TROUPES DES ETATS NATIFS
eurasiens, et aux Anglais, employés du gouvernement ou même simples particuliers, ils doivent subir des examens de degrés divers, et ne pas avoir dépassé trente-cinq, quarante ou quarante-cinq ans suivant qu'ils briguent le grade de lieutenant, de capitaine ou de major; pour tous, la limite d'âge est fixée à cinquante-quatre ans.
Nous en avons fini avec les troupes de complément ; toutes celles dont nous allons nous occuper maintenant constituent, dans les conditions diverses que nous allons examiner, des forces actives et permanentes.
>'ous avons, tout à l'heure, rayé d'un trait de plume les armées des États indigènes. Il faut y revenir et s'expliquer là-dessus, puisque, sur le papier, elles paraissent formidables et qu'on peut en évaluer l'etfectif à 1)50,000 hommes, dont 70,000 cavaliers et 10,000 artilleurs avec i,000 canons. Mais, en réalité, elles se composent d'hommes qui méritent à peine le nom de soldats, et elles sont entretenues presque exclusivement comme troupes de parade.
Ce serait entrer en un inextricable dédale que de tenter d'en faire un dénombrement, même som-
maire, car les Étals indigènes (Native States) • sont extrèuiemenl nomljrenx et diniportance fort inégale, depuis le Nizam, qui a une superficie égale à la France, jusqu'aux petites principautés, qui n'ont guère plus d'importance qu'une de nos communes. Tout au plus peut-on indiquer comme les plus considérables : l'armée de (iwalior, forte de 15,000 hommes; l'armée du Nizam, à l'elï'ectif de 50,000 hommes, et les troupes des Etats sikhs et des Etals radjpoutes, dont l'ensemble donnerait le chiflVe de 150,000 hommes avec 2,000 canons, chilîre (pii, à vrai dire, n'a aucune signification militaire.
Ce qu'il importe de retenir, c'est que les troupes de tous les Etats natifs sans exception sont dépourvues (larmes de précision, fjuCUcs nonl ni fusils à tir ra|)id(\ ni])ièces rayées, niarlillerie oi'ganisée, et qu'on ne les saurait considérer autrement que, suivant les expressions de sir. John Strachey, comme u un ramassis de canaille, sans instruction mili-
1. On ai)pelle « Native States » les Klats (|iii ne sont pas administrés directement par lAngleterre : ils s'étendent sur plus de 1,300,000 kilomèlres carrés et possèdent environ GO millions (Tliabitanls. A rcxception de l'État liimalaycn du Népaul, aucun ne jouit d'une l'éelle indépendance ; pourtant leurs princes possèdent tous un certain pouvoir i)ersonnel, depuis les tout petits chefs cjui n'ont presque aucune utorité politique, jusqu'aux rajahs ou aux nababs, qui, dans les circonstances ordinaires, administrent leurs possessions presque sans aucune intervention de la jiart du gouvernement de Calcutta. {L'Inde, par Sir John Strachey.»