De la justice; VI° étude, le Travail, ch. VI, $ xLv
que savant, est une intelligence isolée, ou pour mieux dire mutilée, faculté puissante de généralisation et de déduction, si l’on veut, mais sans valeur exécutive; tandis que l'ouvrier dûment instruit représente l'intelligence au complet, l'intelligence servie par des organes... »
Le travail, comme le dit encore Proudhon, qui en a admirablement parlé, « est une volupté intime... qui résulte pour l’homme du plein exercice de ses facultés : force du corps, adresse des mains, prestesse de l'esprit, puissance de l’idée, orgueil de l’âme par le sentiment de la difficulté vaincue, de la nature asservie, de la science acquise, de l'indépendance assurée; communion avec le genre humain par le souvenir des anciennes luttes et par la solidarité de l’œuvre !. » « Pourquoi le travail, remplissant toutes les conditions de variété, de salubrité, d'intelligence, d'art, de dignité, ne deviendrait-il pas, même au point de vue du plaisir, préférable à tous les jeux, danses, escrime, divertissements... que la pauvre Humanité a inventés afin de se remettre, par un léger exercice du corps et de l’âme, de la fatigue et de l’ineptie que la servitude du labeur lui cause? N’aurions-nous pas alors vaincu la fatalité dans le travail 27... » |
La dignité de ce que nous faisons dépend donc de l'esprit que nous apportons au travail, et l’instituteur pénétré de cette haute conception du travail, pourra contribuer, pour une large part, à le réhabiliter et à créer peu à peu en France le type de l’ouvrier républicain : d’une intelligence suffisamment cultivée pour vivi-