‹ Aux instituteurs & institutrices: consoils & directions pratiquesChapitre 40 sur 78 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

L'org^anisatton dn travail.

Pour les iosLiluteurs comme pour tous les autres hommes, une journée se compose de cent quarantequatre périodes de dix minutes. Si l'on retranche huit heures de sommeil, deux heures pour la préparatioa des repas et pour les repas eus-mémes, et six heures de classe, il reste ù passer quaraoLe-huit fois dix minutes chaque Jour, et quatre-vingt-quatre fois dix minutes les jeudis et les dimanches el pendant les soixante-dix jours de vacances. Ces minutes qui n'ont l'air de rien, si on ne sait bien les employer, grossissent, s'enflent, et finissent par faire des journées d'une longueur intolérable. En outre, les hommes, et surtout les femmes, sont ainsi construits, (ju'â l'état de veille, leurs pensées et leurs sentiments ne peuvent pas cesser de se succéder dans leur conscience. Si nous ne prenons pas la direction de ces idées et de ces sentiments, pendant le repos de la volonté et dos facultés humaines, c'est « la béte » qui conduit le défilé, la bête vaniteuse, envieuse, haineuse, gourmande et sensuelle. Peu à peu, les

Ifl6 AVANT D'ENTRER DANS LA VIE

menues contrariétés dont est faite la vie dos gens dont l'allention ne s'élève pas au-dessus des aspérités da chemin, prennent une place exagérée. On pense aigrement à une camarade qu'on se figure heureuse d'avoir été nomaiée dans une viUe; on se demande pourquoi M'"" X. a passé dans la rue tiier sans s'arrêter comme d'habitude à échanger quelques mots; on mAche, remâche les reproches du M. l'Inspecteur primaire... et peu à peu, on est triste et irrité, sans savoir pourquoi, et on s'ennuie il mourir, et on maudit le villi attraits: on maudit ses collègues, ses chefs... c'est que l'énergie de la pensée et des sentiments se transforme en poison si on ne sait la rendre féconde, tout comme l'eatj limpide de ce ruisseau va croupir (étide à la mare, si on ne la répand dans les champs, où elle fera pousser pour les troupeaux une herbe drue et vigoureuse...

Notre destination est de travailler, et c'est une vérité limpide que si on ne travaille pas, ai on n'oriente pas sa jienséc et ses sentiments vers un but élevé, toutes ces petites minutes dont nous parlions se vengent de ce qu'on les gaspille, en s'allongeant lourdement et en faisant fermenter dans notre Smo les mécontentements et les rancœurs. Il est impossible, sans travail, dépasser ces nombreuses périodes de dis minutes chaque jour, et les dimanches et les jeudis... Prenez votre montre, restez à suivre minute par minute cette durée do dix minutes, et vous serez efl'rayé d'avoir à passer sans r faire, quatre-vingt-quatre fois cet interminable temps!

Mais on ne reste pas à rien faire! On s'occupa tant bien que mal, et comme on peut. — Celte activité sans but, non endiguée, est tout à fait semblable à l'oisiveté entière, parce qu'on ne s'intéresse à ce qu'on fait qu'ei B"y adonnant tout entier.

l'organisation du THAVAIL 167

Le travail régulier est fécond en joies, et par luintëtne, et parce qu'il donne de la saveur aux heures de repos. Il y a d'abord le plaisir désintéressé, mais très réel, qu'on éprouve à apprendre, à savoir, à chercher, à découvrir la vérité. En outre le travailest le meilleur des toniques : il fait circuler le sang, il donne aux idées ua cours rapide et vif. Il élargit l'intelligence, il enrichit les sentiments élevés, poétiques, et multiplie les sources

e bonheur. Nous avons démontré ' combien !e travail donne de la réalité à la vie qui, sans lui, passe comme un rêve.

