SCENE X
Les mêmes et Pepuso.
PepusO. — Je viens de fouiller toute la contrée, à la recherche de cet emballé et voilà où je le retrouve !
Maria. — Oui, il était ici, pour notre malheur !
Pepuso. — Bien entendu !... C'est par ici que j'aurais dû commencer !
(// arrive lentement, jusqu'au bord de la treille. )
Maria, allant vers Xavier, qui est resté assis et qui respire péniblement. — Tu as mal?
Xavier. — Je brûle. Donne-moi un peu d'eau!
Maria, décrochant la cruche, à Pepuso. — Arrachez-le d'ici.
Pepuso, la regardant, jurieux. — Va-t'en ! Tu es la première femme qui m'a trompé !
Maria, donnant la cruche à Xavier. — Bois.
Xavier, prenant la cruche. — Merci, mignonne !... (// boit longuement et avidement.)
Pencho. — La pauvrette, comme elle le soigne ! C'est à moi que tu dois cela ! Non ! ce bonheur n'est pas pour toi !
Pepuso, s' approchant de Pencho. — Mon gars...
Pencho. — Que voulez- vous?
Pepuso. — As-tu jeté ta cervelle à la mer, du bord de la felouque? Comment as-tu eu l'idée de venir te fourrer dans le piège au loup?
PencHO. — Ne vous préoccupez pas de moi.
Pepuso, le prenant par un hras et l'entraînant en dehors de la treille. — Va-t'en d'ici, insensé ! Ici, c'est le château du père Maticas ! château pire que s'il appartenait à des Maures !
Maria, qui va, troublée, de l'un à l'autre. — Tu as entendu?
Pencho. — Aurais- je passé la mer pour me cacher en arrivant? Ce n'est pas là le but de mon voyage. Vous êtes devenu bien craintif ! Pourquoi m 'écriviez- vous alors, comme un enragé, pour me faire revenir?
Pepuso. - — Au diable, celui qui m'apprit si bien à lire et à écrire !
Pencho, — Pourquoi cette peur?...
Pepuso. — Je m'en moque de la peur, je suis un sauvage. Tu sais où j'ai déjà été! Repars et tu verras le tremblement.
Pencho. — Laissez-moi, je sais ce que j'ai à faire ! Que celui qui craint quelque chose aille se blottir au fond de son coffre.
Pepuso, se retournant vers Maria del Carmen. — En vérité, c'est un homme !
Maria. — Mais, que prétends-tu faire?
Pencho. — Tu le verras.
Pepuso. — Tu n'as pas encore vu ton père. Viens le voir.
Pencho, à Maria del Carmen. — Tu ne changes pas d'idée?
Maria, — Non, Je veux te sauver!
Pencho, avec aplomb, ayant pris une résolution. — Eh bien ! Tu ne me sauveras pas. {A Pepuso.) Où est-il mon pauvre vieux? Vous avez bien parlé, Pepuso, je veux le voir !
Pepuso. — Chez toi, il t'attend !
Pencho, à Xavier et à Maria del Carmen. — Au revoir.
Xavier, se levant de sa chaise. — J'irai te chercher...
Pencho. — Tu auras avant de mes nouvelles. {A Pepuso.) Allons voir mon père. {Ils sortent.)