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i HENiïliE
loules les faniilles riches résident à la campagne et y vivent d'une vie inleSIigente! Oa attribue commnnéj-ment la richesse de la Grande-Bretagne à l'induairie, mais l'agriculture y est admirable et profondément estimée....
Il faudrait que nous enseignions dans nos lycées que le travail de la terre est, pour le propriétaire, un travail d'inlelligenfe direction ; que l'agriculture est le meilleur moyen aujourd'hui d'arriver ù la large aisance. Si les propriétaires instruits étaient plus nombreux, les relations seraient autrement agréables, et plus libres, plus gaies, que les relations à la ville; îl faudrait que nos collèges et lycées, au lieu d'être dans les villes, fussent ft la campagne; que les enfants apprissent à goûter le grand calme et les spectacles sublimes de la nature; qu'ils eussent le besoin de respirer un air pur, de voir librement le ciel, et qu'ils sentissent combien la vie d'un cultivateur renferme d'intérêt, d'imprévu; combien elle met en action l'amour- propre; combien elle favorise la culture du sentiment du beau; combien elle est ■■(Èconde en bienfaits à répandre, à bon escieut, autour , et combien les loisirs qu'elle laisse sont propices forte culture intellectuelle...
L'inslilnteur qui vit au milieu des populations agricoles, doit lutter de toutes ses forces contre l'exemple ^»3ntagieux que donne la petite bourgeoisie en se ruant è la conquête des places... qu'il ne craigne pas de sans cesse opposer le tableau de la vie des villes au tableau de la vie à la campagne, qu'il peigne d'une part la vie des rues bruyantes, étroites, avec des logements liasses les uns sur les autres, sans air pur, souvent ioleil; l'industrie meurtrière; le travail divisé à Texcés et d'une monotonie abrutissante ', la domesti-
cîIl-, avec sou insécurité, avec les insupportables caprtct des patrons k subir... Qu'il peigne, d'aotre part, la v active, rude inOtne, delà campagne :mais qui s'écouU au grand air, au milieu du grand calme de la aature, au milieu des parents, des amis d'enfance
11 y a donc, pour nos instituteurs, â reprendre la tra' dlLton vraiment nationale et vraiment clairvoyante de Henri IV ; l'avenir de la patrie, sa fortune, dépendent avaat tout de l'agriculture, et comme noua l'avons dil déjà, les pcrfectionnemenls les plus inlinjcs inlroduitl dans les procédés de culture et d'élevage, se chiffrent par des centaines de millions de bénétices pour le paya
Nos instituteurs peuvent travailler avec une grand efUcacité à un accroissement considérable de la fortani nationale en so faisant, chacun dans leur village, comm les crieurs publics des idées de progrès en agriculture qu'ils aient la sagesse de savoir borner leurs elTorts
1. Nous savons très bien qu'il y a â la campagne tout IL prolélariaL abruti par l'excfis de travail et de misâre, etqu'o tenant compte de la niiaëre provenant de l'ignorance inbabile se nourrir et t uLîIiser ses ressources, et de la raisËre dus l'alcool, il reate une population considérable dont ta misbr imméritée est profondu. On comprend que le jeune hamAii arraché par le Hervice militaire i sa cIiaumiÈro perdue dans 1 montagne, soU séduit par le clinquant de la vie des villes, i qu'il hésite t regagner sa solitude, et laisse • les vieux • eu tinuer seuls à grallcr un sol maigre et. avare. Maie, raisËre poi misère, je crois que la misËre du paysan au village natgJ, aoi le grand ciel pur, est une misËre de grand seigneur, & eât^ i la misère basse, sordide, sans lumière, sans liberté, sans lOl^E du prolétariat des villes *.
• L'offlco an travail [Salaire et durée du IroQQit dmi findu» (rie /hirifaû 1. 1, dépariomenl de In Seïoo) caleola qu'on 1802 il y avait, par aaiW i
dlBpntaient 30 places inst&blBs, 1 H S pour KX) des ouvriars validai i
dehors mSme it la taisoa ihiter, à II an IS pour 100.
l'essentiel et d'aller au plus pressé. Qu'ils inonlrenl aux paysans tout d'abord quel argent ils perdent annuellerncut psr la Taçon absurde dont ils traitent leur fumier que les pluies laveut, et dont l'évaporation et la fermentation d^troiscnl les principes actifs'.
Il enseignera qu'aucun déchet humain, ni aucun déchet animal, ne doit être perdu, et le maître complétera ses conférences publiques sur ce sujet par des problèmes frappants donnés à l'école et que les enfants rapporteront chez eux, sur les pertes que fait de ce chef le paysan.