« Si la vie du travailleur ialellectuel, ajoutions-nous, < n'était pas naturellement féconde en heures déli- « cieuses ; si elle n'était pas une source vive d'où jail-

■ lissent en abondance les joies de la vie active, il lui « Feslerait d'être le contraire d'une vie oisive. Par le t seul fait que le travailleur échappe aux tracas, aux « soucis mesquins, à l'ennui morne, intolérable, des

■ oisifs, son existence est enviable entre toutes. « « Pen- ( dant mon séjour b Maer, ma santé a été mauvaise, et i j'ai été scandaleusement paresseux ; il m'en est resté

■ l'impression que rien n'est aussi intolérable que la I paresse', i ■ Quand un soldat se plaint de la peine > qu'il a, ou un laboureur, qu'on les mette à rien faire, « a dit Pascal. En effet, le paresseux est un ■ heautonti 1 morumenos •, un bourreau de soi-même, et l'oisiveté « absolue de l'esprit et du corps ne tarde pas à engen-

■ drer un lourd, un douloureux ennui. Cet ennui lourd I et douloureux, beaucoup de gens riches, débarrassés

■ par la fortune de la salutaire nécessité du travail, et

i, Pajol, l'Éducation de la volonté : Les joiea du travail liv. IV, ch. IV, p. 2*1. ■ 2. Journal de Darwin, aoûl 1839.

< n'ayant pas le courage d'entreprendre quelque tflche 1 durable, ne tardent pas à l'éprouver. Ils sombrent

• dans le spleen, traînent leur dégoût partout, ou cber-

• chent dans les plaisirs sensuels une diversion qui ue

• tarde point, par la satiété, à redoubler leur souffrance. > Ajoutez lo trésor des connaissances qui s'accroît sans

cesse. La vie du travailleur intellectuel • nous arrache au misérable servage de la pensée, qui Tait de l'inoccupé un hochet que ballottent les circonstances extérieures; elle ne laisse point l'esprit ruminer des préoccupations médiocres ou des pensées basses. A ces bienfaits indirects, la vie laborieuse en ajoute d'autres : elle trempe la volonté, source de tout bonheur durable ; elle nous crée habitants de la cité de lumière peuplée de l'élite de l'humanité, et enfin elle nous prépare une vieillesse heureuse, entourée de déférence et de respect. Par une voie détournée, elle donne avec prodigalité, outre les jouissances supérieures de l'esprit et de l'àme, mèrae les satisfactions d'orgueil les plus douces, et qui se résument en l'autorité qu'on acquiert et en le sentiment de sa supériorité. De sorte que ces satisfactions que les médiocres cherchent souvent sans les trouver, et combien toujours imparfaites et mélangées 1 dans l'étalage de leur luxe, dans leur fortune, dans les dignités, dans la puissance politique, le travailleur les trouve, sans les cliercher, et comme un surcrott donné par-dessus le marché, pour faire bonne mesure, au milieu de la riche moisson des joies supérieures dont le comblent les justes lois qui sont au fond des choses. > Nous n'insisterons point sur d'autres dangers de l'oisiveté que nous avons étudiés ailleurs '.

"l'organisation du travail

Voici par ordre de fréquence les répoBBes que les instituteurs et les institutrices réputés pour ne pas travailler, ont faites à la question : < Pourquoi' ne travaillez-vous pas pour voire culture personnelle? » — € Le travail ne nous est guère facile ; nous vivons dans un isolement intellectuel trop grand; le travail est impossible sans une bibliothèque bien fournie, et nous n'avons que quelques douzaines de livres; nous ne poU' vons, avec nos 71 fr. 25 par mois, en acheter sans cesse — en outre, nous n'avons ni le temps de travailler ni la force, car nos fonctions sont pénibles, et après six heures de classe, nous méritons bien le repos. Enfin, le talent n'est pas donné à tout le monde, et à quoi bon travailler toute sa vie pour ne rien produire? Le travail, nous disait un vieil instituteur, est bon pour les jeunes : à mon âge j'ai bien le droit de me reposer. >

Les paresseux, au moment oi!i on leur demande pourquoi ils ne travaillent pas, ont le vif sentiment de leur déchéance, et toujours ils ont des raisons qui leur semblent excellentes pour légitimer leur fainéantise, d'autant plus excellentes que dans le monde des paresseux ces raisons ont la force d'axiomes dont il est de mauvais goût de contester l'évidence.

