérités dont la révélation- ne peut que donner à l'homme une grande idée de la science infinie, de Dieu devant laquelle sa débile raison est olbins qu'un rayon de, lumière devant le soleil ; vérités dont la cro.yance est un bel hommage rendu à l'infaillibilité , à Is^ perfection infinie de rÉtre-Suprême. ( 1 )
( 1 ) Ce mot de révélation offusque les incrédules , qui prëtendent quç, révélation et raison sont incompatibles : ils oublient que toute Tériti^ qui est communiquée à la raison de celui qui rignore est une espèce de cévëlation , et que , lorsqu'une .autorité suffisante , celle , par exemple ,. 4cs astronomes , communique à un homme grossier une vérité qui es^ i^ii-dessus de sa raison , c est une révélation , parfaite image de lu réi'éla- Uon dÎTiue. Us oublient aussi que contester à Oicu le droit de révé^^ i\.
Mais , supposé que Dieu aît voulu nous obliger • à lui faice hommage de notre esprit ^ en croyant ^
rhomine des vérités incompréhensibles à sa raison, et d'en exiger la croyance , c^est contester à l'intelligence infinie la connaissance de vérités insaisissables à des intelligences très-bornées , ou contester à Féternelle raison le droit de s'assujéttr les raisons créées qui en émanept , à Finfoillible vérité le droit de se faire croire.
Mais de quoi peuvent servir , dit^on , des croyances qui ne peuvent être comprises?.... La nature , ( on le verra dans le chapitre suivant ) , ofTre une foule d'énigmes et de problèmes que nous ne pouvons })as résoudre : faudra-t-il rejeter comme inutiles les faibles connaissances que nous . en avons , parce que nous ne sommes pas en état de tout pénétrer , de tout approfondir .•* D^ailleurs , outre que les mystères servent à nous faire rendre homniage à la toute-science et à l'infaillibilité de Dieu , ils forment comme ifn degré nécessaire dans le développement do Thorame croissant ici-bas pour l'éternité , conformément à la marche constante que 4a Providence suit diws tontes ses œuvres. « En effet , dit un éloquent orateur , ne voyons-nous pas que Dieu met dans tous les êtres, dès leur formation , les commencemens et comme les germes de tout ce qui doit se développer en eux dans la suite ; de sorte qu'ils parviennent ^ par des degrés insensibles et des accroissements successifs , du premier état imparfait et informe où ils naissent , à l'état de maturité et de perfection qui convient à chacun d'eux ? Ainsi , long-temps avant l'âge de raison , l'enfant est éclairé d'une faible lumière intellectuelle , qui en est comme Taurore ; ses idées , d'abord confuses et enveloppées , Véclaircissent peuà-peu ; il b(^aie long-temps uiv langage qu'il n'entend pas, avant d'attacher un sens net et distinct 4ux mots qu'il prononce ; et ne parvient qu'à travers une Ipngue étude d'élémens arides et inintelligibles pour lui , à itette mesure de science dont l'esprit humain '^st capable ici-bas. Voilà ce qu^une expérience journalière nous découvre. Étendons maintenant nos vues , et élevons nos pensées. L'homme étant un être immortel , dont l'existence , commencée dans le temps , doit durer au-delà des siècles , nous pouvons bien dire que la vie présente n'est toute entière que son etv» Jance , et que son âge mur est l'éfternité. Enfant donc en ce incfnde , il y est comiue l'ébauche de ce qu'il sera un ]bur ; il n'a pas encore la pleine intelligence des choses de Dieu ,niat» il en a , par la révélation dés my»» tères ^ de premières vues incomplètes , qui se développeront dans un au* tre état ; i^ apprend à bégayer sur la terre la langue des bienheureux et
sur sa parole , des vérités supérieures à notre inte!^ ligence^ et Lpinmage de notr^ coeilr ^ en observant des préceptes également révélés, quel mojen estil naturel qu'il ait pris pour nous faire connaitre ces vérités et ces préceptes ?
jL'homnie n'étant pas un pur esprit y est obligé de se faire des signes pour fixer ses conceptions ; il ne }>eut communiquer ses pensées et ses sentimens, et il ne petit recevoir les communications qui lui sont faites que par la parole , par récriture , par des moyens équivalens ^ ou par des actions. Il est donc très-conforme à notre manière d'être , il est donc très^nâturel qu'une religion révélée se soit établie par la parole, par l'écriture et par desfaitsj et il n'est certainement pas contraire à la sagesse et à la grandeur de Dieu , d'avoir employé, dans Thypothèse d'une révélation , des moyens conformes à notre constitution naturelle^ puisque cette C(mstitution est son propre ouvragé : sa sagesse veut seulement qu'il ait employé ces* moyens d'une manière suffisante pour contenter l'esprit de tout homme sensé.