11 enseignera ensuite quelle plus-value considérable on peut donner aux récoltes par l'introduction intelligente des engrais complémentaires. Il engagera les auditeurs à s'associer par groupes .pour les analyses de terrains similaires, et il leur montrera le rôle bienfaisant des syndicats agricoles locaux
Il montrera quels bénÉflces on peut réaliser dans tes champs, et au jardin, par un choix intelligent des graines. Connaissant l'inertie routinière du paysan, il fera plus que d'enseigner à l'école, dans les con- Krences el dans les conversations, il essayera de se faire donner un champ d'expériences, et à défaut, il pourra faire de son jardin, à son grand profit, et au proflt des autres, comme une démonstration publique.
A ces notions élémentaires si essentielles sur les engrais et sur le choix des graines, le maître pourra
l.L'instituleur pourra bire l'expârience saisissante du pot de blé uniquement fécondé par tes vapeurs qui se dégageât du purin contenu dans un flacon, vapeurs amenées dans la terre dn Tase par un tube. Voir à ce sujet Les imtruetions minisléiieUM du i Jannier iBS7, et R. Leblanc, Noliom de icteneea physiquen et naturelles appliquées d l'agriculture, 90 eipérîences pour
idre l'ensei^nemeiil de la grefîe, de la laille des arbrei fruitiers, des soins à leur donner. Il montrera l'impoP [ance de l'hygiùne pour les animaux, l'importam bonne race, l'importance d'une ration alimentaire in.(el> ligenimcnt comprise. Il donnera lui-même l'exemple 6.6 ce que l'on peut obtenir d'une basse-cour bien, tenue e où l'on sait observer de façon à ne garder que les meil leuree pondeuses.
En dehors de ces points essentiels, l'instituteur inlelU geot se rendra utile eu étudiant les besoins spéciaux di ' pays où il réside. Ici, il apprendra aux paysans qui per dent leurs porcs du rouget, qu'on peut les sauver par 11 vaccine; là il empêchera les ignorants de laisser dei troupeaux entiers de moulons périr du charbon. Ici i s'occupera des vignes, là d'arbres fruitiers, ailleurs â< blé, etc. Il y a, à améliorer les procédés d'agricultur autourde soi, un devoir patriotique de premier ordre
S'il parvient en outre à amener les jeunes paysans le plus intelligents à occuper fructueusement les longue veillées d'hiver, dont ils ne savent que faire, à tenir un comptabilité rigoureuse de leurs exploitations agricoles s'il les pousse à vouloir se rendre compte des bâné tîces de telle culture et des déceptions que leur douD telle autre; s'il leur fait comprendre l'utilité de l'asso dation pour l'acndt des engrais, des graines, et surtoq des machines h posséder en commun ; s'il leur faj sentir la nécessité de l'union pour la vente des prO duits... il aura fait œuvre féconde. Que partout aot maîtres donnent aux paysans le sentiment que l'a culture ne peut plus aujourd'hui se continuer par X anciens procédés, sous peine de ruine. Elle doit deveni scientifique, et elle nécessitera de plus en plus d'inteUl gnnee : la question des engrais, celle du choix do
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rgraines, celle du chois des races d'animaux, demandent qa'on observe, qu'on tienne bien ses comptes, pour juger de ce qui rapporte. De plus en plus, il sera nécessaire que les paysans aisés envoient leurs enfants ans écoles pratiques d'agriculture ou aux écoles spéciales, I telles que les écoles de fromagerie, etc. '. ■ Les instituteurs peuvent beaucoup pour généraliser et pour liéter ce mouvement. En dehors des devoirs dont rénumération précède, l'instituteur peut rendre bien d'autres services, La plupart des villages sont assez éloignés du médecin ; il serait à souhaiter que l'instituteur eût reçu quelques notions sommaires des premiers soins à donner en attendant le praticien. Toutefois il devra éviter de se substituer à lui : les médecins sont, pour l'ordinaire, fort jaloux de leurs prérogatives, quoique if leur pouvoir se réduise à peu de chose. Chacun d'eux re comme Ambroise Paré : i Je le pansai et Dieu tle guarit ». Ils ne peuvent presque rien dans les cas 1 (graves, et l'hygiène peut tout, dans les autres cas : aussi e uniquement aux soins hygiéniques que se borne- K^tant les instituteurs. Ils doivent être pénétrés des di Tilrines de l'antisepsie, et il serait à souhaiter qu'on < I recours à eux dans les accidents, nombreux à la ca I pagne, pour panser les plaies d'une fai^on irréprochat blement antiseptique : un kilogramme d'acide borique Eccheté par le conseil municipal, pour pansements de l premiers secours, suftirait pour des années. Les maîtres, ■•.qui ont souvent des enfants dont le visage et la tête sont V*ouverts de croiltes purulentes, pourraient journelle-
. 1, Il est regrettable que les programmes des écoles normales De soienl pas déchargés de notions inutiles qu'il faudrait jeter I par-dessus bord, el que les élËves-maitres ne soient po: dire' it prËpards à ce rdie de conseillers des mas^ies rurale».