Examinons d'un peu plus prés ces axiomes, au risque d'encourir l'animadversion des paresseux...

D'abord, l'isolement intellectuel de l'instituteur n'existe que pour ceux qui le veulent bien : un instituteur a toujours, à peu de distance, des collègues plus âgés, plus expérimentés, dans la conversation desquels il a beaucoup à gagner. Il peut de temps en temps rendre visite aux professeurs et au directeur de l'école normale. Il a souvent l'occasion de parler avec son inspecteur primaire. Il a, tout autour de lui, des paysans intelligents,

qui ont un robuste bon Bonn, et pai-fois une justesse d'o) serration 1res amusante. Un village rournit des esen plaires de tous les caractères, et tel, qui c'est jamai sorti de son canton, peut connaître le cceur humai aussi bien qu'un moraliste. Eulin, n'esl-il pas absurde d parler d'isolement intellectuol quand, duraDl les longue soirées d'hiver, vous pouvez avoir de délicieuses caus( ries amicales avec les plus grands et les plus purs génifl de tous les temps et de tous les paysî quand après ui entretien philosophique avec Channing ou avec Roui seau, il vous est loisible d'introduire Corneille ou Victo Hugo, ou d'appeler autour de vous des Russes, comm ToisEoE, des SuËdois comme Ibsen, des ÀllemaiK! comme Fichle, des Espag'uols comme Cervantes, réi nion de splendides esprits que vous ne trouveriez dan aucun salon de Paris! Si vous rencontriez par hasan dans une soirée un homme de génie, il vous parlerai probablement du temps qu'il fait, ou des derniers évé nements internationaux, car un homme de g'énie réservi son énergie intellectuelle pour.les moments sacrés de 11 production, et par suite pour ses lecteurs. S'il va daa le monde, c'est pour s'y reposer.

Quant à l'argument tiré par le paresseux de l'insul fisance de sa bibliothèque, il est plus captieux, paro qu'il est fortifié par l'ensemble des idées courantes su. le rAle du livre en éducation. On croît que la cuUur inlellecluetle est en raison de l'amas des connaissances., il n'en est rien : un esprit de valeur peut ignorer beau coup plus de choses qu'un esprit médiocre, mais ce qi constitue essentiellement un esprit de valeur, c'est s« activité. Oui, un esprit de valeur, c'est un esprit vigot reusemenl trempé, énergique, actif : c'est une attenlioi pénétrante et capable d'efforts assez prolongés pod

I DU TRAVAIL iH

i loB diEférences des choses leurs ressemblances profondes, et par suite pour enrichir l'intelligence de vastes et Técondes idées générales... » Il est des hommes, dit Channing, qui sont découragés, et qui ^ûe tentent de faire aucun progrès, par la fausse idée u'ils ont, que l'étude des livres, étude que ne leur (erniel. pas leur position, est le moyen suprc^mo et le iBul efficace. Mais je les prie de considérer que les ferands volumes, dont nos livres ne sont que des copies, c'est-à-dire la nature,... l'ûme et la vie humaine, sont libéralement exposés à tous les yeux. Les grandes sources de la sagesse sont l'expérience et l'observation; celles-là ne sont fermées à personne. Ouvrir et fixer nos yeux sur ce qui se passe hors de nous et en nous, c'est l'étude la plus féconde. Les livres sont surtout utiles quand ils nous aident à interpréter ce que nous voyons a que nous éprouvons. Quand ils absorbent l'esprit t qu'ils le détournent de l'observation de la nature et , ils engendrent une folie savante, contre laquelle ) serait grande perle que d'échanger le bon sens de

