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RECRUTEMENT. — CASERNEMENT

Le recrutement de toutes ces unités est effectué avec un soin particulièrement scrupuleux, et les hommes qui y sont incorporés sont choisis parmi les plus sains et les plus vigoureux. — Au reste, dès qu'un homme est atteint de maladie, ou supporte mal les rigueurs du climat, il est aussitôt renvoyé en Angleterre et remplacé par les soins du dépôt que chaque corps entretient dans la métropole. — Les soldats sont admirablement entraînés au service de guerre, mais à celui-là seulement, à l'absolue exclusion de tout autre, toutes les corvées de service intérieur étant assurées par des auxiliaires ou des domestiques indigènes... Quelle incomparable armée ne peut-on pas avoir ainsi!

Les casernes sont de véritables modèles : tout ce qui a été fait dans les colonies, anglaises ou autres, est copié sur les « barracks » indiens : remplacement en est soigneusement choisi, dans un site d'altitude aussi élevée que possible, sur un terrain naturellement ou artificiellement drainé et abondamment pourvu d'eaux vives. — Comme le terrain ne coûte pas cher, les cantonnements s'étendent sur de vastes espaces, et les casernes sont construites en pavillons séparés, à rez-de-chaussée surélevé, sans étages, clos de murs fort épais, abrités sous de larges vérandas, et percés de

grandes ouvertures, de façon à permettre un renouvellement incessant de Tair et à maintenir la température intérieure aussi fraîche que possible. — Chaque pavillon abrite une quarantaine d'hommes, et les dimensions en sont calculées de façon à prévoir soixante mètres cubes d'air par lit; en plus de la chambrée commune, il contient une chambre à part pour le sous-officier de service. — Quant aux sous-officiers, ils ont des pavillons séparés pour leur usage personnel ; beaucoup d'entre eux sont mariés et habitent avec leurs familles des cottages privés dont l'apparence est fort séduisante et confortable. — Cuisines, salles de bains, lavoirs, salles de désinfection, etc., occupent des locaux à part; de vastes terrains de polo, des tennis-grounds, des gymnases sont multipliés entre les baraquements; l'homme de troupe a à sa disposition des salles de réunion couvertes pour la saison des pluies, des salles d'armes, des bibliothèques; au centre du cantonnement s'élève l'église,... en un mot, tout ce qu'il faut pour prévenir et combattre la plus grave maladie qui puisse atteindre des expatriés, la nostalgie. — De plus, les Anglais, qui ont la chance singulière d'avoir des montagnes disséminées un peu partout sur le territoire où stationnent leurs troupes, ont établi, à des altitudes variant entre 2,000 et 2,500 mètres, des « sana-

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