MUSIQUE 11° DU N
coffre familial tout embaumé du parfum des pommes, nous garderions tes vêtements mêlés aux miens : ton cotillon brodé et ma mante aux raies de vives couleurs.
Maria. — Ne parle pas ainsi ! aie pitié de moi !
Xavier. — Aie pitié de moi ! (1) C'est ce que tu nie réponds toujours. Moi, pitié de toi? Pourquoi? Ce qui nous arrive, est-ce ma faute? Pourquoi es-tu venue me soigner? Pourquoi t'ai-je trouvée devant mes regards au sortir de mon agonie; pourquoi es-tu restée à mes côtés; pourquoi t'ai-je vue à toutes les heures me prodiguer tes soins si dévoués et si doux? Tu cherchais à me rendre la santé pour me l'ôter tout de suite ! (Sourdement.) Tu aurais bien mieux fait de me laisser mourir du coup de couteau que me donna ton Pencho.
Maria. — Xavier, par le Christ ! Ne dis pas cela ! Tu me demandes pourquoi je suis accourue près de toi ! Je vais te le dire, puisque tu m'y forces. Tu aurais bien pu le deviner! Je suis venue (2) pour gagner ton amitié et celle des tiens, pour que le spectacle de mes angoisses arrive jusqu'à ton cœur. Je suis venue pour tâcher de bannir de ces lieux les rancunes et les châtiments, comprends-tu? Et j'espérais qu'un peu de reconnaissance naîtrait en toi et qu'un jour tu me dirais : Maria del Carmen, dis à Pencho qu'il peut revenir, qu'il n'a rien à craindre, je lui pardonne. Tu comprends, n'est-