Un petit nombre de livres seulement sont nécessaires instituteur -. trois ou quatre suffisent pour la igie, un seul, très bien fait, pour chaque ordre de !S : car le livre n'a d'autre rôle que de vous ensei- 3 que vous ne savez pas, et tout l'essentiel d'une cience se trouve réuni dans d'excellents livres d'ensei- ^emi-nt. En outre, le livre doit être un i excitateur ■ l'o.iservation personnelle, de la réflexion : par œmple, votre livre de physique vous donnera la liste s corps bons conducteurs de la clialeur et des corps puauvais conducteurs : si vous ne cherchez autour de TOUS, longuement et patiemment, les applications pra-

172 AVA-VT DCXTRES DAXS Là XtE

Uques, si la loi de coadoctibilité n'a pas groapé, ( votre esprit, auloar d'elle, aoe foale d'exemples concrets, elle est en voas-méme une connaissance morte; elle n'est pas devenue un principe vivant, incarné daos votre expérience personnelle : c'est «ne coonaissance de perroquet, non la connaissance d'un esprit actif et fécond.

De même, voas apprenez dans on livre que le principo fondamental de toute pédagogie rationnelle est le respect absolu, dans l'enfaot, de la personnalité humaine.. Si vous n'avez pas, par de longues réHexions, nourri cette vérité de fagon à transformer la phrase morte et sèche qui l'exprime, en un principe vivitiant, et qui prouve sa vie en vous par les paroles, par tes actes qu'il vous inspire vis-à-vis des enfants, vous î appris encore comme un perroquet : car est-ce savoir ca, principe que d'ignorer quelle conduite il nous dict» dans Ici, tel, et tel cas précis qui surgira demain e qu'il faudra trancher?

Donc, peu de livres suffisent, pourvu qu'on les chol* sisse exceilcnts. Sauf les livres originaux, tous les livret se copient les uns les autres, et la plupart des livres da seconde main, c'est-à-dire non écrits par des penseurs vigoureux, sont comme la monnaie des livres des pea^ seurs originaux. Il ne faut pas vous croire plus richt si, au lieu d'une pièce de vingt francs en or, on vous a donné quatre grosses pièces de cinq francs : compa raison d'autant plus juste qu'actuellement l'argent ( vos quatre écus vaut à peine dix francsl

On pourrait presque affirmer que le travail est t raison inverse du nombre de livres qu'on possède, a y\as on a de livres, plus on lit, et plus on lit, moins oi est tenté de rûdéchir et de lier ce qu'on lit à son i rience personnelle. Je ne sais qui a dit que la lectur*

L'ORfiANISATlON DU TIIAVAtL 173

Citait • la forme la plus dangereuse de la paresse »? En effet, le lecteur prend facilement sa lecture pour du travail, même s'il lit couramment, sans réfléchir, sans virilier les idées de l'auteur en les confrontant avec sa propre expérience quotidienne...

Donc, s'il les choisit bien, l'institateur aura toujours assez de livres, aujourd'Imi surtout que des éditeurs ont publié les œuvres des plus grands génies à des prix très accessibles aux plus pauvres bourses. En attendant d'augmenter sa bibliothèque chaque année, le maître qui, sous prétexte qu'il n'a pas assez de livres, ne travaille pas, fait songer à un touriste qui, sous prétexte qu'il n'a sous les yeux ni le Mont-Blanc ni l'Océan, refaserait de contempler le lac d'Annecy et les splendides montagnes que reflètent ses eaux limpides.

Quant au temps, on a dit avec raison qu'il est toujours solvable à qui sait le prendre ; il ne manque jamais qu'à cens qui le gaspillent, t II est inouï ce qu'on fait avec le temps quand on a la patience de l'attendre et de ne pas se presser '. • A mesure qu'on avance en ûge, l'intuition de la brièveté de la vie humaine devient plus nette. Chateaubriand raconte quelque part qu'il demeura longtemps plongé dans une morne stupeur le jour où il s'aperçut qu'il avait quarante ans. Bien des instituteurs éprouvent une secousse lo jour où ils apprennent que le < petit Pierre » qui, semble-t-il, vient dequitterl'école, partpourle service militaire, ou que la • petite Jeanne ' se marie. Mais ces visions de la fuite rapide du temps, on les laisse s'efTacer, au lieu d'y trouver un àcro stimulant pour se hAter de se perfectionner soi-même.

