‹ Aux instituteurs & institutrices: consoils & directions pratiquesChapitre 35 sur 78 · AVANT D'I · texte numérisé non relu

AVANT D'I

de fonctionnaires, pou payés, peu considérés, et qui demandent trop souvent le sacrifice de toute initiative et de toute liberté de penser. Et aussi que d'avocats souvent sans causes, que de médecins sans clientèle! Hélas I celte conception désastreuse de l'avenir des enfants est comme le fruit de plus de deux cents ans de la politique intérieure inintelligente des successeurs de Henri IV. Olivier de Serres disait que « pâturage et labourage sont les deux mamelles de l'État >. Paroles clairvoyantes, trop vite oubliées! Richelieu et Louis XIV, en appelant toute la noblesse à la cour, firent abandonner le sol et implantèrent en France l'idée funeste qu'un homme intelligent ne peut vivre à la campagne, Aa xvn' siècle, pour une femme, vivre à la campagne, c'est être * enterrée vivante • '.

Les romans, la littérature, ignorent le paysan, et aucun roi, aucun ministre n'a jamais dit, avec le retentissement nécessaire, les paroles qui eussent enrayé ce mouvement de désertion. Une quantité de peintres qui ne peignent pas, d'écrivains qui n'écrivent guère, sont persuadés qu'on ne peut se livrer à aucun travail intellectuel hors de Paris *.

Rien, dans notre enseignement secondaire, ne donne le goût de la vie un peu rude, mais libre, mais saine et forte de l'agriculteur. Notre • sociabilité » cache une grande incapacité de nous suffire : l'absence de goûts intellectuels et esthétiques laisse très vif le besoin de distractions extérieures et superficielles, et rend le séjour de la campagne plus pénible encore : combien nous devrions imiter ce qui se passe en Angleterre,

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