L'ENSEIGNEMENT DE LA MORALE
De même, vous transformerez la conception impie du travail, considéré comme un châtiment, en une conception plus noble, en celle d'une dette que cliacun de nous paye à la société dont il a tout re^n; dette agréable à payer, dès que nous savons que le travail seul peut faire I -de nous des hommes, et que tout en payant cette dette, I nous nous enrichissons on santé, eu intellig'ence, en force de volonté, et aussi en sécurité pour l'avenir ',
Qu'on examine de ce point de vue dominateur les
questions de la charité, du respect des opinions d'autrui,
de la tolérance, de la médisance, de la calomnie, etc., et
r on verra que cette unification de l'enseignement moral
I donne à toutes les questions particulières un < ton
) moral ■ très élevé; qu'elle séduit les enfants par sa
kiimplicité ; qu'elle leur laisse des souvenirs nets — sou-
K-Tenirs qui ne sont pas des souvenirs verbaux, mais des
l^rincipes vivants et qui communiquent leur vie à tous
is actes de la vie morale.
On constatera, en outre, que l'enseignement ainsi K'^mpris permet d'obtenir la collaboration attentive, panimée des enfants, et de substituer à un enseignement bûorne et passif, un enseignement gai, un peu bruyant ' parfois, parce que tous veulent répondre en même temps; mais le bruit qui provient d'un excès de vie, et qu'on ne peut confondre avec le bruit que font des élèves indis-
I. Nous parlons ici du travail modéré, qui n'augmente pns chaque jour un peu le délicit des forces, et qui ne se traduit pas Gnalement par la ■ miaËre p b y aio logique ■■ Le travail eicessif est profondément immoral, puisqu'il abêtit son homme, et le réduit h une via purement animale. H cause un premier dommage en en>p6cliant le développement des facultés humaines, al un deuxième dommage, en ruinant les forces du travailleur, en l'usant prématurément, et en le réduisant au rôle de béte de
ciplinés, et qui s'ennuient, est préférable au triste silence d'une classe où maître et élèves ne songent qu'à la mauvaise volonté désespérante avec laquelle l'aiguille, sur le cadran de l'horloge, s'achemine vers l'heure de la sortie...