SCENE XVI
Les mêmes, Anton et ceux qui l'ont suivi, revenant par la porte de la maison.
Anton, apportant le couteau enveloppé d'un chijjon. — Tout était vrai ! Voici l'arme avec la devise !
PencHO. — Ah ! maintenant, qui osera me démentir? La preuve, vous l'avez! Maria del Carmen! Je suis accusé. J'appartiens à la justice. Tu n'as pas pu me sauver. Reprends ta parole. Tu es déliée de ton serment. Adieu !
Maria, sortant de sa torpeur. — Oii vas-tu? Pencho ! mon Pencho ! Où t'emmène-t-on?
Xavier. — Tais-toi!
Maria. — Qu'allez-vous faire de lui?...
Conception. — Ma fille !
Maria. — Laissez-moi!... Pencho est perdu!...
Xavier. — Tonnerre de Dieu!...
Maria. — Pencho a bien dit ! Je suis libre. Je suis à lui, je lui appartiens, je ne le quitterai plus!... Emmène-moi Pencho!... Je t'accompagne... J'irai oij tu iras. {Elle court vers lui et lui jette les bras autour du cou.)
Pencho, la serrant dans ses bras et regardant Xavier. — Ne disais-tu pas que tu allais me la prendre? Regarde-la, suspendue à mon cou! Elle me suivra où j'irai: en prison, à l'échafaud. Est-elle mienne, oui ou non?
Xavier, voulant s'élancer. — Cela, non! cela non !...
Domingo, rarrêtant. — Mon fils ! Contiens-toi.
Anton, — Séparez-les et partons.
Maria. — Non, non!...
Conception, la séparant de Pencho. — Obéis !
Pepuso, s' avançant avec résolution. — Laisse-le emmener et ne crains rien pour lui.
Domingo. — Allons, décampez, Messieurs, la fête est finie.
Conception. — Et notre fille?
Domingo. — Laissez-la moi et attendez que j'avise.
(Tous sortent.)
Pepuso, avec un air de défi à Anton. — Vous tenez le lion, mais il reste les lionceaux et avec eux je vous mènerai par un petit chemin où il n'y a pas de cailloux ! Comme je l'ai tant demandé au divin Seigneur, aujourd'hui, enfin, la Huerta brûle ! (// s'en va très vite par le jond, suivi de Roque et de ses autres cornpagnons.)
Domingo, à Anton. — Emmène-le, enferme-le, débarrasse-nous en!
Anton. — Oui, c'est le mieux !
Domingo. — Mais il vont t' assaillir au passage et on s'emparera de lui si tu ne fais pas venir la force armée...
Anton. — Je l'envoie chercher à la ville.
Domingo. — Vas-y toi-même... C'est plus sûr!... je garde le prisonnier. Il est en sûreté.
Anton. — Entendu ! (// s'en va très vite, par le sentier de la basse-cour.)