MONSIEUR LOUIS LIARD
VICE-RECTEUR DE l'aCADÉMIE DE PARIS
Hommage respectueux.
Le livre que nous présentons au public est un livre .d'expérience. 11 n'est pas uq chapitre, pas un paragraphe qui n'ait été « vécu ».
Des institutrices, des instituteurs d'âges et de caractères très divers ont collaboré avec l'auteur: il a écoulé leurs doléances, il a examiné avec eux, pour les résoudre, bien des difficultés. La plupart on! répondu en toute franchise aux questions précises qu'il leur a posées sur leurs débuts, sur leur enseignement, sur leur manière de comprendre la vie...
Le questionnaire primitif s'est d'ailleurs transformé, après bien des remaniements, en la table des matières du volume actuel.
Ayant journellement h dénouer des situations embarrassées, à donner des conseils, l'auteur, afin d'ôter toute incohérence à son action, avait senti la nécessité de dégager nettement les principes directeurs qui doivent guider l'instituteur dans sa tâche. Cet examen philosophique a été le point de départ du présent travail et il en est devenu la conclusion. LL'auleur a été amené à suivre les principes dans leur
applicalion la plus détaillée, car uo principe qin m vivifie pas les plus menue détails de l'escigtence qoa tidienae n'est qu'une abstraction desséchée, morte.
A examiner de près et avec la plus entière aiocéiiU la vie de nos instituteurs, on ne tarde pas à lesaimei pour leurs efTorta et pour leur vaillance. Cependaal cette année ils n'ont point été ménagés. Un romanciei a eu la prétention, sans en rien connaître, de peindre la vie de l'institutrice en province. Le roman est un roman naturaliste : l'auteur a imaginé des anecdote* grossières, voire même orduriéres: ses personnages sont unirormément grotesques et ignobles. L'œuvre, dans les détails et dans l'ensemble, est d'une faussel^i complète. Elle est d'ailleurs illisible : aussi n'est-ci point du roman que nous parlons, mais de la presse parisienne qui, â son propos, a témoigné d'une ignorance déplorable des choses de l'enseignement primaire.
Plus récemment la plus importante Revue française publiait sur les femmes qui enseignent, un article inspiré par l'esprit de parti, et que nous considérons comme regrettable à tous égards. L'aveuglement des u classes dirigeantes » qui perdent peu à peu, par leur faute, la direction des esprits, est inquiétante, pour l'avenir.
M. Buisson l'a dit récemment en excellente termes:
« Jusqu'à quand durera donc en France cet aveuglement', jusqu'à quand ce parti pris chez ceux qui l'ont l'opinion ? Quand donc se trouvera-l-î!