SANTA CLAUS
longtemps ce drôle de manitou dans nos coutumes.
Revenons donc à la sagesse de nos bons parents qui, dans la joie des étrennes, nous faisaient voir la récompense de la vertu, en nous faisant comprendre l'action de la divine Providence, sous la main invisible, mais combien douce et poétique du Petit Jésus.
Ainsi, notre première prière de reconnaissance et d'amour se confondait avec le souvenir d'un bienfait reçu.
Qu'y a-t-il, en effet, de plus touchant, de plus beau, que cette fiction du passage de l'Enfant-Dieu, sur la terre, pour récompenser la sagesse, la vertu, le travail, en semant la joie dans tous les foyers où déjà son nom est béni et adoré tous les jours ?
Y a-t-il quelque chose pour mieux frapper l'imagination et le cœur du petit enfant que cette légende du Petit Jésus, venant, le sourire aux lèvres et rayonnant de gloire, les bras chargés de cadeaux,
récompenser ceux qui l'ont bien servi en écoutant toujours leurs mamans?
Les pères et mères qui aiment sincèrement leurs enfants, qui veulent former leur cœur à la vraie vertu, ne manqueront pas de revenir à notre touchante et pieuse légende de l'Enfant Jésus.
Sans cérémonie, fermons impitoyablement la cheminée au grotesque Santa Claus.
Et le bonheur que nos chers petits enfants éprouveront en ces jours de fête n'y perdra aucunement ; au contraire, il sera plus grand, parce que plus chrétien et plus poétique.
Laissons à d'autres qui ne connaissent pas mieux cette coutume fortement en honneur chez nos voisins, les Yankees, par exemple, mais tout à fait étrangère à notre foi et à nos légendes mystiques.
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/jT'EST jeudi, le 9 novembre.
^ \il/ Nous sommes en plein
£ cœur de l'été de la St-Mar-
s tin. Je quitte Montréal, par le
^ Pacifique canadien, en destina-
1 1, tion de St-Jean d'Iberville. Le
'"/ soleil brille et jette sa clarté A douce et tiède sur les champs, V pendant que ceux-ci défilent de
chaque côté du convoi qui serpente rapidement, suivi d'un long panache de fumée. A chaque minute, le paysage se transforme. Après avoir traversé le boulevard de messieurs les Anglais, Westmount, Montreal-West et Highland, on entre en rase campagne. Le fleuve forme une ligne de démarcation naturelle entre les groupes urbains et les paroisses rurales. Voici maintenant que Ton sillonne les
riantes campagnes d'Adirondack, de St- Constant, de St-Philippe et de l'Acadie— l'Acadie ! ce rameau de l'autre, là-bas, au pays d'Evangéline. Les champs sont dépouillés de leurs moissons : plus d'épis jaunes ; plus de tiges vertes ; à peine quelques feuilles, déjà mordues par les gelées d'automne, restent-elles accrochées aux arbres. De rares laboureurs s'attardent dans les prairies et les chaumes et préparent les guérets pour la semence prochaine. En les voyant, ces braves, on se surprend à fredonner le " Credo du paysan ". Et le train file toujours. . . m'emportant dans ma rêverie quand, brusquement, je suis rappelé à la réalité par la voix d'un " trainman " qui hurle :- — " St John ! St. John " !
Il est midi. Le soleil a atteint son zénith. Dans un instant, il commencera sa dégringolade vers l'occident. A cette pensée, il me semble que déjà l'astre du
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jour est moins brillant, moins chaud, moins caressant. De petits nuages se forment et estompent le firmament ; dans un rien de temps, les clartés terrestres ont disparu. Tout s'assombrit et Ton se surprend à regretter les caprices de l'été de la St-Martin, dont Phumeur, comme celle d'une belle dame de ce bas monde, change plus d'une fois dans vingt-quatre heures (lèse-galanterie). Ce matin, l'aurore était souriante et pleine de promesses pour la journée. Vous vous sentiez fiers de vivre parce que vous respiriez à pleins poumons l'ozone qui renouvelle les forces, quand, tout à coup, crac ! le soleil vous quitte et son départ jette comme un voile de deuil sur tout ce qui vous environne. Oubliant les jouissances du matin, votre âme se chagrine de la tristesse du moment, parce que ce moment est le signe avant-coureur d'un orage qui se prépare.
Il pleut. De larges gouttes d'eau tom-
bent lentement sur le sol et sur le toit des demeures. Partout, les larmes célestes ruissellent. La fine poussière du matin n'est plus qu'une sale boue. Les piétons se font de plus en plus rares. La rue est bientôt déserte, pendant qu'à trois heures à peine, les fanaux s'allument au dehors et que les ampoules électriques jettent leur clarté jaunâtre à l'intérieur. Voyez comme l'été de la St-Martin est plein de traîtrises ! A neuf heures, soleil brillant ; on respire tout à son aise; on fait un brin de cour aux muses ; on brode mille projets d'avenir ; on se sent jeune, plein d'espérance. A midi, le soleil semble déjà regretter ses gentillesses du matin ; il se retire derrière un rideau aqueux et nous plante là, nous, pauvres terriens, sans même une heure d'avis, ni un mot d'adieu. Il est tout de même un peu rude, ce gaillard-là !
ne trouvez-vous pas? Puis, quelques instants après, les cataractes du ciel s'ouvrent et nous voilà noyés de tous
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côtés. Il fait noir comme dans un four, dans les maisons comme dans les cœurs.
Envoi : Soleil que j'adorais ce matin, je ne sais ce qui me retient de te lancer des imprécations, ce soir. L'hommage de ma colère te sera sans doute agréable encore, parce qu'il te prouvera tout l'amour que j'ai pour toi, et aussi combien sombres sont les heures, quand ta riante clarté et ta chaleur bienfaisante me font défaut.
Jfate filait $Jttal
C ^ U prône des églises catholi-
I* CT^ (*ues ^e ce**e province, au i^ premier de l'An, les curés
^ ont coutume de donner lecture ^ à leurs ouailles des statistiques \ du mouvement de la popula- {4 tion, au sein de la circonscrip- A tion religieuse locale, pendant \/ Tannée précédente.
Nos lecteurs aimeront sans doute à connaître, pour la province entière, le même bilan vital. C'est ce que nous allons tenter d'établir dans les lignes suivantes.
Le Conseil supérieur d'hygiène de la province, fondé en 1893, est chargé de recueillir les bulletins portant l'inscription des naissances, des mariages et les certificats
(1) Bilan établi à la fin de décembre 1916.
de décès. Les curés, les clergymen des différentes dénominations protestantes — gardiens des registres de l'état civil — et les secrétaires-trésoriers des municipalités, pour les autres sectes religieuses, sont tenus de transmettre ces documents au Bureau d'hygiène. La classification de ces rapports par divisions électorales est assez longue et requiert beaucoup de travail de la part du compilateur préposé à cette charge. C'est ce qui explique le retard apporté dans la publication de ces statistiques. Actuellement, on connaît le résultat du mouvement de la population jusqu'au 31 décembre 1915. Toutefois, on peut faire, pour 1916, des estimations assez justes, en se basant sur les résultats des années antérieures. C'est cet exposé que l'on trouvera ci-après, pour les naissances et les décès, afin de déterminer, par cet état des profits et pertes, notre avoir vital à l'aurore de l'année 1917.