L ENSEIGNEMENT DE LA MORALE
I appétits élémenlaircs, et toul développement de sos *^cullé5 intellectuelles serait impossible, car sans lanjgage, l'entendement demeurerait rudimentaire et borné I A quelques images très voisines des perceptions tout k tait simples.
^ Donc, si on choisit d'être un bomme, et non une bruto, r.ee chois entraîne nécessairement l'acceptation des coalitions qui rendent possible le développement humain, ^et la première, et la plus essentielle de ces conditions, c'est la société.
Le maître démontrera de même, que la société n'est possible que par le respect sincère, par chacun, de la personnalité des autres. Hors de cette loi du respect mutuel, il n'y a qu'oppression, et que guerre intestine : l-ùu d'autres termes, il y a retour à la bestialité... Le reski|»ect mutuel ne peut donc être que l'expression de la justice, et l'individu ne peut s'évader de l'animalité u'avec l'aide d'une société toute pénétrée de justice. ■ Mais, par justice, il ne faut point outendre avec les Ftnanuels courants de morale, la justice exigible. C'est, lous le dirons plus loin, confondre la question I -morale avec le code, et cetle assimilation de la justice avec ce que la loi exige, et de la charité avec ce qu'elle L n'exige pas, est la plus triste preuve de la profonde [médiocrité morale de l'enseignement de l'école cousi- I nienne. La justice commande de rendre ce qu'on a reçu, L<6t, comme l'individu reçoit fout son 'lèveloppemenl de la [ société, sa dette envers la société est telle, qu'il a de randes chances de demeurer insolvable. Par conséguent, le devoir de justice est non seulement de res- BCter la personnalité d'autrui, mais de favoriser son léveloppement. La charité est surtout un sentiment de mpathie très louable, mais lié à une conception morale
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inférieure de la justice, et nons derous remplacer charité, qui est ou seatimeot, par la solidarité, qui i une idée incluse elle-même dans l'idée supérieure d justice.
Le principe de justice posé, tous les devoirs se jelten dans ce devoir dominateur, comme les aCDuents dan un fleuve. L'enseignement actif montre comment grand principe général suffit à résoudre tous les ca particuliers. Qu'on exaiuîne. de ce point de vue, la plu part des questions du programme, et l'on sera surpri: la large unité, et de l'élégante simplicité qu'on introduîr dans cet enseignement jusqu'ici fragmentaire et nïsé. Devoirs envers les frères et les sœurs; devoîj envers les camarades; devoirs des parents envers 1< enfants, envers les domestiques, envers les ouvrier envers les voisins; devoirs du maître envers les élèves' tout devient clair. Le maître, une fois les grands pria cipes moraux posés, fera de l'enseignement socratique par quelques questions habilement choisies dans l'expé rience quotidienne des enfants, il amènera les élèves dt )a classe A rattacher louie leur conduite, dans ses plm petits détails, à ces grands principes généraux.
La petite classe de morale sera égayée par les visaga attentifs, par une continuelle ardeur à répondre : ellj deviendra une classe vivante, et fructueuse pour le maitn lui-même, entraîné sans cesse h de nouveaux aperçus Par exemple, il demandera : pourquoi le maître n' pas le droit de frapper les élèves! Pourquoi a-t-il le droit de les punir! De questions en questions, vous amènerez facilement un petit bonhomme de huit ans, k comprendre que la punition est. comme nous l'avons vu plus haut, * une aide apportée k sa volonté chancelante pour lutter contre l'animalité qui l'opprime».