Cette hypothèse s'est-elle réalisée ? Dieu a-t-il
des anges , qn^il doit parler éternellement dans le oiel ; il étudie les éjé" mens encore obscurs d'une science divine , .qu'il ne possédera dans tonte Mm étendue que lorsqu'il jouira de l'immortelle patrie. »
On peut ajouter que la religi(»i étant te Ken de Fiiomme à Diea , d'un être fini à fétre infini , une religion rérâé» doit contenir des itt)P8tèr«8 r car l'esprit humain n'a . point de prise sur l'infini , ni en lui-même , ni dansées rapports ; et la raison n'y petit faire^un pAs , sans être éblouie d'une finusse apparence d'absurdité.
feaiiif'esîé des dogmes etdas préceptes, et pression des hommages qu'il exige de ià(>t!^fe esprit et de tio^ tre cœiir? EvideiAnieiit c'est une question defaiti ^ . Le Cliristianisme «'office à noua j assurant qu'elle
est îH?solue en sa faveui\ Certes, il importe du plus haut point à tout homme rflisbnnahle dé savoir ii le Chrisliâtiisme dit vrai. Mais cioiriment le savoir? Toute révélation est un fait ; les preuves que le Christianisme donne de là tienne , sont dès faits. Ces fîiits sont-ils certains > oïl ii6n ? Tout se réduit à cette question simple et précise. Il ne s'agît pas dé lier nda recherches à des^ hypothèses ou à des spéculations arbitraires î il s'agit, de constater des faits , et d'en tirer les conséquence^ qu'ils recèlent. Ainsi j pour la religion , comme poui* les autres sciences , il faut observer lesfaltL CVst la ihétho^' de à la fois la plus facile et la plus adaptée à la faiblesse de notre nature et à la limitation de notre esprit , ce qui est déjà uni préjugé en fateur du Christianisnie: càv , éi Dieu Ta révélé ^ fl y à lieu de croire qu'il a çhoii^i ^ pour le manife^ftcr aut homnles^ la voie la plus simple et laf plus acïaptée à la nature humaine. Or y les vérités dé fait sont plus palpables pour les hommes en général que les vérités géométriques, y par exemple , qui ne sont plus iniposantes que pour une certaine classé d'hommes ^ et elles soumettent également tout esprit raisonnable. Quelquefois même les démonstrations qui nous con4uisen t à la vérité , dans les scien-' C8s exactes y réussissent mieux à nous oter la tà^
(19) puqué quà nous donner le repos de la cérlilude \ et il n'est pas, d'ailleurs, sans exemple quelesgéo^ mètres se soient trompés dans une longue série dé coti^binaisàns diverses. Les preuves d'un fait sont toujours à notre portée; elles sont lès plus claires y parce qu'elles ne s'adressent brdinairçraeht qu'à no» sens, €t qu'elles n'ei:igent que cette portion d'intelligerice qu'on appelle sem commun. Enfin* l'on peut dire que c'est surtout dans les matières défait que les vérités sont reçues universellement et sans controverse : la raison en est qu'il est aussi extratagaut de nier un fait y quand une multitude de rapports ou de notions sensibles et concluantes en garantissent la vérité y qu'il serait absurde et contradictoire de dire qu\in triangle n'a pas trois cotés.
Ce sérail ici le lieu de constater 'et d'apprécier les faits sur lesquels s'appliié le Christianisme. Mais avant d'entrer dans cet examen ^ il nous paraît utile de donner une idée exacte de' cette religion. Soit faute dpccasion , soit faute de desif, lev* incrédule^/ en général , ne 1 étudient que dans les écrits de ses ennemis , qui la représentent comme un tissu de^ croyances .absurdes, de pratiques superstitieuses f patrimoine des esprits- faibles, des imbécilies el de» dupes ; et peut-être estTil permis de leur appliquer ces paroles du grand Newton au célèbre Halley / « M**. Halley , je suis toujours charmé de vous en- » tendre , quand vous parlez ^l'astronomie ou des- D autres parties des mathématiques y parce que cé^
» sonl des matières f{tie vous avez étfidiees et tfiieî » vous entendez bien* Mais vous devriez tie point )) parler de la Religion chrétienne ^ parce que vous » ne Vavez pas étudiée. » Commençons donc par montrer la Religion chrétienne telle qu'elle est, et convainquons tout lecteur de bonne foi, que, loin de rien offrir qui répugne à ce que Dieu Tait ré-' vélée, elle est, au contraire^ sous tous les rapports^ digne dé TEtre-Suprême*
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cuÀPixHiii y.
DIEU A PU REV^ER LE CflJ\ISTIANfSME GOMME EXPRES^O^ pES Uff^UfiHOtS QV^lh EXIGE