‹ Aux IndesChapitre 34 sur 120 · IMPERIAL SERVICE TROOPS · texte numérisé non relu

IMPERIAL SERVICE TROOPS

taire, pitoyablement armé et tel que deux ou trois régiments anglais, avec une batterie à cheval, disperseraient 50,000 de ces guerriers ».

De cette cohue armée qui, malgré toutes les causes de faiblesse qu'elle porte en elle-même, aurait pu devenir dangereuse un jour, l'Angleterre a su, fidèle à son génie, tirer quelque chose de profitable et, par de savants u écrémages », constituer des forces nouvelles dont l'appoint n'est rien moins que négligeable : les « Impérial Service Troops » et les « Subsidiary Forces >>.

C'est au marquis de Dufferin, alors vice-roi des Indes, qu'est due l'organisation, en l'année 1889, des Impérial Service 7'roops. Une quarantaine d'États indigènes avaient, à cette époque, offert une souscription de 150 lakhs (15 millions) de roupies, en vue d'exécuter certains travaux d'utilité commune, ayant en particulier pour but l'organisation défensive des frontières de l'empire; lord Duiïerin n'accepta pas l'argent, m.ais, en revanche, engagea chacun des princes natifs à opérer dans son armée une sélection, à constituer un noyau de troupes organisées d'après le système anglais, à les faire instruire par des officiers

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anglais, cl à les soumettre au contrôle permanent de rautorité militaire britannique. L'olTre fut acceptée, Tessai tenté, et, aujourd'hui, les contingents auxiliaires, ainsi fournis par les princes fcudataires, comprennent environ 14.000 hommes d'infanterie et 11,000 cavaliers, sans compter des corps de transport et des services accessoires, alimentés par ceux des États dont les troupes ne présentaient pas les qualités militaires suffisantes.

Par ces moyens, non seulement on est parvenu à affaiblir considérablement, en leurenle\ant leurs meilleurs éléments, ces innombrables bandes armées qui pouvaient constituer un danger pour la puissance anglaise, mais encore à pouvoir considérer comme de véritables pépinières pour la réserve de l'armée anglo-indienne proprement dite ces armées indigènes, objet jusqu'alors de trop légitimes méfiances.

Certains Etats indigènes fournissent encore, en vertu d'anciens traités réglant leur situation visà-vis du gouvernement anglais, d'autres éléments : les Subsidiary Forces^ qui se distinguent des « Impérial Service Troops » par ce fait que, formés et entretenus par les princes indigènes, instruits et commandés par des officiers anglais, ils sont sous la dépendance immédiate et à l'absolue discrétion du vice-roi.

« SUBSIDIARY FORCES. » 131

Ce sont : 1° le « Hyderabad Contingent », comprenant 6 bataillons d'infanterie, 4 régiments de lanciers et 4 batteries montées; 2'^ 2 régiments (8 escadrons) constituant V « India Horse » ; 3^° 6 bataillons et deux escadrons de troupes régionales fournies par les États de Mahva, de Bhopal, de Merwara, d'Erinpura et de Meywar.

L'ensemble de ces troupes spéciales s'élève environ à 14,000 hommes.

Voilà le terrain déblayé et terminée l'étude de ces troupes qu'on pourrait appeler les troupes « à côté » ; nous pouvons donc aborder maintenant l'examen, bien plus intéressant, de l'armée angloindienne proprement dite.

L'organisation de l'armée anglo-indienne, telle qu'elle est aujourd'hui, est toute récente : c'est il y a deux ans seulement que fut promulgé le bill de réorganisation, que les vieux conservateurs anglais ont pu nommer bill de révolution, tellement les réformes en étaient capitales. Jusqu'à cette époque on avait conservé la constitution militaire remontant aux origines mêmes de la Compagnie des Indes, aux temps où, l'empire britannique se constituant en trois régions distinctes de la péninsule,

au Bengale, à Madras et à Bombay, trois armées différentes prenaient en même temps naissance.

De ces trois armées, la plus considérable, celle du Bengale, était sous le commandement direct du commandant en chef, tandis que les deux autres demeuraient presque absolument indépendantes et restaient sous Fautorité immédiate du gouverneur de leur présidence respective.

Au recrutement de chacune de ces armées on avait appliqué le système qu'on a pu baptiser « politique des compartiments étanches » : dans le but de prévenir les dangers que peuvent amener une communauté de sentiments, une identité de croyance, de race, de caste ou de sympathies locales, on avait composé les armées de « mixed recruits », de telle sorte que Ton pouvait trouver dans un même corps, et dans une seule compagnie de ce corps, des hommes de races, de religions, de provinces les plus diverses et les plus éloignées Tune de lautre ^ Les Anglais, qui ont la mémoire

1. Le fielfl-marshall lord Roberts, l'ancien commandant en chef de l'armée des Indes, écrit à ce sujet : « Les natifs « que nous avons dans nos rangs sont des races les plus << diverses — ainsi les Musulmans du Punjab et les Bengalis, « les Sikhs et les habitants de Madras, les Pathans et les « Mahrattes, sont, dans la forme comme dans le fond, plus <- éloignés les uns des autres que les Anglais ne le sont des « Russes, les Français des Allemands, ou les Italiens des « Norvégiens. »

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