MUSIQUE. N'' 18. CHANSON DU COUTEAU
Comme on me ferme celle-là... toujours de trop bonne heure... il faut bien que je sorte par une autre pour aller bavarder avec mon fiancé ! Mais, voyons, parlei., les amoureux, parlez!... La voilà! ta Maria del Carmen. Mes pauvres petits ! allez, aimez-vous!... Moi, je vous protège...
Pencho. — Merci, mignonne !
Maria. - — Comme tu es bonne, Fuensantica !
FuENSANTiCA. — Sotte ! Garde tes compliments pour lui et ne perds pas de temps ! Dites-vous beaucoup de tendresses, moi, je vais faire le guet !
Pencho. — Tes maîtres, oij sont-ils?
Maria. — Le père et le fils sont à l'ermitage.
Fuensantica. — Chez le curé, où loge le médecin. Ils croient que tu es bien bouclé ici et comme le docteur ne reste que cette nuit dans le village, ils sont allés le trouver pour la consultation.
Maria. — Va dehors et guette !
Fuensantica. — Si quelque chose survient, je te préviendrai par l'autre porte.
Maria. — Très bien.
Fuensantica. — Et tu sais ce que je t'ai déjà dit. La jument est là, toute sellée.
Maria. — Oui, mille fois merci !
Pencho. — De quelle jument parle-t-elle?
Fuensantica. — Eh ! la jument de la maison ! Celle qui doit servir à m 'enlever un de ces jours. Nous
/ons chez une cousine, qui me gardera jusqu'au jour du mariage. Et comme il faudrait traverser toute !a Huerta, il serait trop long et imprudent de faire ce chemin à pied. Alors, je m'arrange pour que la jument soit sellée toutes les nuits, dans le cas où Jusepico se déciderait. Vous voilà au courant... {A Maria del Carmen.) Es-tu contente? {L'embrassant.) Adieu, ma jolie !