‹ Aux instituteurs et aux institutricesChapitre 54 sur 68 · Payot, Education de la Démocratie, p · texte numérisé non relu

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la physiologie animale, etc. L'agriculture est en quelque sorte la synthèse la plus compréhensive de toutes les sciences physiques et naturelles.

Évidemment le paysan peut cultiver sa terre comme l’araignée tisse sà toile, sans pensée — mais, en quoi, nous le demandons, un paysan instruit, conscient de l’'admirable jeu des lois de la nature qu'il utilise, est-il inférieur en dignité à un médecin qui panse une plaie, à un professeur de physique qui explique la construction d’un thermomètre, à un physiologiste couvert de sang, à un avocat qui assourdit un auditoire de ses éclats de voix? Rien de plus ridicule que la prétention d’un employé de banque, ou d’un employé de ministère qui se croit supérieur à un bon menuisier ou à un jardinier intelligent. À tout bien considérer, s'ils sont instruits, le menuisier et le jardinier, par la nature même de leur travail, ont plus d'occasions de cultiver la finesse de leurs sens, de développer leur énergie et leur vigueur morale, que l'employé qui s’amollit dans une profession trop sédentaire.

Le travail manuel et surtout le travail au grand air, n’est exclusif ni d’un jugement sain, ni d’une culture sérieuse de la volonté, ni d’un vif sentiment de la solidarité humaine et de la beauté des choses. Tolstoï n’a rien perdu de son génie à pousser sa charrue, ni Spinoza à tailler ses verres optiques et à avoir eu la réputation d’y exceller. Au contraire, le travail manuel fait circuler dans le corps un sang plus vermeil ; il développe la force de l'attention, la vigueur du courage; il nous rend patients, capables de persévérance, et comme le remarque justement Proudhon ! : « Le savant, qui n'est

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