l, Éducalioa de la uo-anlé, p. ti3 e

11 Taul avoir le prorond respect du tetnjis et en utiliser les minutes. Le temps passé au grand air à se promener, à se distraire, n'est pas du temps perdu. Le temps que nous considérons comme bien perdu, c'est le temps qui s'écoule dans une fainéantise toute animale : ce sont les matinées du jeudi et du dimanche gâchées dans la mollesse et le sommeil de toute volonté. Qu'oa fasse l'addition des quarts d'heure perdus ainsi depuis le lever Jusqu'^ midi... On n'a de goût à rien, on Hâne, ennuyé et veule, tandis qu'il serait si simple de secouer cette torpeur et de se mettre courageusement h sa table de travail. De même, on vient de quitter sa classe, il pleut, et le déjeuner n'est pas prêt : on reste à ne rien faire, somnolent, et on perd une demi-heure de lecture instructive.... c'est ce temps perdu qu'il faut déplorer, et non le temps consacré à de belles promenades et à de bonnes soirées passées avec des amis. Songez donc qu'une heure par jour conquise sur ces instant» de torpeur, donne à la tin de l'année trois cent soixante-ciaq heures, c'est-à-dire trente-six jours de travail k dix heures par jour! Oui, le but que doivent se proposer tout instituteur et toute institutrice, c'est moins de faire des etforts considérables de travail suivi, que de restreindre le plus possible dans leur vie ces moments plus ou moins longs d'atonie, de torpeur, qui sont d'ailleurs des moments de veulerie, de lourd mécontentement, d'ennui et de spleen, pendant lesquels l'intelligence est comme opprimée par la béte somnolente. « Un trait du caractère de Darwin était son respecl pour le temps. Il n'oubliait jamais combien c'est chose précieuse... il économisait les minutes..., il ne perdait jamais quelque»' minutes qui se présentaient à lui, en s'imaginant que ce n'était pas la peine de se mettre au travail.... il i

L'ORGANISATION DU TRAVAIL i 7S

cutait tout rapidement, avec une sorte d'anicur contenue. • Ces minutes, ces quarts d'heure, que presque tous perdent si sottement sous prétexte que ce n'est point la peine de commencer quelque chose, Unissent au bout de l'année par former un total énorme. C'est d'Aguesseau, uroyons-noua, qui, le déjeuner n'étant jamais prêta l'heure, présenta un jour à sa femmecomme hors-d'œuvre, un livre écrit pendant les quarts d'heure d'attente. Il est si facile, en cinq ou dix minutes, de * bander • son esprit, de lire avec ferveur un paragraphe, d'avancer son travail de quelques lignes, de copier un passage, de tenir au courant la table des matières de ses notes et de ses lectures' ». Faire sa toilette rondement et gaîment, (ravalllcr deux heures, puis descendre â son jardin, faire un tour dans le village, travailler encore une heure avant le déjeuner, et s'en aller passer l'après-midi chez un collègue ou le recevoir chez soi, lire quelque belle poésie, discuter une question pédagogique en recourant au\ livres pour éclairer la discussion, ot se mettre, avant de se coucher, à une belle lecture destinée en quelque sorte à « accorder t son Instrument pour la leçon de morale du lendemain : quoi de plus facile que cette saine enlente de ses jours de liherîéT Bien dormir, se distraire, se promener au grand air, tant qu'on voudra! mais ne jamais perdre eottement dans une veulerie honteuse, seraient-ce cinq minutes durant lesquelles on peut prendre une note, faire une recherche, corriger une copie, voilà la règle qui permettra d'avoir une vie è la fois gaie, saine et fructueuse. Il suffit de prendre l'habitude de ne jamais gaspiller les quarts d'heure, ni les cinq minutes.

Page 1