‹ Aux instituteurs & institutrices: consoils & directions pratiquesChapitre 47 sur 78 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

L'org^anisation du plaisir.

Si, sous le titre général d'organisation du bonheur, nous avons traité du travail, avant de traiter du plaisir, c'est parce que les joies durables et profondes de la vie sont celles que procure le travail, et parce que, sans travail préalable, il n'y a ni loisir, ni repos, ni plaisir.

Par lui-même le travail exerce nos facultés, trempe leur énergie, nous rend niaîtres de notre attention — et qui est maître de son attention, est bien près d'être heureux — puisqu'il peut chasser de sa conscience les menues contrariétés dont est faite la pensée des oisifs. L'oisif, incapable de s'élever par des efforts énergiques jusqu'aux idées générales et aux sentiments hautement humains qui ennoblissent la vie individuelle et qui font vivre le travailleur dans la société des plus hauts génies, vit d'une vie étroite, mesquine. Comnae ni le monde physique ni la société n'attribuent à l'égoïste la place favorisée à laquelle il prétend, des froissements et d'incessantes blessures d'amour-propre le font souffrir. Nous avons vu plus haut que seul le travail peut donner de la réalité à la vie humaine, car elle prend pour

Page 1